Publications : L'ANNONCE EDITIONS BALISE. ISBN 9 7829 1411105 3. Dans la sélection des 5 premiers pour le Prix Handi-Livres 2009. LES DEUX G, est un roman on ne peut plus homo-Fleur bleue. LE PHARE, lui, est un roman gay-osé et même explicite, des lignes pour public averti, avec un bel inspecteur stagiaire craquant pur hétéro (hum ?!) et encore un personnage dans "l'idée" de votre serviteur. La Côte Basque et landaise (du phare de Biarritz aux Casernes de Seignosse.) Ah oui : on est dans le "policier"! ISBN 978 2 35388 005 8. Editions JetLag. RUE NOTRE-PERE DU SUCE-PENIS. Recueil de Nouvelles érotiques gays gaies. Sera publié mais quand ?LE MAÇON DU CIM'TIERE Noir de chez noir tendance gay.ici 'L'est sorti fin janvier ; - Alléluia ! (à propos d'alléluia, L'alléluia du diable, roman noir, en "Comité de lecture". On attend : bon accueil chez Polar-noir. D'hab' on me demande de couper, là ils veulent que j'étoffe... Je pense publication courant 2011. Je viens d'achever les corrections d'un recueil de nouvelles pour enfants de 8 à 12 ans. Alice aux cent merveilles.Chez Editeurs Jeunesse. On verra. D'ANNE QUI PARTOUT JETTE SA NEIGE. Recueil de Nouvelles du Grand Sud-Ouest. (Pas homo !!!) Éditions APARIS Collection Coup de coeur ISBN : 978-2-35335- Plusieurs milliers de "clics" à iciAu QuébecLE FRERE DE L'AUTRE Le quotidien ardu d'un homo de province, paysan de surcroît, pour vivre au grand jour et le plus heureux possible. En librairie 18 €.L'Harmattan Collection Ecritures. et ici Canada : http://www.info-culture.ca
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On se lasse de tout excepté de comprendre
Je crains le froid ; Au jour dernier Qu'on me jette avec mon père, Il me réchauffera. (Loïc)
J'écoute : ...Mes souvenirs. Je regarde : L'amertume de la (ma) vie ! Je lis : Et aime à relire une phrase de temps à autre du "Prophète". Gilbran. Je joue : ...Trop de ma solitude, je crois. Je mange : Plutôt mal, ces jours-ci; mais j'améliore mon ordinaire ! Je bois : Encore et encore mon amertume ! Ou alors je la mange ? Donc je m'en nourris ! Je cite : "Les temps anciens", et je pleure... Je pense : ...Que je réfléchis trop ! Je rêve : (Oh oui ! J'ai un rêve, mais un rêve doit rester rêve, et donc, quand on le prononce, il commence à devenir réalité et RE donc, ce n'est plus, etc.) (mis à jour lundi 10 mai 2010 à 09:38)
A l'Orient se lève le soleil et à Lorient je me suis découvert ;
– Non ! J'ai décidé de m'assumer (d'abord par égotisme), serait plus juste !
Bien entendu dans les années précédentes j'avais joué avec infiniment de joie à touche-pipi avec une nuée de camarades d'école, au pensionnat, ou des petits voisins – même âge même intérêt pour "on l'fait ?" néanmoins, à mon avis pas même tendance viscérale –, mais là, majeur tout neuf et pas vacciné contre tout, je fourbissais mes premières armes d'homo reconnu. Reconnaissable. Et, du reste, avec distinctement un écriteau sur mon front !
Pour l'avoir lu à travers de trop rares lignes cabalistiques – à l'époque antédiluvienne, dans mon petit village ou ma voisine achetait son trucdeux placé à côté des revues stipulées scabreuses genre, au maximum, trucHollywood –, je savais comment on procède. Où aller et pour quoi y faire. Ou en faire le simulacre.
L'ingrédient qui manquait à ma cuisine intellectuelle ? Du cran.
