Publications : L'ANNONCE, est une histoire d'amitié entre un "homme qui marche" et son alter ego qui ne marche plus. Dans le monde du handicap. Homo discret pour ceux qui savent lire entre les lignes. EDITIONS BALISE. ISBN 9 7829 1411105 3. Dans la sélection des 5 premiers pour le Prix Handi-livres 2009.
LES DEUX G, est un roman on ne peut plus homo-Fleur bleue. Epuisé.
LE PHARE, lui, est un roman gay-osé et même explicite, des lignes pour public averti, avec un bel inspecteur stagiaire craquant pur hétéro (hum ?!) et encore un personnage dans "l'idée" de votre serviteur. La Côte Basque et landaise (du phare de Biarritz aux Casernes de Seignosse.) Ah oui : on est dans le "policier"! ISBN 978 2 35388 005 8. Editions JetLag.
RUE NOTRE-PERE DU SUCE-PENIS. Recueil de Nouvelles érotiques gays gaies. Sera publié mais quand ?
LE MAÇON DU CIM'TIERE Noir de chez noir tendance gay. ici 'L'est sorti fin janvier ; - Alléluia !
D'ANNE QUI PARTOUT JETTE SA NEIGE. Recueil de Nouvelles du Grand Sud-Ouest. (Pas homo !!!) Éditions APARIS Collection Coup de coeur ISBN : 978-2-35335- Plusieurs milliers de "clics" à ici Au Québec
LE FRERE DE L'AUTRE Le quotidien ardu d'un homo de province, paysan de surcroît, pour vivre au grand jour et le plus heureux possible. En librairie (enfin) 18 €.L'Harmattan Collection Ecritures.
et ici Canada : http://www.info-culture.ca En ligne partout sur librairies & éditeurs. En librairie, dont la FNAC, sur commande (2/3 jours) of course, ils sont prix net donc moins chers.
Sur PriceMinister Mes "à vendre" sont neufs, même marqués "comme neuf" : Voir ma boutique

en anglais.

J'écoute : ...Mes souvenirs.
Je regarde : L'amertume de la (ma) vie !
Je lis : Et aime à relire une phrase de temps à autre du "Prophète". Gilbran.
Je joue : ...Trop de ma solitude, je crois.
Je mange : Plutôt mal, ces jours-ci; mais j'améliore mon ordinaire !
Je bois : Encore et encore mon amertume ! Ou alors je la mange ? Donc je m'en nourris !
Je cite : "Les temps anciens", et je pleure...
Je pense : ...Que je réfléchis trop !
Je rêve : Alain, si tu lis ce billet, je voudrais faire le Chemin de St Jacques avec toi, même sans se parler, de la frontière à où tu voudras, jusqu'au bout si tu as le temps. Pourquoi pas ?
(mis à jour dimanche 21 février 2010 à 23:31)

11/03/2010

11/03/10 - 11:02

Haïku du jour, par l'insuccube* Loïc.

Mes haïkus*



File file, mon rouet
L'amour aussi se travaille
Ou casse ses jouets
(LLD. Pour rappel)

10/03/2010

10/03/10 - 09:16

L'alléluia du diable. Extrait du jour sur blog.

L'amour, sans la jalousie, n'est pas l'amour.
(Léautaud)



Les Roches du Diable (Locunolé/Guilligomarc'h)

Roman "noir de chez noir" en cours.
Pas homo, mais il y a quelques allusions

L'alléluia du diable

09/01/2010

09/01/10 - 10:43

L'alléluia du diable. Extrait du jour.



(Comme d'hab' on n's'offusque pas de la faute ou de la redite : ce sera corrigé à son heure ! Avis aux donneurs de leçon. De même des mots sont en Italique ou... mais ce serait trop fastidieux de placer ici, maintenant et à chaque fois, les balises qui conviennent. Entame dans bloc permanent à côté.)
Cinquième chapitre



Pierre Lejeune ne quittait plus les paysages de Quimperlé. Du matin au soir il en sillonnait le territoire à l'inlassable quête d'une idée, des prémices de son grand ouvrage : l'assaut du fortin Bernard Dé, lequel l'avait spolié de Marilyn, Dominique Chevalier, sa précaire conjointe.
Effacés, les hauts et les bas de la décennie écoulée, des douze années écoulées. Sa fuite par monts et par vaux à travers la Bretagne, leur séparation pourtant antérieure à…?
Ne l'obnubilait plus que ce soir où elle lui accorda ses faveurs, et fi des circonstances et des murmures consécutifs.
…Provoquer l'ennemi et lui flanquer une rouste ? Aléatoire et prétentieux. Le trucider sans autre forme de procès ? L'impliquer malgré lui dans un accident ? (Après l'opération Veuve Fauglas…)
Les gosses ? Non… Quoique ?... Non ! C'est elle qui serait atteinte, pas lui.
Violer une greluche, une désœuvrée en forêt de Toulfoën en laissant le sceau de son outsider (une capote et trois de ses tifs feraient l'affaire) et… – Un carambolage ! Ce s'rait bon, ça ! "Les cocus ont d'la veine." Air connu. Quoi faire, quoi faire, quoi faire ? Pierre Lejeune avalait les kilomètres et ne trouvait rien qui ne l'aurait impliquée, elle, ou sans risque pour "ma pomme".

La veille de Toussaint, un psychopathe se redressa brusquement de sa couche : eurêka ! En rêve il venait d'élaborer un scénario plausible afin d'abattre sans merci Bernard Dé, son rival ! De l'impitoyable travail qui, correctement mené à terme, devrait être sans effet satellite sur lui-même ni sur sa Dominique. Subsidiairement sur les enfants ;
Les enfants,
– Ah oui : leurs enfants ! S'en occupera-t-il ? Pas à l'ordre du jour. Ceci étant, l'incarnation du Malin consacra son premier novembre à peaufiner un plan : on n'était plus à vingt-quatre heures près.

Bernard Dé se nourrissait d'un sandwich et ne rentrait chez lui qu'à la tombée de la nuit. Il se promenait le soir, seul, sur la plage du Pouldu, au port de Brigneau, sur la côte rocheuse à Doélan, rive gauche et rive droite. Pour un minimum de chaleur humaine, il investissait un bar à marins ici, un café de village là. Sans se faire remarquer ; les voix de l'entourage suffisaient à sa timidité recouvrée. Était-ce une punition ? Que répondre, hors questionnement précis. Et la punition de qui : la sienne ou celle de son épouse ? En attendant un meilleur châtiment, il n'adressait plus la parole à son ancienne compagne de cœur. Il refusait de la décharger de ses combinaisons malhonnêtes ni ne l'interrogeait davantage ;
Il ne lui parlait plus. Point.
…Où était l'ambiance d'antan, entre des murs hier et avant-hier emplis de rires, de contentement ? Son associée de fait s'étiolait et l'organisme spontané de la petite Sandra traduisait la lourde atmosphère du foyer en se désagrégeant ;
Pourquoi sa maman pleurait-elle, seule, plusieurs fois par jour ? Parce qu'elle n'allait plus à l'école ? Parce qu'elle avait souvent du mal à se lever ? Qu'elle marchait avec difficultés ?
Gilles, loin de ces tracas existentiels propres à tout microcosme parental (il savait le quotidien de ses principaux copains), constatait qu'on lui fichait la paix. Que c'était agréable. Et il s'absenta avec ses semblables jusqu'au repas du soir, puis il alla en classe habillé ni mieux ni pire qu'eux, parfois le pull troué, les chaussettes douteuses…
Mari et femme uniquement sur les grimoires officiels, à présent Bernard Dé et Dominique, sa moitié façon sacrement de l'église, faisaient chambre à part. Ouvertement.
D'un commun accord ?
Non.
Elle, elle aurait préféré une franche mise au point, une engueulade, une empoignade vraie et sentie, puis l'oubli, progressif, de la faute ;
À défaut d'un pardon net et sincère.
Las ! Ève, Ève la versatile qui dépréciait les qualités de son orphelin d'Adam, d'époux, – grand déçu selon Dieu ! Selon ses convictions profondes aujourd'hui bafouées ;
Silence. Silence et mutisme et dédain. Du mépris, à la rigueur. Du dégoût, manifestement.

Pierre Lejeune se rendit à Brest où il acheta, avenue de Siam, un révolver mono coup, l'unique arme à feu de poing autorisée sans démarche tatillonne. Sans tracasserie administrative. L'engin de mort tirant des balles de 22 long rifle, aux dires de l'armurier, il acheta également une boîte de ces munitions. Une explication d'attendue, en face ? Pas demandée, toutefois il convenait de rassurer une conscience de marchand, si c'est compatible : "Je transporte fréquemment d'assez belles sommes d'argent." On était soulagé et on ré afficha son sourire mercantile (à peine) suspendu. "La plupart de nos clients éprouvent la même crainte, cher monsieur, et c'est l'arme idoine ! On peut la ranger entre deux draps pliés, au fond d'un tiroir à chaussettes…"
Ils avaient écarté auparavant pistolet d'alarme et similaires gadgets. "C'est bien beau, les gaz lacrymogènes et autres pan-pan-pan, mais vous supposez parfaitement que les cambrioleurs, eux, ils savent les reconnaître ! Oui-oui, je vous comprends, il vous faut du dissuasif !"
Un fusil de chasse ? Trop volumineux, et si c'est le voleur qui saute dessus le premier ? Les couteaux à cran d'arrêt ? Du jouet de poche. "Ça, ça me correspond, et espérons que je n'aurai pas à en user ! – Je l'espère aussi, mon cher monsieur, ça vous fera mille balles !"
À Quimper, Pierre Lejeune ré effectua un achat identique, sous motif identique, avec l'identique raisonnement et caisse-enregistreuse sans soutane de moralité : les traites de fin de mois n'ont aucune déontologie !
…Item à Lorient, auprès d'un spécialiste chasse et pêche sis avenue Alsace Lorraine.
L'homme était fin prêt.
[...]

01/01/2010

01/01/10 - 09:31

Notre père du suce-pénis ; Plonplon

PLONPLON

(Souvenirs de bidasse)


Nous n'étions pas dans la même brigade de permanence dominicale et mon Plonplon rentrerait à la caserne vers minuit. Il n'était certes pas grand clerc, mais question bricoles de mecs, on affichait l'un pour l'autre une conscience pragmatique.
Je n'étais pas son seul amant. Son unique partenaire serait plus juste : des amants vont par deux, les partenaires, eux, ils peuvent être innombrables…
Au quotidien on avait notre vie strictement conforme au service du mess où on bossait tous les deux, et le week-end chacun sa voie. Chacun sa famille, évidemment. Et c'était bien. Ça permettait de varier les plaisirs, en quelque sorte. D'être moins accros l'un de l'autre ? En tout cas cela n'aurait pu se formuler, ne pouvait se révéler entre hommes du rang censés être hommes, justement.
…Samedi et dimanche, en équipe restreinte (autant en cuisine, que dans la salle et que chez nos convives), c'était spécial ! D'abord, peu nombreux, on s'aidait davantage et nul ne se serait permis de refuser de faire la corvée du voisin, mais, surtout, on sortait en bande de joyeux drilles, après le repas du soir, en ville, faire la tournée des Grands-ducs vers la Place des Lices et ses ruelles.
– En vérité mon vrai plaisir n'était pas là ! Moi, moi j'appréciais surtout mon intimité plus intime avec ma classe. On s'amusait en garçons, on se touchait quand devant quinze gus on serait passés pour des pédés si on avait osé rouler à deux par terre ;
Une bagarre au milieu de la foule est obligatoirement une bagarre qui réclame du sang. Une bagarre quand on n'est que deux c'est une danse d'amour, – non ?
Le garde de nuit du mess des sous-offs pouvait avoir une faction moins solitaire, et je me comprends car les mœurs communau-taires, civiles ou militaires…
Le bar du Quartier était moins contrôlé, pour qui savait jouer du niveau des flacons ; et même le frigo tremblait moins de la sus-picion coléreuse de son garant, quand une bourriche d'huîtres disparaissait, ou un kilo de viande, ou une bouteille. Du reste, parfois, on avait l'autorisation de faire bombance, selon les hôtes des salles de réception.

Revenons à nos moutons, dirait notre quidam en cause pur paysan de chez les paysans, et par dieu notre colonel promotionné responsable de la plonge !
Plonplon était l'homme à tout faire du mess. Du mess côté cour et pas côté jardin ou sa dégaine aurait embarrassé. Chez nous il pouvait autant être appelé à l'éplucheuse à patates qu'à un balayage urgent, ou plus secrètement à subvenir à certain apaisement impudique.
C'était vraiment l'équivalent du serf corvéable à merci (droit de cuissage inclus, en y mettant les manières je n'suis pas celle que vous croyez, toutefois).
…Et comme bidasse toute main il avait ses entrées partout, quand un cuistot n'aurait pas osé investir SA plonge pour rincer une casserole, un loufiat circuler derrière le passe-plat ou le secrétaire faire pilier à notre buvette. Ainsi Es qualités avait-il droit d'usage de la douche des serveurs où plus d'une fois je sus qu'il se faisait faire sa turlute du soir en cabine, et dans le lit du factionnaire d'astreinte je savais qu'en raison d'affaires nocturnes, plus d'une fois aussi il rentra au dortoir passé minuit sonné ! A ce sujet je voudrais narrer un épisode croustillant, puisque j'y participai (au minimum en phantasmes) :
Chaque nuit et par prescription militaire, probablement, une recrue veillait sur le mess où il y avait un lit de repos, dans une pièce centrale. Pas une garde armée, une présence. Plonplon avait dû d'abord entamer une conversation banale quelque part, puis il s'était retrouvé assis au bord de ce lit. L'autre devait être crevé ; – illusion de tacticien ? Je fus le dernier à éteindre les lumières de la cuisine et en passant près de cette pseudo chambre, sitôt j'avais perçu un râle. Ou un soupir. Ou les deux à la fois. – Mon oreille a toujours été dressée à être attentive à ces sortes de bruits-là, je crois.
Comme on ne me la fait pas, à moi, rapido j'étais au milieu du sketch de mon laveur de vaisselle favori en train de sodomiser un bougre à jamais complètement anonyme dans le fil de mes rémanences ! Celui-là était en travers du matelas, les jambes pendantes et les fesses ouvertes, et il se faisait besogner et il se faisait besogner. Ni nu ni confortablement mis. Juste le pantalon abaissé sur ses rangers d'un côté et les vêtements du haut roulés sur ses reins. Nulle délicatesse dans les gestes et de nulle part ; pas l'jour de Plonplon, sans doute. Il est vrai qu'il était assez ingrat de figure, ce paquet de viande allongé, étiré, (si n'avait été son juvénile arrière-train…)
– Lequel tentait une masturbation malaisée avec sa patte supérieure sur sa méchante gousse pendouillante. Aussi.
Je pressentais qu'il ne pouvait y avoir de la gêne, là. Donc, puisqu'ils étaient dans la pénombre, je me suis rapproché et j'ai fourré tout mon attirail à l'autre bout de la forme qui ne montra la moindre surprise à mon irruption. Et ce fut sans tabou et bon ! En cadence, on secouait notre hochet. En cadence, et même en s'em-brassant par-dessus l'objet (sic) de notre plaisir à tous deux, – pardon : à tous trois (?).

Il m'est arrivé d'être conduit par lui au magasin central, à quelques kilomètres, dans la camionnette de notre popote et avec arrêts pipi. Arrêts touche-pipi à l'abri de la bâche du fonctionnel véhicule, derrière les cartons d'une salle de ce dit magasin ;
– Et comme c'était vach'ment bandant, cette crainte de braver l'illicite !
Oui il acceptait d'enculer son prochain sous la douche ;
Oui il suçait quiconque lui rendait la monnaie de sa pièce ;
Et oui ! Il embrassait avec fougue sous une absence d'esprit, car tout ce qu'il faisait, question baise, était comme machinal. Sans pensée. Sans amour ni inné ni infus ; – du sans âme.
Il obéissait à son instinct ou à celui d'à-côté et c'était tout ! Il obéissait à l'inclination du moment. De la circonstance. Sans profondeur, – et on ne déforme pas ce que j'énonce ! Il suffisait d'abonder dans son sens, simplement et surtout pas en intellectualisant.
Ça me convenait et ça nous contentait, à l'évidence. Il était appétissant sans une once de cervelle. Appétissant parce que jeune ; à trente ans il devait avoir un ventre à bière ou a cidre, et il aura récupéré ses manières innées de rudimentaire. Son destin tracé.
En attendant, là-bas, il possédait un esprit pratique et c'était pratique ! A la réflexion, je crois que ses yeux ressemblaient à des groseilles à maquereaux !
Groseilles pour le globuleux et maquereaux pour le mouve-ment de masse.
Quand il rentrait de permission, Plonplon me détaillait son week-end : en général il avait couvert le samedi soir sa "grosse", pour l'honneur des soldats, semble-t-il, et pris une "sacrée biture" au bistrot du village, toujours pour l'honneur de l'armée française, et fait quelques travaux de ferme. Plus se "taper une queue" dans un champ de maïs ou au fond de l'étable avec le commis de son père. Entre les pis des vaches : il aimait comparer les pis de leurs Salers avec l'appendice des mecs. Une constante, chez lui, même dans son langage : il trayait les bites. Et buvait le lait directo à sa source. Et putain que c'était jubilatoire, cette façon qu'il avait d'extraire les dernières gouttes de notre lait !
C'est lui, lors d'une décontraction usuelle, qui m'a développé la façon de sodomiser les canards ; – ce qui aurait davantage qu'outrepassé mes compétences ! (Pour la petite histoire, on leur coince bec et cou dans un tiroir et les pattes palmées qui battent l'air vous câlinent les "couillons" ! Texto.)
Il m'a également parlé d'un fermier de ses voisins – et apparemment c'était de notoriété publique – qui avait engrossé sa Berthe, comprendre sa fille, et laquelle fut suivie au plus près par le frère…
Inutile de traduire le "au plus près". La campagne des années soixante.

Plonplon était un queutard ; ce soir-là que je vais vous relater, où la scène aurait dû se dérouler à la classique, il avait traîné sur sa route, et était parti un peu tard de sa ferme.
Heureusement qu'à vingt ans on ne s'endort pas facilement au volant – sauf à avoir trop bu. Moi, il m'arrivait, lors de mes retours de perm' tardifs – trajet de deux cents kilomètres – de me masturber tout en conduisant, au milieu de la nuit, afin de ne pas succomber à la lente monotonie du parcours, aux brouillards des vallons bretons. Ça se fait beaucoup, chez les routiers. Chez les rouleurs. Chez les rouleurs nocturnes occasionnels.
J'entends votre impatience :
D'habitude je l'attendais. Séance télé film première chaîne. Un verre au bar et c'était l'heure : on s'isolait dans un des gogues de notre étage si j'avais déjà rejoint le dortoir, ou s'il venait au mess on… Quand on veut tirer sa crampe, on trouve toujours un coin tranquille.
Un rite ! Notre rite : le dimanche soir l'un de nous deux avait droit à une pénétration intime et intégrale. Chaque dimanche soir bénédiction dominicale. L'apothéose du week-end. On avait tenté d'alterner tu me baises/je te baise mais les deux s'en trouvaient floués. Un seul devait se faire mettre sans coupure. A fond. En ne pensant qu'à lui. Surtout à lui : l'autre pouvait prendre son pied, cependant sans gâcher la jouissance de l'autre. L'amoindrir. C'était mieux, pour l'équilibre psychique. Du rationnel : pas de frustré !
Minuit ; personne et à une heure non plus. Je me suis pieuté, pensant me réveiller tout à trac à son pas lourdingue de paysan, et…
…Et je me suis retrouvé, dans mon sommeil, avec son bazar en pleine bouche ! Je dormais vraiment et Plonplon plaça doucement, avec le tact qui le caractérisait pour la bonne marche de ces jeux-là, un deuxième polochon sous ma tête,
– Et pour son confort à lui ! (Qu'on ne se leurre pas.)
Je rêvais… A qui ? Je l'ignore. Peut-être à lui, parce qu'à occuper mes songes il y avait des poules, des chèvres et des vaches ;
Un troupeau de vaches. Je tétais un pis, caché entre les bottes de foin avec mon cousin, et on se pignolait et un taureau survint et…
"Aïe !... Mais ce con m'a mordu…"
Cria Plonplon la bite en sang ;
Et la lumière de jaillir et nos camarades de chambrée de…

Notre-père du suce-pénis

31/12/2009

31/12/09 - 10:10

De mes dunes de mirliton...

LA BÊTE

(ou les bêtes ?)


– Une rue/Un passant/La campagne vue proche ;
…Une ombre, …Un félin guette l'appât, sa proie ;
Griserie des champs ; les bois, – Cet amas de roches !
…Le jouvenceau, eau de source qu'un regard boit ;

– Et la bête en furie se ruer ; – Animale !
L'éphèbe en un instant sur le dos se lova
Où l'hercule d'un moment n'entendait que son râle,
Puis dans une sarabande tout fut fait. (…Deux rats.)

Allongés l'un près de l'autre, main caressée main,
Abattus dans l'herbe, rassasiés et rompus,
Aussi leurs yeux vers ce ciel, ciel sans lendemain,
Chacun observe en coin. Sans paroles (et sans but ?).

LLD

29/12/2009

29/12/09 - 09:50

Les fers de l'homme (Recueil de poèmes)

AIMER

Aimer, c'est s'accomplir dans un second soi-même ;
Aimer, c'est estimer sans se louer soi-même ;
Aimer, c'est protéger l'autre mieux que soi-même ;
Aimer, c'est souffrir à son intime peine soi-même.

Être aimé, c'est durer au dehors de soi-même ;
Être aimé, c'est d'un rêveur être rêve soi-même ;
Être aimé, c'est luire comme lueur d'espoir soi-même ;
Être aimé, c'est, aveugle, encor voir soi-même.

S'aimer, c'est respirer par quatre lèvres soi-même ;
S'aimer, c'est bâtir à deux en restant soi-même ;
S'aimer, c'est aussi se satisfaire d'un soi-même.

Ne plus aimer, c'est être libre pour soi-même…
Ne plus être aimé, c'est douter fort de soi-même…
Ne plus s'aimer, c'est à nouveau n'être soi-même…



(à parfaire...)


Les fers de l'homme

27/12/2009

27/12/09 - 10:32

le maçon du cim'tière. Extrait.



Extrait :
[...]Et Georges Mandin faisait le faible. Le docile. Le dévoué - sa protection partielle. Les tracas duraient selon la personnalité, la débauche du nouvel arrivant à étiquette "dominant". De celui qui devait prouver qu'il était sexuellement actif avec la nécessité d'entretenir cette dite sexualité active en attribuant au faible un rôle de femme. - On affirme sa virilité comme on peut ! On la consolide ainsi, même, en sa propre pensée.
…Ce n'est pas de l'homosexualité, chez ces êtres, c'est de l'hétérosexualité à orientation masculine, le choix n'existant pas de par la situation carcérale : fini sa gestion personnelle ! Dans leur conception "scientifique", seul le soumis, passif dans la défonce ou actif dans la pompe ou branleur aux doigts fourreau, est considéré homosexuel, ou équivalent féminin symbolique ! - On le pénètre et parfois on y éprouve du plaisir ! Le dominant reste mâle. Ses sensations sont celles qu'il ressent avec sa compagne : il n'est JAMAIS dévirilisé ! (Dans son mental à lui.)
Ah ! Le confort, la souplesse (maléfice ou envoûtement ?) des conditions atténuantes ![...]