…Et comment acquiert-on du cran, au fin fond des campagnes ?
– Eh ben oui ! A l'aide de trois verres et cul sec : pas d'ambiance amicale à soutenir ni, partant, un seul ami à m'encourager ! (Un verre ne saurait suffire à ouvrir l'huis de l'audace et deux c'est un tout qui fait paire stable ; trois c'est le début de l'aventure…)
Ceux qui à mon instar on fait leur apprentissage de la chose dans les pays reculés me comprendront. Oui, sur la place de la mairie des villages France profonde il y a toujours des pissotières : des PISSOTIERES ! Pas des tasses. Nuance. On y va vraiment pour pisser et non pour zieuter quand même on y voit de bien belles queues. Et qui ne demanderaient qu'à être é-branlées. Au demeurant elles y passent parfois, mais par incidence. Accident d'un moment de vie. Et nul n'en parle ni ne s'en souvient, éteint sa (passion)-beuverie car c'était sous l'effet d'une cuite, vous hasarderiez-vous à en douter ?
Dans les campagnes y'a pas d'pédés, – na ! (Les imbéciles. Ignorants. Hypocrites. Sans humanités ! De la compassion envers le "fils untel" qui EN serait ? – Qu'il s'en aille, oui ! Et loin et chut ! – n'embarrassons pas les siens.)
J'avais fait dix fois le tour de l'endroit avant de me décider à y accéder. En outre, il fallait d'abord que je dompte les manières de faire, d'agir d'autrui de visu. Bon ; je m'y suis installé pour me satisfaire physiologiquement et d'un généreux pipi, ma foi ! Un homme était sorti un autre était venu.
Je savais situer les lieux d'aisance ; il faisait trop jour.
Vers les six heures du soir, en automne – la nuit tous les chats sont gris ;
…Un jeune quidam vint se poster près de moi, coquette en main, et il me demanda – l'idée saugrenue, sur l'instant ! – l'heure. Comment faire, puisqu'en gaucher reconnu je tenais ma mignonne perso évidemment de ma senestre ! Changer de main ? Bien entendu, c'était un prétexte pour mieux me voir. Me regarder et à un endroit précis, mais la première fois, vous ne faites pareil rapprochement que des heures après !
Sur le moment j'ignorais ces subtilités. Donc je LA rentrai sans la secouer, me mouillai les pantalons et donnai l'heure ;
– Quel con !
…D'autant qu'il avait sorti d'un string résille son anguille à tête rouge, ferme mais courbée vers sa gauche, comme pour aller se réfugier dans les coins !
J'étais plutôt mal barré et godiche affiché ;
…Et dos courbé d'arpenter les rues et de boire une bière et de revenir à l'attaque !
Lorsque j'ai repénétré les lieux devenus coutumiers, un homme à sa stalle semblait faire ce qu'il était censé devoir faire. La trentaine. Brun frisé court, blouson et cigarette au bec. Carrure standard ni méchante ni rébarbative. J'avalai ma salive et régurgitai mon sexe ! J'attendais. Sans bouger. Sans respirer, même. M'enfuir ? Fuir, passé le temps normal d'une miction normale ? J'avais un but et il suffit ! des hésitations. Faire un pas ; le premier pas ? Intérieurement je tressaillais. Pourquoi ? Je l'ignore. Pas de peur mais d'appréhension à mon devenir souhaité.
"– Vous auriez du feu, missié ?" Un bel arabe. Téméraire, j'ai laissé ma braguette ouverte, pénis à l'air en queue pendante et lui ai tendu mon briquet. "– T'en as une belle ; tu veux voir la mienne ?"
Un braquemart ! Court. Rose sombre au bout et au corps hâlé. Je n'avais jamais vu de sexe circoncis mais je n'ai fait ce rapprochement que plus tard, avec l'expérience : là je la trouvais autrement faite que la mienne et c'est tout.