(Chez son cher libraire local 15 jours d'attente sans frais de port)

18/12/2009

18/12/09 - 00:02

Le frère de l'autre. Roman gay.

Recension du Frère de l'autre au Québec/Infoculture à Lecture :
[www]

17/12/2009

17/12/09 - 16:30

De mes dunes...

– Faut qu'je vous raconte :
…J'suis "monté" l'autre mois à Paris, pas vu/pas pris depuis – ouh ! 25 ans au moins !
Mes sabots dans mon coffre (paille fraîche au cas où), me v'là sur la route en voiture because route Bretagne natale en suivant ;
Départ de mes Landes d'adoption comme chacun sait.
J'vous passe les détails drague au F1 de Bourges (j'aime bien les F1 avec leur clientèle prolo, sans péjoration ; on y fait la queue (mummm) pour les douches et une fois on y est entrés à 2 : véridique, mais c'est une autre histoire...), j'avais bien remarqué à plusieurs reprises de jeunes et jolies demoiselles court vêtues sur certaines aires de stationnement, vers Montargis, mais, vous me connaissez, jamais un œil concupiscent n'aurait jailli de mon cerveau dépourvu de bite mâle qui se respecte (comme ils disent) !
J'm'arrête donc au bord de mon chemin-arrière d'une forêt, évidemment camion de routier à portée de, heu… Enfin, bref ! Vous saisissez l'allusion !
(Ah, les routiers entre Bayonne et Toulouse…)
Voilà voilà, je reviens vers vous – on n's'énerve pas et on débande pas, pour les ceusses qui auraient commencé l'ascension des Pyrénées…
Moteur coupé/moi rêvant au beau chauffeur qui allait descendre de sa cabine pour me réchauffer, of course, pas le temps de dire ouf qu'une jupe ras du pet était à ma portière, singeant expressément et plutôt !, croyez-moi, LE baiseur forcené ! Interloqué, j'ouvrais ma bouche et pas pour sucer mon pouce que la "chose" était assise à mon côté !!!
"– Foutez-moi le camp !" Elle était dehors. Elle n'avait rien compris de mes paroles, à mon avis. Seulement le ton.
Moralité: veiller à ne jamais avoir ses serrures débloquées !
...Ah ! Étais-je dégoûté des travailleurs de le route, vous interrogez-vous, soucieux de mon bien-être - ma clientèle préférée mais j'suis pas sectaire ? J'ai vérifié hic et nunc (aussitôt). La réponse est non et en sus (on s'refait pas : suce !). pour lui ce fut gratos…
Mais pourquoi ils payent, ces cons, alors qu'on tient boutique "gracieuse" partout ! (Hein, les co-pines ?)



13/12/2009

13/12/09 - 09:56

Les fers de l'homme (Recueil -en construction - de poèmes)


LE CERCLE VERTUEUX


Un être plus un être
même sans réflexion
afin de perpétuer l'espèce
font couple 

A l'orée de la conscience
les humains appariés font clan
communauté sous vénération  
(l'animisme conforte les primitifs)

Plusieurs clans font tribus à croyances distinctes
menées par quelques sages
elles sont religions
(la crédulité relie les individus) 

Les tribus d'un territoire
(patrie)
font sa nation
(verbe a base commune)

L'ensemble des nations exige d'élémentaires règles morales
seule garantie d'existence paisible au monde

La morale absolue se nommerait Dieu
si la perfection existait
Tout entier possède sa part de mal 
contenue
maîtrisée

Dieu est un et un plus un font couple…


QUESTION AU TRÉPAS


On nous dit fin heureuse et trépas forclos
Des souffrances, des affres de l'existence ;
Mais… Ne se garderait-il quiétudes en clos ?
Serait préservée, certes, l'âme ; – aussi les stances ?

Immaculé linceul, que cache d'inaccompli
Telle infuse blancheur ? S'éteignent les tourments,
Cicatrisent les plaies… Pourtant, sous tes replis
Éternels et glacés, comme tu sépares d'amants !

Tu serais paix, paradis et de calme joué ;
Repos des chairs repos des cœurs, – foin des stupres !
De fleurs frissonnerais (tes jardins sont loués) ;

Ici-bas seulement la passion et ses lucres ;
Au-delà sérénité, béatitudes…
Insane choix, – non ? …Et commode attitude !

SONNET AU GLAS DE DEUX AMIS


Lorsque l'un sera mort que l'autre en souffrira
Et qui seul divaguera, obsédé d'amitié
– Cœur vide-corps las –, qu'en allure longue il ira,
Farouche, privé d'existence par moitié...

– Puisque tu veux être loin bien que j'en crierais
En menant mes pas lents, entrailles déchirées,
De l'horizon heureux à l'immonde marais,
Perclus d'illusions ni sans plus rien désirer,

...Yeux clos, dans mes mouvances incolores nul être
Ne m'embrasera car me sont insipides
Les pâtures d'ici bas, fade l'ordre libre du prêtre...

– Donc moi j'y pleurerai ton reflet déjà froid
Même si, séchant mes larmes au chagrin tant perfide,
Me hantent chaque jour nos rires d'avant l'effroi !

BONHEUR

…Vite – Prendre ! Arracher un peu de ce bonheur !
N'est-ce ma part ? Une poignée ; un morceau ; – Vite !
Avant que le nuage ne me soit trop vapeur.
Oui ! Ma part, seule ; – Mon droit ! Avant qu'il ne s'effrite !

Volupté, volutes nuées, que n'ai-je su
Jamais garder tes euphories passées ! Déçu
Replace-moi, je t'en prie, sur l'adret sublime ;
Ne laisse choir à nouveau mon cœur dans l'abîme.

…Les noirs desseins, lorsque le ciel m'était sombre,
M'envahissaient l'esprit, – et me rendaient triste.
(Même qu'y pleurait, privée de soleil, leur ombre…)

Mais aujourd'hui – est-ce Bacchus et son thyrse ?
Je m'égare et je m'enjôle… Ô Alcool ! Alcool !
Amour défendu, – boire t'ôte tout licol !






10/12/2009

10/12/09 - 09:24

Le Bien assis.

Le Bien assis. En cours. (nouvel extrait)


26/09/2009

26/09/09 - 10:22

De mes dunes...

J'suis pas pédé !

(C'est arrivé "presque" ainsi... Et le couvert a été remis !)

En se croisant à l'orée du bois mon regard s'était abaissé au niveau, de heu… mon humilité !
(Sa braguette–mon abnégation légendaire.)
Ses yeux à lui fixaient disons l'indifférence. Le ciel avec sa fierté brandie étoile filante (Tstt ! En plein jour : doux rêveur.).
En me retournant mon regard "indifférent" à moi – vous me connaissez ! – avait (donc) attrapé au collet ses yeux de biche traquée…
Un raclement de gorge ? Était-ce bien nécessaire. Au moins une brindille de cassée pour l'hallali, des fois qu'il n'aurait pas saisi que je m'enfonçais sous les taillis.
En se recroisant sur le sentier mon regard avait projeté une main où ses yeux s'étaient arrondis. "J'suis pas homo", qu'il m'a rétorqué.
Les doigts de ma main osée fouillaient déjà son slip.
Son petit ventre adorable de "j'suis pas gay, je te dis", rentra, afin de me permettre de déboutonner sa ceinture.
"J'aime pas qu'on me suce", qu'il a rajouté, tandis que ma langue faisait le tour de ses atours masculins.
Je me suis présenté où il faut/il a répété "J'suis pas pédé". Une crainte qu'on ne parle pas le même langage ou que je ne l'aie pas compris ? J'ai caressé ses tétons et me suis "installé" dans lui. J'entendais ses pensées qui marmonnaient "J'suis pas un enculé–J'suis pas un enculé–J'suis…"
Trop tard.

LLD. 27 août/25 septembre 2009.
Notre-père du suce-pénis

LLD
Epuisé chez éditeurs & libraires, uniquement - donc - sur Ebay et autres, par moi ou divers.




05/09/2009

05/09/09 - 09:33

Le Bien assis. En cours. Extrait.

Pour ne pas encombrer/ennuyer & accaparer le JDI, un extrait au gré de re & re & relectures-corrections. Les "intéressés" (en général) auront comme moi un demi siècle au minimum dans les reins. 2 ans de travail avant l'abouti. Oui j'y parle "honnêtement" des prémices et prémisses de ma vie sentimentale bien concrétisée. En avant, ciseaux électroniques et réflexion et réflections !


PROLOGUE dans bloc permanent à droite.

Le premier jet et ses corrections de base sont achevés. 180 pages de 31 lignes. Plus de 60.000 mots. Je l'abandonne dans mon tiroir pour l'hiver. Je reprendrai mes corrections au printemps et on verra alors quand soumettre aux éditeurs. En attendant je boucle un recueil de poèmes pour l'Âge d'Homme/Prométhée. J'ai 2 romans en ultimes (?) corrections et l'un partira début janvier à la grâce de Dieu - pardon ! des Comités de lecture. Merci à ceux qui m'ont lu, ici, pour leurs encouragements silencieux : je n'aime pas qu'on parle pour ne rien dire car à ce jeu, je sais me contenter ! LLD

03/09/2009

03/09/09 - 09:28

De mes dunes...


Henri III et ses mignons (c'est du Ronsard):
"Le roy, comme on dit, accole, baise et lèche
De ses poupins mignons le teint frais, nuit et jour ;
Eux, pour avoir de l'argent, lui prêtent tout à tour
Leurs fessiers rebondis et endurent la brêche.
Ces culs devenus cons engouffrent plus de biens
Que le gouffre de Schylle, haï des anciens" ...

Louis XIII eut son Cinq-Mars, Monsieur son chevalier de Lorraine :
« Philippe est mort la bouteille à la main ;
Le proverbe est fort incertain
Qui dit que l'homme meurt comme il vit d'ordinaire,
Il nous montre bien le contraire,
Car s'il fut mort comme il avait vécu,
Il serait mort le vit au cul ».

On disait Les chevaliers de la Manchette sous Louis XV ;

Le révolutionnaire Cambacérès (qui supprima du code Napoléon le délit d'homosexualité) en devenant Chancelier de L'Empire, acquit le surnom de Tante Turlurette ;
Le supposé amant de Napoléon lors de la Campagne d'Egypte : le petit Junot.

A la mort de Jonathan, son ami David le pleura en ces termes:
"Ton amour pour moi était admirable, au dessus de l'amour de femmes." (Second livre de Samuel; verset 1:26), dit une traduction, et une autre: "Formidable, l'amitié avec toi, plus que l'amour avec les filles!" et encore une autre: "Ton affection pour moi m'a été plus précieuse que l'amour d'une femme" (LA BIBLE)

Pour concrétiser dans l'esprit "terre à terre", ce verset du livre des Proverbes (15:17): Mieux vaut une portion de légumes là où il y a l'amour, qu'un boeuf gras et la haine avec lui.

Diogène se masturbait en public ("prenait son petit déjeuner"»), et lorsqu'on lui en faisait la remarque, il se contentait de répondre qu'il eût souhaité que la soif et la faim puissent se satisfaire elles aussi de manière aussi simple. (Intéressant, non? En tout cas à méditer, en ce qui concerne certaines simplicités.)

[...]
Une autre ligne d'interprétation classique est que Cham ne se contenta pas de découvrir la nudité de son père, ce qui permettrait d'expliquer la sévérité de la malédiction et le fait que Noé sache ce que son fils lui avait fait dès son réveil[9]. La perversion en question aurait pu être une relation sexuelle avec la femme de Noé, « découvrir la nudité de son père » signifiant, dans Lévitique 18:9, coucher avec la femme de son père. Dans un débat entre Rav et Shmouel sur la nature de la faute, l'un pense que Noé a été physiquement abusé par Cham, l'autre que Cham a castré son père[10]. L'hypothèse de l'acte homosexuel apparaît également dans les traductions grecques postérieures à la Septante, d'Aquila, de Théodotion et de Symmaque, où le terme « voir » (Gen. 9:22) n'est pas traduit par γύμνωσιν (gumnôsin), mais par ασϰεμοσυνη (aschemosune), un mot désignant chez Paul les relations homosexuelles[9] (encore que le terme ait pu n'être choisi que par rapport à la « nudité », sans autre connotation[3]). Quant à la tradition de la castration, elle était également connue de Théophile d'Antioche et est admise comme une évidence dans plusieurs midrashim compilés en terre d'Israël, mais leur source semble bien être ce débat talmudique, qui n'a aucun équivalent dans les mythes sémitiques anciens, et semble avoir été déduit d'indications textuelles, notamment le fait qu'il n'est pas dit à propos de Noé qu'« il enfanta des fils et des filles » après Sem, Cham et Japhet, comme c'est le cas des autres patriarches bibliques[3].

25/08/2009

25/08/09 - 10:15

De mes dunes...


L'excès de textes dans une loi nuit à la valeur de cette loi.
Nos gouvernants se rendent-ils compte que le législateur provoque l'exaspération, donc leur mécontentement, chez nos concitoyens ordinaires ?
Un vent de fronde existe qui pour l'heure n'est qu'un souffle ;
– Attention qu'il ne tourne tempête !
Certes, le Droit nous protège,
cependant de trop zélés serviteurs pervertissent son abri.

Le bon sens est oublié ;

toutes les interdictions sont tarifées et même une flatuosité tomberait sous le coup de la loi
- raisonnement par l'absurde -
puisqu'il s'agit d'un rejet de gaz (méthane, dioxyde de carbone, etc.), d'odeurs, qui pourrait porter atteinte, au mieux, à la liberté d'autrui.
– Ce serait répréhensible comme "arme" par destination.

LLD.25 août 2009

La vérité remet tout à sa place.

LLD 30/08/2009
L'étalage de ma connerie

La charité seule ne saurait assurer le bonheur universel !


Les ratés ramènent tout à l'argent,
A l'argent qu'on leur devrait, évidemment,
- Eux ne sont jamais redevables de rien !

LLD 22/08/2009

21/08/2009

21/08/09 - 09:07

Rue Notre père du suce-pénis (recueil de Nouvelles à paraître.) Fanch'.

(Déjà posté...)Notre-père du suce-pénis
Fanch'


Fanch' avait fait l'école maritime de Concarneau parce qu'il fallait bien finaliser son but professionnel. Il aurait préféré embarquer comme mousse, directement à l'instar de son père, mais aujourd'hui il faut connaître un minimum théorique du métier auquel on se destine, chez les pêcheurs comme partout.
Pourtant, l'école, ça n'était vraiment pas son fort.
La classe, bon, ça pouvait aller. C'est la pension, qui l'intéressait moins. A cause de mauvais souvenirs de gamins - mais maintenant, à quinze ans, il saurait se défendre !
- Oh non ! on ne lui ferait plus ramasser son savon, selon le leitmotiv de ces grands qui avaient dû voir trop de cinéma noir !
Du cinéma, du cinéma…
Quand ils s'étaient mis à plusieurs pour le maintenir à terre et lui pisser dessus, ils ne tournaient pas un film ! Ni même quand ce pétasson de Rogers avait assis ses grosses fesses sur son visage. Il avait d'ailleurs cru un instant qu'il allait avoir droit aussi à une défécation in situ.
Tout ça parce que la nuit précédente, dérangé dans le dortoir, il s'était rendu au cabinet passé minuit, et que pour ne réveiller personne, éviter de se faire remarquer, il n'avait pas actionné la chasse d'eau !
Faire l'innocent, à la gueulante du pion au petit matin lors de la découverte des odeurs et de ce qui allait avec ? Bien sur, il avait nié, et plus il s'enfonçait dans ses dénégations et plus il était évident qu'il s'avérait être LE coupable.
En sus il eut également sa bite de peinturlurée soigneusement au cirage, - le tableau du jour fut complet. Et cette rémanence durcie dans sa culotte à chaque fois que lui revenait à la cervelle la laborieuse séance de coloriage, avec ce faux camarade qui tirait sur son zob pour mieux l'enduire, et ce dit zob qui grossissait à vue d'œil dans la main étrangère : la honte ! Et les autres aussi, à poil sous la douche, ils riaient jaune ;
Pas pour rien que ce moment de relative torture fut abrégé !
…Et on ne se moqua pas tant.
Deux ans encore, il avait fréquenté le pensionnat ; deux ans d'appréhension. Deux ans de sphincters anaux serrés tous les soirs et pas par crainte qu'un vienne lui enfiler un doigt ou à savoir quoi ! Non non ; deux ans de selles irrégulières, un jour dix fois aux waters et autrement cinq jours sans rien qui veuille s'éjecter : on appelle ça des crises d'entérite.
Le dortoir de l'école de pêche fut sans problème. On avait affaire à de futurs marins. A de virtuels travailleurs : à des hommes. Même si tous n'avaient que seize/dix-huit ans, ils étaient matures. Des ados papa maman, certes, mais déjà de jeunes adultes qui parlaient plus filles, dans leurs moments de détente, que longueurs de triques ou couleur des poils de cul d'untel.
Fanch' avait vite été rasséréné en investissant cet internat… et aussi vite ses crises de diarrhée en alternance avec la constipation cessèrent.

Neuf mois de classe de mer et Fanch' sortait adoubé d'un diplôme. Une sorte de CAP de marin pêcheur. Premier embarquement. Quinze jours avec un équipage. Ils seraient sept dont un cuistot. Son rôle serait de donner la main partout où on le solliciterait. En cuisine, à la plonge, au lavage du pont et aux filets : le boulot ne manquerait pas.
Un blondin d'une trentaine d'années lui lança, par tradition : "Gaffe à ton p'tit derche aussi !" A quoi le pacha répondit du tac au tac : "Ferme ta gueule, Franck, sinon sac à terre, y en a marre de tes conneries." Amen. Une raison à la menace ?
Fanch' ignorait ce genre de passes d'armes entre techniciens, leur langage rituel. - Et qu'imaginer ?

Bien entendu Fanch' était déjà monté sur un bateau, mais bien entendu Fanch' n'était pas exempt de mal de mer : ça humanisait les gens, car peu y échappaient, marins d'un jour ou marins de toujours. On pissait aussi par-dessus bord, et ça, c'était de l'ordinaire, même si Franck s'arborait peu discret : pourquoi virevolter vers leur mousse pour assécher sa queue de congre, aux yeux de ce voyeur malgré lui ?!
De toute façon, pareille saynète fut vite relativisée par le spectacle du vieux matelot qui déféquait par-dessus bord, et la première fois c'est surprenant, une paire de fesses en joues de baudroie avec courte queue de lotte à pendouiller devant. Et n'oublier ses oursins de pics gris. "Du boëtte à maquereaux !" avait notifié l'ancien aux résultats de ses sonorisés efforts.

…Dans la cabine où ils dormaient par roulement, un soir - la deuxième ou troisième nuit -, alors que Fanch' revenait d'avoir porté du café au second, fidèle à son gouvernail, et que des deux autres couchettes retentissaient les ronflements d'usage, Franck héla l'apprenti. Seule une lampe tempête veillait. Le mâle vrai mâle était peu vêtu du haut, plus du tout au milieu et en bas sa couverture donnait ordre de compassion.
Son engin était vraiment énorme. "N'aie pas peur, avait dit le marin. J'suis pas pédé, mais elle est tellement grosse que j'ai du mal à me branler : tu veux bien le faire ?"
Et Fanch' l'avait fait. Appeler qui, à sa rescousse ? Et passer pour un mouchard ? Il avait pris l'obligation comme un bizutage, et ce n'était pas le pire qu'il ait eu à subir.
Après, du reste, Franck cessa d'exhiber ses privautés d'étalon pour se satisfaire au lit ou par-dessus le bastingage. Suite à une mauvaise prestation ? Non. Ses vœux secrets étaient exaucés. La bête était rassasiée et savait que, au cas où, elle aurait à sa discrétion…
- Et puis une vilaine réputation file cent noeuds, sur la mer !
Il n'empêche qu'une sorte de complicité silencieuse s'était installée entre les deux garçons, entre un benjamin et son aîné. Franck respectait presque les corvées du mousse. Ou plutôt, lui, il participa au balai-brosse sur le pont ; lors du rangement des caisses pleines de poiscailles à fond de cale il fut plus responsable. Moins brutal dans ses ordres.

Une nuit, mais cela Fanch' notre héros l'ignorait, alors qu'un inopiné besoin d'uriner l'avait saisi vers minuit, il avait quitté sa couchette, ses deux autres compagnons de cabine semblant dormir. A son âge, une envie de pisser nocturne, c'est la vessie qui pousse à fond du sang dans son bout de bois,
- Et ça pointe ! Une gaule junior…
Et ça pointait tellement, lui qui était le seul à mettre un pyjama pour dormir, que sa mince boutonnière le précédait en échappée d'un double décimètre !
Franck l'avait jugé en silhouette, sa juvénile force. Et à brefs coups de veuve poignet ! Solitairement. En pensant aux chairs fraîches interdites.
…Une autre nuit où ce dernier avait achevé son quart, et qu'il rentrait se reposer à son tour, peu avant l'aube, il observa un bon moment le mousse, dans son sommeil, drap toile de tente tendue sur un joyeux piquet. Une minute. Plusieurs minutes, il le reluqua avec ses yeux de chat. Avec son nez enflé qui s'était rapproché. Avec ses mains tressaillantes d'envie…
Le jour se levait et il ne se passa rien.
Puis une semaine de routine.
Le lendemain leur port d'attache.
A bord il y avait quelques bonnes bouteilles. Enfin… Bonnes, non, mais alcoolisées.

Au cours de la soirée, Franck et Fanch' furent désignés au service de garde. Fanch' était trop jeune pour avoir des responsabilités, toutefois, il fallait bien qu'il apprenne. Alors ce serait près de Franck. En ce temps-là on était moins sévère sur la gestion des ouvriers, en mer ou au cœur des chantiers terrestres. C'est le boulot qui comptait et qu'importait, si le maçon se désaltérait de mauvaise piquette au lieu d'eau claire, en construisant son pignon, et le navigateur de bières fortes, à son poste. Bien sûr, le pacha veillait à la tenue de l'équipage, mais diable !
- Ils rentraient au bercail, la marée était correcte, leurs godailles seraient satisfaisantes et c'était pas si fréquent !

La météo était bonne et la mer calmit ; on avait bloqué le gouvernail. Franck s'étalait heureux et Fanch' pas mécontent : ça y est, non seulement il s'avérait être un homme, mais aussi un pêcheur. Dans l'avenir assuré.
Une gorgée de rhum blanc. La lune les éclairait et demain sac à terre. Ils étaient bien, là, tous les deux. Ils étaient proches. Franck touchait la cuisse de Fanch' à chaque parole joyeuse. Ses doigts firent doux râteau, dans les cheveux du mousse. Le bruit du moteur masquait leurs rires. Ils étaient beaux ils étaient jeunes.
"J'ai chaud", avait dit Franck en ôtant son débardeur.
"C'est vrai qu'y a moins de vent", et Fanch' de l'imiter.
"On s'fout à poil ?" suggéra alors Franck.
"Mais si les autres arrivent…" avait répondu Fanch'.
En s'esclaffant ils se débarrassèrent de leurs trois hardes. Ils ne voguaient plus sur une coquille de noix, mais voulaient s'amuser dans les jeux de l'amour au milieu d'une île du paradis. Et seuls au monde. Et avec des corps réponses répondant…
"Si j't'attrape je t'encule !" avait menacé sans méchanceté Franck, pantalon à la main.
"Tu cours pas assez vite…" Et Fanch' s'enfuyait.

La mer ondulait et eux deux bataillaient.
Les mains au bastingage, les jambes bien écartées, par sa généreuse poupe offerte l'un permettait une langue, et caresses et baisers ; l'autre, proue fend la bise, y osait sa langue, et caresses et baisers. La houle se fit plus grosse et leurs envies si fortes ;
…Une vague fit tanguer le bateau et l'un préféra tenir dans ses griffes sa simple culotte quand l'autre eut la présence d'esprit de préférer la rambarde. On ne retrouva jamais le corps de Fanch', et personne ne s'interrogea sur le cul presque nu qui criait :
"- Un homme à la mer !" une main en porte-voix, les doigts de l'autre rebraguettant ses vêtements attrapés au vol…

(Fanch' a vraiment existé, c'était un ami d'enfance et il a "disparu en mer", comme on dit à la radio. Lui, il n'avait que 15 ans et il n'est pas certain que je romance beaucoup : je connais des marins.../Je connaissais "bien" Fanch'.)

17/08/2009

17/08/09 - 09:18

Poèmes

Le répudié

(ou La Trahison)


Si longtemps j’ai pleuré comme on pleure un mort
Qu’un soir on lèche sa plaie, et cicatrice l’entaille.
Si longtemps j’ai aimé mieux qu’on aime son corps ;
- Saigne ! ma sève : même le vieux bois se taille !

…Et l’heure d’allonger l’heure où se forme le temps ;
Les larmes mouillent moins, leur salé s’adoucit ;
Reste le souvenir des doux gestes d’antan,
Mais fade est la table où le pain traîne rassis.

Quand le cœur broie sa cage, en écarte les barreaux,
Plein d’ennuis déchirés d’abord il s’éternise,
Après renferme sa peine sous ruban avec sceau.

Au grand bal des erreurs les regrets sont de mise ;
Si longtemps j’ai pleuré comme on pleure son mort,
Maintenant j’ai compris, j'accepte subir mon sort…


LLD

Jacques, Erwan ou Michel,
Jeune homme ordinaire…


Torse sans gloire bombé sous une chemise ouverte,
Femelle en pavane dite : "Elle te mène à ta perte !",
Il s'affiche Apollon, ce bel adolescent
Qui écrase son monde du haut de ses seize ans.

Saturé de tonnerre, juché comme Artaban,
Chevauchant piètre engin il fonce vers la mort ;
Il exècre la terre, de ses dents il la mord
Et n'arrête ses prouesses que défié, rouge sang !

Au foyer incompris par des parents séniles
- Qui ne jugent leur enfant qu'être des plus vils,
Alors qu'au fond du cœur, dessus son firmament,
Il brûle d'amour filial. Taiseux. Hargneux. (Il ment…) -,

C'est seul, près des copains, qu'il retrouve l'amitié
Parce qu'en eux, ô jamais, l'œil ne ternit pitié
Même quand, fanfarons, frissonne l'avenir...
(- Mais dans ce monde-là que peuvent-ils devenir ?)

- Sa Chimène du moment ne sera qu'une amie,
Condamnatoires envieux, - et non "Son égérie" !?
Qui, de loin, refusez une once d'innocence
Au fond d'un regard tendre dont brille l'insolence...

Lui, carcasse allongée, il déambule les rues
Où son regard vif-dru voudrait rouler bourru ;
Il y a lui, les autres - tous ! (Vous vivotez à part !)
Qui rejettent sans cesse ses idées du rempart ;

...Aussi se projette-t-il en lendemains plus sains
Où son travail à lui sera fait de ses mains,
Et toujours il rira - ignorant noirs desseins !
…Et toujours il rira,
- Mais seront-ce ses mains ?


LLD
Juin 2006.


Il l'appelait Higor ou Jika ou Médor…

En couple mieux qu'un couple ils traversaient la rue ;
L'un trottinant devant, leur laisse n'évoquant chaîne
Des libertés totales dont ils étaient férus.
Les hommes sont animaux, sauf qu'eux ignorent la haine :

Satan avait surgi d'un acte du pire brutal,
Vil jaloux des bonheurs, - et fi des innocents !
"Interdit de lécher !" son amour plaie et sang,
…Et sous les jets de pierres, il dut fuir l'hôpital.

- Pourquoi tel long silence et quand a-t-il fauté ?
Dans son cercueil, on l'empêcha de s'accoter
Comme ils passaient leurs nuits : deux corps faits du même être.

Mais nul ne sut le voir atteindre le trou du mort
Et il gratta la terre où tous pleuraient un sort,
…La balle brûla son cœur/il rejoignit son maître.

LLD. L abenne Océan.
30 novembre 2008.
(Et Higor de trotter les dunes avec ses 16 vieux ans...)

Je chiale comme un gosse mon vieux p'tit chien.
Il aurait eu 17 ans ce mois de juin ; il m'a juste donné 8 jours pour me préparer.
Je crois qu'il aura été heureux dans sa vie de chien.



Toussaint
(St-Martin de S.)


Tombe le soir naissant par ma fenêtre ouverte
Car de ce jour de deuil enfin tu es la perte.
Chagrin du temps porté au gré des pluies sans âme
Et que les gens impies dans le requiem pâme.

Souffle le vent d'hiver, complainte de la mort ;
Emporte nos souvenirs et tiens-les dans ton port !
Chêne des puissants qui brave l'air vif impur
- Ploie aux funestes bises, puisque tu es pâture !

…La nébuleuse lourde du présage de sa nuit
Dès crépuscule atone devant Novembre fuit.
Las ! L'œuvre des vivants (l'espoir à ciel divin)
S'achève ;
_+__________________Heures départies priées (en vain ?).

Cimetière de la Madeleine. Amiens.

Et que Bacchus soit !


Nuage de novembre aussi gris que la terre ;
Pénombre d'avant-nuit battue des vents amers ;
Vois-tu mon cœur au chaud brûlé par le nectar
Où ses chairs alourdies dans l'euphorie s'égarent ?

Boisson du mieux divin tu me promets la gloire,
Soutiens ce pauvre corps que tu incites à boire ;
Ramène mes illusions à de justes avantages ;
Ranime ma pensée et rappelle-lui son âge !

Satan ! Esprit mauvais qui dans l'alcool se pâme !?
…La prison de ma vie serait-elle digne festin ?
Laisse-moi naviguer et rends-moi mon âme.

Ami – aide-moi ! Ne crois guère ce destin ;
Ne m'abandonne déjà ; – porte-nous l'amitié !
Dis-moi ces jardins où s'ignorent leurs limiers…


LLD

Six juin 44.

Océan presque calme sous la flotte impromptue,
"Marins d'un jour, soldats sans passé, peu rompus,"
Héros à courte gloire oublieux du plaisir
Aux moments des terreurs, sachant venir le pire.

"Tonnerre d'apocalypse - vomi des canons repus !"
Qui des bêtes ou des hommes auront droit au salut ?
…Chemins de campagne Grand-chemin vers la mort ;
Oui, combien reviendront et reverront un port ?

"Cadavres disloqués", flots sales en rougissant,
Et l'horreur des horreurs : enfants gluants de sang,
"Cible du frère, d'un père" chacun sosie d'un homme
Dont les cris désespérés du vent fredonnent…

"Villes et cratères d'où jaillissent les flammes" ;
"Mer sourde" - rassasiée ! (…Elle rejette la manne !)
"Paysage d'amour que le monde se déchire",
- Ciel ! Même aux bras tendus tu refuses sourire ?!

…Puis des terres endeuillées ce jour sombre s’en va…
Seule. Triste. Sereine la nuit est déjà là.
- Pays de Normandie ! Veux-tu pouvoir le croire,
Tes monts et tes vallons refleurir dans l'espoir ?

LLD

Sonnet au glas de deux amis


Lorsque l'un sera mort que l'autre en souffrira
Et qui seul divaguera, obsédé d'amitié
- Cœur vide-corps las -, qu'en allure longue il ira,
Farouche, privé d'existence par moitié...

- Puisque tu veux être loin bien que j'en crierais
En menant mes pas lents, entrailles déchirées,
De l'horizon heureux à l'immonde marais,
Perclus d'illusions ni sans plus rien désirer,

...Yeux clos, dans mes mouvances incolores nul être
Ne m'embrasera car me sont insipides
Les pâtures d'ici bas, fade l'ordre libre du prêtre...

- Donc moi j'y pleurerai ton reflet déjà froid
Même si, séchant mes larmes au chagrin tant perfide,
Me hantent chaque jour nos rires d'avant l'effroi !


LLD
(Pour celui qui reste, celui qui part est un mort...)


La tige porte la rose
…Et aussi ses épines.



J’aurais aimé vieillir et adoucir tes rides
Car je sais celles du front ma mauvaise foi du jour ;
Oui ! J’aurais tant aimé te caresser ces rides
En te sachant penser "- Sans rancune !". (Comme toujours…)

Et quand tes cheveux noirs se sont blanchis de gêne
A l’infortune craintive du jugement des tiens,
J’ai vu tes boucles probes sitôt refus des liens
Pour la promesse - enfin ! - d‘un quotidien sans peine…

J’aurais aimé vieillir, nos échines courbées
Moi comblant ton automne, toi défiant mon hiver,
Tout deux une nouvelle fois complices sur l’année…

Hélas ! Que n’admets-tu, ô mon juge trop sévère,
Qu‘aux sillons de la vie d’où éclatent nombre roses
Croissent aussi leurs dards qui en même temps s’arrosent !


LLD
Poèmes
Déception

Mon cœur geint misère dans le noir de la vie ;
Au vomi de la peine que je sens sourdre en moi se mélangent,
insipides,
les larmes solitudes.
Plaise à l'être aimé souffrir ma douleur ;
Qu'un ciel clément sèche mes cils embués ;
Pleurent, mes yeux - aujourd'hui encor tu saignes…

Et mon ventre se serre et se resserre ;
Mes entrailles, de passion, palpitent et s'enragent
- Impuissantes ! - Assassines !
Viens, ô désir ! Viens. Quitte ce havre et rejoins mon Eden ;
Suis moi et sois mien !
Seigneur… Que ma gorge me noue.

Dieu des hommes : - pourquoi ne puis-je pas ?
Dis-moi le maléfice…
Serais-je Judas ou d'épreuve comme peste ?


LLD
La bouée de Brigneau

Femme de marins sur les terres de Moëlan,
L’entends-tu qui vagit du large ses longs pleurs ?
Dans ton ventre elle te broie et te glace le cœur ;
Entends-tu ses "maman…"
Entends-tu ses "maman…"

Sous la bruine si froide il avale la mer
Et hurle sa grand rage et frappe l’eau du poing,
- Implore grâce pour ce fils ! Sœur de toutes les mères,
Qui s’enfonce à jamais,
Et s’enfonce si loin…

A Saint-Pierre, ô Marie pleine de tant de larmes,
Il est près de ta chair sur le bois de sa croix,
Car Dieu ici aussi a affûté ses armes,

Vers la bouée qui geint, entre Brigneau et Groix…
(L’un s’appelait Philippe, l’autre François ou Jacques,
Chacun ayant sa trace gravée sur simple plaque.)


A Philippe et à tous les marins pêcheurs disparus en mer.

LLD

Le cercle vertueux


Un plus un
en tout vivant
(même sans réflexion)
afin que survive leur espèce
font couple

À l'orée de la conscience humaine
plusieurs couples font clan et déjà
vraie communauté sous vénération commune
(l'animisme conforte les primitifs)

Plusieurs clans font tribus à croyances distinctes
menées par quelques sages
elles sont religions
(lesquelles lient et relient leurs individualités)

Les tribus d'un territoire vivent une nation
(verbe a base commune)

L'ensemble des nations s'auréole de morale
à la grâce d'une existence paisible du monde

La morale se nomme Dieu
(vénéré ou non, dit ou non et qu'importe sa langue)
un entier aura toujours sa part de mal
(elle se maîtrise)

Dieu est un et un plus un font couple…


LLD (13 décembre 2009)

19/07/2009

19/07/09 - 09:13

Notre-père du suce-pénis (Recueil de nouvelles à paraître). Grenouille(s) de bénitier



Grenouille(s) de bénitier
Notre-père du suce-pénis

…Carotte - c'était son surnom et devinez pourquoi !- venait tout juste d'apprendre à se masturber, en pension.
Certains ont appris ce jeu lors de leurs répétitifs étonnements d'éprouver satisfaction en pissant, en étirant leur carambar façon chewing-gum afin de débusquer d'un jardin secret une récréative baguette de sourcier (- et c'te découverte ! Waouh…) ;
D'autres par l'intermédiaire du grand frère, d'un voisin plus âgé ou dégourdi, parfois en surprenant une scabreuse scène familiale ou ailleurs entre ados dans leur collecte clandestine d'une voie proscrite ;
- Et, heu ! n'omettre l'aide calculatrice des garçons plus très enfants, aussi !
Il avait treize ans et demi et c'était l'année du certif'. Le soir avant cette épreuve, il s'était installé dans son dortoir coutumier. Comme c'était automatiquement relâche pour les autres pensionnaires, ils s'y retrouvèrent à cinq répartis en deux pièces.
Un tel soir faisait veille de fête : on serait endimanchés le lendemain ; on se retrouvait au réfectoire à une table sérieuse quand d'habitude les conversations immatures bruissaient de partout. Et puis l'appréhension d'un crucial passage. Du gué de la rive des primaires à celle d'un monde inconnu. D'un changement de situation. - Bref !
…Dans la chambrée ils étaient deux mais les autres pas très loin. Dans ces dortoirs il n'y a pas de porte. On passe d'une pièce à sa suivante. Entre leurs deux lits une dizaine de couches vides. De non-témoins.
Les deux garçonnets parlèrent de l'examen, des copains déjà couronnés, d'instits et à nouveau de l'examen. De filles, pour affirmer sa naissante virilité, - son infime virilité. On se tournait et se retournait dans son lit et après le passage des débuts de nuit du pion, après l'extinction des feux - un lampadaire de la cour faisant veilleuse de secours -, on chuchota. Idem dans la pièce à-côté. Sur d'identiques sujets ? Probablement.
L'ami de Carotte dit des choses et Carotte devinait que celui-là, en parlant, bandochait et se la caressait. - Et celui-là lui demanda s'il avait déjà embrassé une nana. Ou s'il leur avait pincé les nichons. Ou vérifié plus bas si elles étaient vraiment femelles. - S'il en avait déjà baisé, lui, si crâneur ?! Personnellement il avoua qu'il ne l'avait pas encore fait, mais kif-kif, car son frangin lui avait dit TOUT ce qu'il y avait à savoir.
Carotte mentit, évidemment. Un peu, ou plutôt il usa d'omission, fit la sourde oreille à certaines questions.
"- Tu sais te branler ? Tu jutes beaucoup ?"
Carotte avait senti qu'il lui fallait être quasiment sincère, là, sinon il ne s'en sortirait jamais !
"- Hein ? Ben ; ouais… Et toi, comment tu fais ?"
On avait affaire à un pro. Ou alors on faisait l'âne pour avoir du foin. - Pour tâter du copain ? Possible.
"- Y-a pas trente-six manières ; tu secoues et ta purée gicle !"
Expectative. Essai discret. "- Ça m'fait rien à moi." Carotte se secouait ses minuscules noix comme on secoue un sac de noix, justement. Ça lui était même désagréable.
"- Tu veux que j't'apprenne ?" On arriverait à ses fins. Consciemment ou non, on allait expérimenter LE truc avec son p'tit copain. - Le but ?
…Dans la pénombre de cette heure avancée on aurait pu témoigner d'un jeune corps fanfaron à cheval sur le ventre d'un second jeune corps candide, lui, pyjamas aux chevilles, et de deux quéquettes longues comme des doigts, regroupées dans une seule main cependant que passant d'un des possesseurs à l'autre possesseur.
Carotte savait se masturber.

Derrière les grandes baies vitrées de la classe c'était le printemps. D'abord, on avait une vue plongeante sur les prairies, et pas très loin une vieille chapelle finissait le paysage. Qui dit prairies dit mares, qui dit chapelle dit sérénité. Tranquillité : coin tranquille ! Et qui dit classe dit écoliers et cours de science, ici, puisqu'on sait l'âge de Carotte ;
- Et je vous le donne en mille ! Aujourd'hui on étudiait les grenouilles ;
- Et que j'vous en rajoute mille : des terres humides, en conséquence des grenouilles visibles. Enfin : audibles !
L'instituteur demanda deux volontaires pour une démonstration in vivo. Il n'avait pas achevé sa phrase qu'un index de rouquin atteignait le plafond tandis que son autre main tirait la manche de son copain Mimi.
Ainsi nos deux comparses avec leur bocal de pêcher quelques pauvres batraciens en trois minutes, et nos deux comparses de faire l'école buissonnière, et nos deux comparses de parler bagatelles, d'aborder le thème fille et de frôler le thème sexe ;
Normal, à presque quatorze ans !
…Et nos deux comparses de se retrouver dans la chapelle, d'y pénétrer sans l'intention d'un signe de croix, de chuchoter entre eux : "- On s'branle ?"
L'idée était dans l'air et donc fusait d'une bouche au choix.
"- Où ? Tiens, on s'planque derrière le confessionnal ?"
"- On se suce ? - J'ai jamais fait. - Tu me passes ta langue dessus pour montrer que tu s'ras d'accord et je commence ; tu t'es déjà fait mettre ? - Hein ?! (Ça, Carotte ne connaissait pas encore.) - La prendre dans le cul…?"

"- Priez plus fort, mes chers enfants ! Dieu veut entendre ses brebis !" Dit la vieille pécheresse à moitié aveugle de son banc face à l'autel où elle invoquait… ?


01/07/2009

01/07/09 - 12:21

De mes dunes...

Pour avoir de belles fleurs, il faut de l'eau et de l'engrais.
(On appelle ça une métaphore et en v'là deux pour le prix d'une :)
L'or et le fumier ne sont utiles qu'étalés.
LLD
(01/07/2009)

(Je suis né à côté)

Suis-je un ringard et/ou autres contes de ma morale...

20/06/2009

20/06/09 - 08:54

De mes dunes... (pris sur un blog, ailleurs)

Lettre d'un père "Eddy" qui demande pardon à son fils
(copié/collé ; c'est le seul texte "d'un autre", que je laisserai dans son entier sur mon blog.)


J'ai tué mon gosse !
Oui, c'est dur à dire...
Je pourrais dire que je ne suis pas fier de moi, que j'ai honte, que je ne suis pas bien dans ma peau...
Je ne vois qu'une chose à dire !
J'ai mal, affreusement mal ! Je pleure chaque jour depuis l'été dernier, je pleure encore à cet instant et je continuerais tant que mon corps pourra m'aider à pleurer.
J'ai détruit ce que j'avais de plus précieux, j'ai anéanti ma famille...
J'ai ôté la vie de mon fils à cause de ma connerie, et si je n'avais encore quelque espoir de retrouver la paix, je serais prêt à aller le rejoindre. Ce n'est pas encore exclu...
Je m'appelle Eddy. J'avais le bonheur d'avoir une petite famille merveilleuse.
Une femme adorable (qui me hait aujourd'hui !), deux filles délicieuses et un petit mec...

LE fils parfait...

Mon garçon faisait beaucoup de sport, trop peut-être.
À 16 ans, il avait tout ce qu'il fallait pour tomber toutes les filles du quartier. Je me voyais déjà batailler pour calmer les notes de téléphone, les scooters devant la maison.
J'ai été con, aveugle, le dernier des imbéciles...
Oui, j'ai vu des engins ! Oui, j'ai gueulé parce qu'ils faisaient un peu de bruit en rentrant...
Je ne voyais que les copains de mon gamin qui pétaradaient discrètement...
Je n'avais pas remarqué qu'ils faisaient tout, au contraire, pour être discrets, pour ne pas réveiller la maisonnée... Je n'avais pas vu, pas fait attention à ce moment, que mon petit bonhomme et celui qui le raccompagnait faisaient tout pour faire le moins de bruit possible...
J'étais enfermé dans ma bulle de gros blaireau borné et je ne me suis pas intéressé à sa vie...
J'ai attendu, comme le père standard, qu'il me parle de ses copines, qu'il m'émoustille de ses petites histoires...
Mais rien !
Mon gamin a eu 17 ans, puis 18, mais jamais de confidences, jamais de complicité avec son père qui l'adorait...
Jamais, il ne m'a fait partager les instants privilégiés de sa vie.
Mais c'est ma faute ! Je ne lui ai jamais demandé.
Je n'ai jamais posé la moindre question sauf balancer de temps à autre une allusion que je découvre maintenant comme complètement stupide.
Pour son bac, en juin, je voulais lui payer son permis.
Il n'a pas voulu.
Il m'a simplement dit qu'il se le paierait avec son job d'été.
Puis un soir de juillet, il faisait terriblement chaud.
Il était près de 2 heures du mat, je m'en souviens, j'étais dehors à fumer ma clope.
Ma femme nous a toujours interdit à mon gamin et à moi de fumer dans la maison.
Je sais que mes filles fument, mais c'est en cachette !
Je venais d'écraser mon mégot, je profitais d'un dernier moment de la douceur du soir.
Les scooters sont arrivés.
J'étais dans le noir mais je ne cherchais pas à espionner.
Mon gosse a garé son scoot devant la porte de la remise.
Celui qui le suivait a éteint le sien aussitôt. Je me préparais à aller les trouver, leur proposer une bière, une cigarette...
Mais j'ai vu !
J'ai vu ce que je n'aurais jamais du voir ! Pas comme ça !
Pourquoi je n'ai pas fait de bruit ! Pourquoi je ne me suis pas manifesté pour indiquer ma présence !!!
Non ! J'ai fermé ma gueule, je suis resté dans l'ombre et j'ai vu !
Mon bébé, mon petit garçon était en train de se bécoter avec un mec.
Mon fils embrassait un garçon presque sous les fenêtres de ses parents !!!
Et moi, gros connard, je me suis levé de mon siège, j'ai poussé ma gueulante et j'ai viré l'autre.
J'ai hurlé sur mon gamin, sans même m'apercevoir qu'il pleurait. Le cendrier est passé à quelques centimètres de sa tête.
Pour gueuler, oh oui, j'ai gueulé...
Je n'ose même pas répéter les mots que j'ai utilisés.
Pédé, tantouse, tapette, tout mon vocabulaire y est passé.
Je n'en avais rien à foutre des voisins. J'ai braillé comme un âne.
Et, pendant tout le temps que je criais sur lui, mon gosse pleurait...
Il a simplement dit « papa, laisse moi t'expliquer... ». « Y a rien à expliquer, j'ai compris » C'est tout ce que j'ai eu à lui répondre...
J'avais rien compris !
Je n'ai pas vu que mon gosse était différent de moi, différent de ma conception de la famille...
Je n'ai pas voulu en reparler le lendemain.
Pour moi, ma famille devrait se contenter de deux filles, point barre.
Je me suis dit qu'il allait changer. Mais que pour l'heure, je n'avais plus de fils en attendant qu'il revienne dans le droit chemin. Pourtant, je n'y croyais pas, et je lui ai dit. Je lui tout simplement dit que je ne voulais pas d'un fils pédé ( c'est le mot que j'ai utilisé ) et qu'après l'été, il allait bosser et se prendre un appartement en ville.
Là encore je n'ai pas vu qu'il pleurait.
Si ! J'ai vu ! Mais j'ai pas voulu !
Il a pris son scooter et il est parti.
Maxime n'est pas revenu.
La gendarmerie a téléphoné.
On devait venir à l'hôpital.
Il avait voulu faire l'avion avec son scooter du haut du pont.
Le gendarme m'a simplement dit qu'il avait pris le soin de poser son casque sur la chaussée avant de prendre son élan...
Je suis le dernier des salauds.
J'essaie de tenir depuis cet été, mais c'est dur.
J'ai mal, très mal.
Là encore, en confiant mon chagrin sur cet écran, j'ai à nouveau l'envie de me foutre en l'air.
J'ai la chance d'avoir deux filles qui m'aident.
Ma femme me hait depuis cette horrible journée. Je la comprends, je me hais moi-même...
Comment puis-je demander pardon à mon gamin ?
Je l'ai tué, il n'y a rien de plus à dire.
Sauf de le rejoindre, je ne sais comment me racheter.
Et encore... S'il y a une vie après, je doute qu'il puisse me pardonner.
Maxime aimait les garçons, oui ! Mais, il aimait, et c'est tout.
Pardon mille fois mon garçon, mon coeur est en miettes mais rien ne peut réparer mon imbécillité.
A tous ces garçons qui se tournent vers d'autres garçons, je ne voudrais dire qu'une chose : ne laissez pas votre père en dehors de votre vie.
Parlez dès que vous vous en sentez la force ! Et, dernier point : regardez-le en face... Toujours !
Que ne voudrais-je maintenant pouvoir parler aux pères qui vont commettre l'irréparable !

Eddy

Pardon au site source de ce texte, je ne retrouve plus ses coordonnées.

 

Le frère de l'autre L'Harmattan. Collection Ecritures. Vient de sortir à 18 € et n'oubliez pas : aucun frais de port en librairie, de la Fnac à votre libraire du quartier : faites-les travailler.

Mon roman "peu gai-Gay (quoique ?)" pas fleur bleue" pas osé",
aux Editions Balise: L'ANNONCE. ISBN 9782914111053.
Résumé et entame ici :
http://ledoeuffloic.spaces.live.com/blog/cns!1961CE8C5E286C231.

(Higor, le "frère" de Jika, tout mouillé)
Critique du magazine HANDIRECT Juillet/Août 2007:"Un roman coup de poing[...]Une histoire d'amitié sans concession. Des lignes de sang, des lignes d'affection...[...]Un texte qui secoue le lecteur et le laisse pantelant comme au sortir d'un "shaker" agité de main de maître par un géant aux pieds figés. Ps: le géant, c'est pas moi, mais mon jeune héros malgré lui...)

Mon roman "Gay-policier/osé, mais pas vulgaire" selon l'insuccube Loïc,
votre serviteur, LE PHARE, aux Editions JetLag/why Not sorti juin 2007 ISBN 978 2 35388 005 8
Résumé et entame ici :
http://ledoeuffloic.spaces.live.com/
20€ chacun de mes livres, on échange nos coordonnées à "contact".

Recto Verso Les Deux G " Notre avis (c'est celui d'un critique) : Après avoir publié son premier roman, LLD a tout abandonné pour se consacrer à l’écriture et c’est tant mieux. Son style particulier nous plonge au creux des délices des sons et des mots pour montrer qu’écrire c’est aussi chanter. En utilisant la poésie comme une mise en abîme de l’histoire de ses personnages, il louange l’amour et nous donne envie d’aimer à notre tour. Malgré les difficultés, les dangers et surtout les regards intolérants de ceux qui nous entourent!

RUE NOTRE PERE DU SUCE-PENIS
Recueil de Nouvelles érotiques (dit l'Editeur). 20 Nouvelles 3/8 pages et 20 Nouvelles 8/20 lignes. Sortie j'ignore quand. Je placerai une Nouvelle de temps à autre ici. En attendant mes autres bouquins sont (entre autres) sur Ebay, Priceminister et divers site Internet y compris, évidemment, des Editeurs...

LE MAÇON DU CIM'TIERE
Une centaine de page genre roman Gay noir de chez noir.
http://www.edilivre.com/doc/9115

D'ANNE, QUI PARTOUT JETTE SA NEIGE
Recueil de Nouvelles du Grand Sud-Ouest. (Du "pas homo"...) Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de coeur ISBN : 978-2-35335- Fin août 2008.
http://www.editeurindependant.com/doc/8718 (extrait et interview; se vend assez bien) http://www.info-culture.biz/annequipartoutjettesaneige.html
Ci-dessous ils sont neufs, mais je ne parviens pas à modifier l'inscription !



LE BIEN ASSIS
Prologue


Quand par beau matin le Bien assis, dos à peine arrondi de sa soixantaine d'années, toise la mer bleue tout ciel bleu avec cirrus – une Bretagne sans nuage n'existe pas, sauf l'imaginaire –, il lui remonte facilement un souvenir et pas toujours d'enfance ;
…Même si on revient à ce temps en principe béni, chez chacun, dès lors qu'un soupçon de nostalgie œuvre et qu'on veut juger de ses propres "progrès" ! (Les guillemets pincettes s'imposent.)

Pourquoi "le Bien assis" ? Vers ses douze ans, son directeur de la seule école qu'il n'ait jamais fréquentée, un des rares personnages de l'éducation nationale à mériter son respect, l'avait ainsi baptisé parce qu'il le trouvait en permanence assis dans un coin en train de lire, sous le préau ou dans la cour, un des livres de leur bibliothèque scolaire. A la maison c'était Nous deux ou Ouest-France. Et il en avalait, des lignes.
…Du reste, il avait beaucoup aimé lire à voix haute au-dessus des élèves, n'en déplaise à l'instit' qu'il abhorre et pour cause légitime, un demi siècle après ! Un ersatz de pédagogue affidé forcément d'Hitler, dans l'esprit condamnatoire, de l'imitation boche tout craché dont les empreintes perduraient, début années cinquante : la guerre était vieille d'une dizaine d'années et on y survivait (ça s'améliorait vite) dans ses stigmates et dans ses relents disciplinaires.
Parmi ses vantardises d'avant d'être trentenaire, si le Bien assis se complaisait à répéter que, écolier, on le remarquait partout avec un bouquin sur les genoux, c'était quand même exagéré ! Déjà il déchiffrait autrui avec ses yeux inquisiteurs. D'inquisiteur. Et pas seulement pour les comprendre, aussi pour leur joliesse mâle ou femelle.

Durant cette enfance et même après – d'éternité –, pas une fois ni lui ni ses frères, ils n'avaient entendu leur mère dire qu'elle était satisfaite ou même contente d'avoir eu sa ribambelle de garçons. Si encore on y avait compté une fille ! Bernicle ; – bernicle pour elle ! On aurait pu lui appliquer la formule mathématique tant de gosses égal crises de nerf égal le géniteur responsable et unique responsable. – Fautif ! Et la coupe ne sera jamais pleine y compris par-delà son trépas, au pauvre bonhomme.
Pourtant lui si, il était comblé, – et fier de sa nichée de mâles. Indubitable et sans le crier sur les toits : un être trop encore précivilisé pour exprimer quelconque sentiment autrement que par sa tendresse maladroite, puisque c'est ça, les terriens, des ploucs dans leur esprit maître de soi car sachez, mesdames et messieurs les nantis guindés intellectuels, que ces courageux bonhommes-là ont partout conscience de leur petitesse ! Ils s'expriment peu et ne ruent jamais dans les brancards. Seulement les Jacqueries… La révolution et alors les têtes sur leurs piques.
Il n'empêche ! Ses fils les percevaient, ses élans d'amour paternels, les avaient toujours ressentis, y compris des décennies après sa mort ! – Parce qu'ils étaient à son reflet et qu'ils appréhendaient à l'identique ses tourments ? Possible, et probablement était-ce pour cette raison qu'avec leurs questions non posées, chaque réponse étant tapie en eux, ils avaient sans cesse penché de son côté, sur la balance des récriminations que lui faisait leur mère interminablement à l'amoindrir. À le blâmer quoi qu'il fasse ou veuille faire : à priori il avait tort et pas la peine qu'il l'ouvre, il aurait tort il avait tort il a toujours eu tort, tort ne serait-ce que de les avoir conçus ;
– Il devait être seul à la besogne…
Une mauvaiseté exponentielle vis-à-vis lui qui ne l'avait jamais violée, non, – forcée donc limite ? Certes, parfois il fut brutal, ou plutôt rustique dans ses mouvements peu ou prou amoureux, mais bon, dans le temps, on n'intellectualisait pas systématiquement son impulsion : chez lui une fois la semaine le bas ventre réclamait son "repos du guerrier", au moins le samedi soir ; elle, elle n'était pas prête. Ou n'avait pas envie. Ou aurait rêvé de… Qu'on lui fasse la cour ? Ce serait abuser ; cependant la lecture de ses romans à l'eau de rose, les feuilletons des deux titres déjà cités plus Intimité, Confidence, rayon Sagan-Beauvoir-consorts quand même cuisine/couture, d'un côté, buraliste-bistrot en adversaire. Du libéré esprit suffragette ; aussi ses répétitives tâches ménagères et qui aurait accepté un repos de guerrière à elle et à sa façon. En fait le couple de simples fin deuxième millénaire, avec à la louche tout français moyen sachant lire dès l'armistice de Rethondes et qui écouta la TSF dès celle du 22 juin 40, ensuite les débats de sociétés presque sans tabou avec féminisme à la pointe. Cela parallèlement à la création de l'État d'Israël, des munificences de l'URSS jetées en pâture au peuple crédule des usines, à précéder ou simultanément à la télévision dont on commençait à subir le joug. Un joug pour cervelles malléables : quel boni ! Ah ! Le cinéma, pour La jument verte ou larmoyer devant Tino et sa Marinella. Les "Actualités" ? Trop universel. Pas ni pour l'un à destination de son groupe culturel, ethnique au sens premier, ni pour l'autre, afin d'éviter la grogne de tous ces ruraux déstructurés qui s'aggloméraient en banlieues : ON y veillait, de là-haut. Les guerres en escarmouches "nos colonies/l'Empire français" ? À dire vrai, elles intéressaient peu la métropole qu'on maintenait non dans l'ignorance, mais dans une sorte de je m'en fichisme qui arrangeait, quelque part et c'était réciproque. Dien Bien Phu existait. Oui. Ailleurs, dans les têtes, sur la mappemonde. L'Algérie allait suivre le Maroc et pointait ses évènements. On disait "ILS ont arrêté Eichmann" et ça, ça avait marqué, où Nuremberg n'avait été qu'un (gros) pet dans les toilettes du voisin ; – "Ne salissez pas chez moi, c'est propret." En revanche, face au grisâtre de la guerre et à la francisque encore sur les piécettes, les timbres-postes que tout garçonnet collectionnait étaient gaiement colorés, et promettaient Banania et l'Afrique équatoriale et…
– Les rêves. Les fantasmes primaires hors sexe des mioches dont le Bien assis faisait partie avec sa fratrie, et quel lecteur de Pif le chien, de Vaillant ou de l'homologue Cœur Vaillant ne raffolait-il pas de philatélie, alors ? – À celui qui aurait le plus épais album ! Les échanges allaient bon train et un beau timbre pouvait justifier, au troc, l'ajout d'un "Je te donne ça en plus" : une image pas pieuse, un magazine déjà cochon ou sa photo centrale pinacle de garçon en transformation et on interprètera l'évocation.

Ils avaient quand même souvent entendu leur mère notifier : "Votre père aime ses enfants !" Cette élémentaire phrase lui octroi pardon sur nombre méchancetés qu'elle a pu dire sur lui. Comme elle sortait ces mots déjà durant sa vie, ils font poids de sincérité, ils signifient que tout en lançant son venin, à l'instant, quelque part, la moralité veillait à tempérer sa haine. Sa hargne ;
…Son déplaisir de n'être que ce quelle était, puisque le pauvret en cause était resté pauvret, à son grand dam d'épouse. – Épouse ? Ce mot, elle l'ignorait. Il ne s'appliquait pas à elle. "Mon époux", "son épouse", "mon mari", décidément non ! Pas son langage. Trop policé. Elle était sa femme dans la splendeur (sourire en coin) de la femme assignée à un poste fixe sous connotation le pis avilie. Stricto sensu avec dépréciation autant biblique que de toutes les religiosités monothéistes : femme uniquement femelle pensée esclave au service de "son" homme. Du mâle : c'est-ce qu'elle aimait afficher, même si secrètement elle se savait supérieure parce que ça glorifie, de s'exhausser en se rapetissant, et décryptera qui en aura l'outil mental ! Du ressenti chez beaucoup des françaises d'après guerre, car après deux guerres hommes au front, en vérité, où elles avaient mené le monde dit libre à la baguette de leurs méninges rationnelles, elles entendaient bien continuer,
…On jouerait avec davantage de subtilité : c'est ça, l'Ève, l'Adam ayant un pourcentage plus ou moins important de son intelligence figé dans ses muscles et dans sa culotte. Obligation (sic) du Créateur.

Liés à ses frères comme il aurait pu l'être à de stricts contemporains, le Bien assis figurait fruit de terroirs peu dissemblables, pour finir : – qu'y chevauche sa destinée !
Tachons de rester dans un fil chronologique ; on excusera d'avance les retours impromptus où leurs avancées, icelles expliquant un précédent. Ce sont les ans, qui amènent la compréhension du fait terminé. Pas l'analyse du moment. Les souvenirs de chacun concernant ce qui est l'irrémédiable échu tournent autour de sa jeunesse, d'un travail borné de ses frontières sociales et de sentiments esquissés ou accomplis. Tout est relié. Nulle fraction, nulle portion ne peut avoir équivalence uniforme puisqu'un destin fait fi de logique ; c'est de l'imbriqué ou côte à côte.

AVIS : dans mon texte final des mots sont en italique. Mon doigt, dans ce premier jet, omet de bien CON-JUGER (conjuguer), souvent : on attend avant de crier ! Des redites seront revus, et des mots, évidemment, changés... Précisions pour les MÂLES (?!) embouchés.


Pendant que "Le Bien assis" repose, je reprends l'écriture d'un roman noir de chez noir entamé il y a plus d'une dizaine d'années. Ici vous en avez le début.
L'ALLELUIA DU DIABLE
L'histoire se passe aux alentours de Quimperlé. Je place dans mon blog quelques "bonnes feuilles" au fur et à mesure de mes (pas ultimes) corrections.
Premier épisode
Oh non, à l'évidence Dominique Dé n'aurait pu reconnaître, là, un quelconque Pierre Lejeune ! Dans l'anonymat le plus complet, c'était LE véritable crieur professionnel, qui tenait tréteaux au centre du marché parcouru de long en large.
D'accord, il accusait une dizaine d'années de poids visibles sur ses épaules et surtout dans son dos, qu'il redressait conforme image projetée plein écran, tantôt ;
(À suivre.)
De fait, maintenant, outre des moustaches, il arborait une terne chevelure mi-longue sale, broussailleuse, mais lui, il la comptait chaque matin lisse, brune, brillante quasi laquée nature. Du reste, s'il y avait broussaille, en lui et pour lui c'était façon juvénile.
Un ado attardé ?
Un soixante-huitard à la traîne ? (À la dérive ?)
Méchantes langues/langues de putes !
…Et puis sous ce vent, avec ces giboulées de mars…
– Dominique, murmurèrent ses lèvres sans souffle, sans la force de sourdre de son gosier. De sa poitrine lourde et oppressée.
…De ses entrailles brutalement nouées à faire monter, au lieu du cri d'espérance souhaité, un goût de bile amère ;
Corrosive ?
Pas ici : ces jours avaient passé. LE jour n'était venu.

– Laisse ta voiture dans l'allée ! Avait lancé Dominique Dé de la fenêtre de sa cuisine, une petite heure auparavant.
L'interpellé, son mari Bernard, revenait du bureau avec leurs enfants, Gilles et Sandra. Il les avait repris au passage, comme d'habitude, à la sortie de l'école.
On ira faire un tour à la Foire des Vieilles après goûter, précisa l'attentionnée jeune mère. Ca leur plaira.
Sitôt une allégresse de fuser au milieu des embrassades et du mélange discours-moulin à paroles de l'aîné dans son nième épisode quotidien-scolaire : Jean-m'a-volé-mes billes, etc.
Routine.
Sandra, elle, immuable quant à ses ambitions, rêvait de son bol de chocolat agrémenté de… (Ne s'aviser d'un oubli !)

Égarée ou enfuie, l'égrillarde gouaille prioritaire de Pierre Lejeune. Sourire ? Esquisser un sourire ?
Oui, il se le dessina intérieurement, et en face on considéra un rictus mercantile : l'endroit et la fonction, n'est-ce pas ? De plus, on avait affaire, là, à une cellule soudée papa-gâteau, maman-très maîtresse du budget domestique, bambins-friands de tout…
Un devoir marchand. Le rituel du lieu construit deux classes antinomiques : l'une, cliente, donc d'essence supé-rieure (obligé), l'autre de ses vendeurs, de ses bonimenteurs (n'omettre d'appuyer sur "menteurs" !), de serveur-laquais,
– D'inférieurs !
"Dominique…"
Pas une amabilité de geste ni d'expression, à l'égard de ce forain désormais accaparé par une question, un colifichet brandi à l'autre bout du monde sous la rébarbative question : "Combien ?" suivie du tac au tac de "C'est marqué !"
"Ploucs ! Savent pas lire ?" Un état d'esprit, présentement : aucune envie d'entrer en marchandage !...
"Dominique…" Exit Bernard Dé et sa chère suite. Suite ? Oh que non ! En fait, c'est lui qui fermait la marche menée par la petite Sandra en charge de SES achats… (On connaît !) La coquine.
…Mais Dominique Dé tenait solidement les cordons de la bourse (dans les minuscules cervelles tentées, certes ; aussi derrière, tout derrière, chez quelqu'un de statique, de mélancolique, lequel observait s'échapper un reflet du bonheur, son passé trente secondes entrevu, – ses vingt ans surestimés.)

…Sandra revint cependant bras chargés de cadeaux, du baigneur qui dit pipi et bonjour, du landau adéquat, de…
– Pouvait-on moins ?
Gilles se contenta d'un magazine.
Selon un usage daté de six mois, la cadette était comblée de son moindre vœu, ou peu s'en faut.
De la jalousie chez son devancier ? Non.
Même s'il ignorait la féroce vérité.
Une règle appliquée sans discussion ; – quatre ans de différence d'âge, ça forge un homme ! On l'en avait accrédité une fois et c'était suffisant : à la puînée peluches et autres breloques chatoyantes, au Grand, avec majuscule tonique, un survêtement à son anniversaire et un livre sérieux.
De l'iniquité ? Pas une once ; seulement un drame en filigrane, méconnu de la société et de la plupart de leurs contemporains. Pourquoi en faire de la publicité : guérirait-elle plus vite ? – Car elle guérira !
…Une fillette si pleine d'entrain emportée avant son dixième anniversaire ? – Impossible ; – impensable, Docteur. – Dites ? – N'est-ce pas, Docteur ? "Nous verrons, Madame." Y compris la faculté ne saurait être exempte d'erreurs de diagnostic.

Bernard Dé "semblait décider", au Département prêt du premier établissement bancaire régional. Il y gagnait correctement sa vie : les avantages acquis des temps florissants et intouchables – vous avez dit treize mois de…? Quatorze ? Vous n'y êtes guère ! Et la prime de ?... En compensation.
L'après-midi, leur comptoir, modèle administratif, fermait à seize heure un quart et lui, il s'en éjectait pile quinze minutes après : réglé comme du papier à musique. Aussi pouvait-il récupérer ses héritiers en porcelaine à leur porte respective, divine providence néanmoins mal placée, ici, puisqu'elle aurait pu se faufiler à l'intérieur d'un petit cœur vicié "d'une difformité congénitale due à, etc." Un cheminement sans importance car demeurait un fait : une souffrance bientôt insupportable, donc on devra opérer.
De sa naissance à ses premiers pas on n'avait rien vu venir. Rien observé. Dorénavant ses dix ans seront le moment idéal ;
– Pourquoi attendre ?
– Mais… "Pourra-t-on attendre, madame !" Ni le père ni la mère n'avaient insisté et la polissonne semblait parfai-tement remise d'un "accident de parcours", l'irrationnelle pensée de tout parent borné confronté à la réalité. Qui ne les comprendrait ?
On n'en parlait plus. "Ne tentons pas le Diable !" Alléluia ; UN !

Tôt orphelin, élevé, si on ose le terme, par trente-six foyers d'accueil, cet homme ici père de famille connaissait le prix de l'amour, du sang ou acquis. Dès qu'il rencontra Dominique il fut d'abord prévenant, comme il l'était avec chacun, puis attachant, parce qu'il visait secrètement à une sorte d'équilibre viscéral, puis, assurément, fidèle – il avait tellement pleuré jusqu'à en être dégoûté, jusqu'à songer se sup-primer, qu'il n'aurait risqué perdre ce bonheur conquis de haute lutte afin de satisfaire…
Une couronne de laurier auprès d'un acoquinement de bistrot ou le gain d'une peccadille luxurieuse ?
Certes non ! Merci.
Il faut ne jamais avoir vécu seul, pour fantasmer sur la solitude comme bénédiction exhaustive ! Vivre seul dans son âme, s'entend. Ceux qui ont frères et sœurs, ou papa ou maman à défaut des deux en collégial confort, quand, même, ceux-là habitent LEUR appartement privé en célibataire endurci… Des hypocrites ! Des égoïstes ! Des fourbes, au regard du certifié abandonné.
Bernard Dé POSSÉDAIT une famille et sa famille LE possédait. Il n'aurait su étouffer autrui, il n'empêche qu'elle seule primait et zut !, aux obstacles du destin ! Un à un ils seraient éliminés. Écartés. Abattus ; balayés !
Foi d'Dédé ! (Diminutif offert à l'armée.)
Tuerait-il afin de rendre ou déjà de permettre vie à l'un des siens ? Question superflue. L'issue de leur drame n'était pas là ; il ne pouvait davantage offrir son propre souffle pour remplacer celui de son autre lui-même. Le demandait-on à quelqu'un ? Idée absurde. Une fatalité se combat-elle ? Oui ! Sa conviction profonde et il le prouverait !
À qui ? Il était modeste : à lui.
(Point le sujet de l'heure.)[...]