J'ai avancé deux doigts en tremblant et lui, bizarrement : "– Je n'suis pas pidi !" (???) De la circonspection. Attente doigts en suspens :
"– Excusez-moi. Je croyais que vous vouliez…"
"– Pas ici, si tu veux boire mon jis (jus), c'est du bon, tu sais ; on peut couchi chez toi ?" Pour mon futur bonheur éventuel, heureusement que j'habitais loin, parce que j'aurais vachement eu envie de l'avoir pour moi seul dans mon lit !
"– Je n'suis pas de Lorient. On peut pas chez toi ?" Mon dieu que j'étais naïf…
"– On est à cinq dans not' piaule ; on fait un chantier, etc."
"– Dans ma voiture ?" Je tendais la perche à Machiavel ; non. Pas si grand.
"Seigneur !, faites qu'il veuille bien de moi."
"– Une rinault ou une pigeot ?" Hélas pour lui ou à l'avantage de mon portefeuille, je crois, je lui dis que je possédais une modeste rancho. De l'hébreu, pour lui.
Dans mon spartiate et rustique véhicule, éloignés du centre ville, vers les bords du Scorff qu'il m'avait désignés, je le caressai en conduisant et j'ouvris sa braguette, secouai ses boutons de roses des sables et sa fabuleuse merguez.
Il se laissait manipuler en se positionnant à l'aise.
A destination on décida de s'installer sur le plateau arrière de notre transport ou j'avais – pas folle, la guêpe ! – déjà déroulée une couverture en quittant ma maison. Il me fit me mettre à poil mais lui il garda son pantalon sur ses chevilles et son pull fut roulé derrière son cou. Seulement moi, je le suçais. Il me câlinait, toutefois. Il m'embrassa même avec fougue, ce qui m'étonnait – mais il ne toucha pas une seule fois à mes parties intimes ! Leur religion, pensais-je. Je n'en étais point vexé : du moment que j'avais un corps d'homme bien fait à ma discrétion…
"– Mets-ti à quatre pattes, fait la chamelle et écarte tes jambes." Ce n'était guère un tendre désir. Un ordre de mâle ? Une injonction de dominant ? J'étais une femme de harem ;
Soyons soumis-e aux phantasmes jusqu'au bout.
Un crachat dans mes fesses ;
Un index à y faire va-et-vient ;
Il secoua sa verge afin de la durcir ;
"– Pitain ça va pas être loukoum !" Ô, romantisme ; romantisme…
Un préservatif ? On y songeait peu, en ces bénies années.
Un han ! de bûcheron ! Cinq aller et retour d'un lapin du clapier de ma grand-mère, et il s'extrayait de moi malgré mes cris de douleurs dans et hors ma gorge ;
Puis sitôt : "– Paye-moi ici tout de suite ! File-moi aussi ta bague ! J'suis pas pidi, moi !"
C'est une charmante et vieille ville du Rouergue. Des rues anciennes, une place pavée avec ses arcades typiques, et un jardin quasi suspendu sur un entourage de moellons couleur sable doré : les magnifiques pierres du Lot.
…Nichées dans toutes les ceintures ainsi faites, et c'est fréquent lorsque les rues sont en pente ou ces assemblages vestiges de remparts, des toilettes. Hommes et femmes.
Un homo qui respecte sa religion doit vérifier la teneur de TOUTES ces installations. Enfin : avant ! Maintenant il n'y a plus de tasses nulle part. Ou alors – non ! Ce ne sont pas des tasses, ce sont des sanisettes, de vulgaires cabines leurs deux commissions question dames, grosse commission question messieurs : eux se soulagent pour le plaisir de nos yeux invertis encore dans les bosquets, ou contre l'enceinte de l'église, d'un muret.
Votre serviteur tout à son service œcuménique ainsi d'entrer dans le lieu du culte de l'endroit afin de vérifier la bonne tenue de l'ensemble : on n'sait jamais ! Des fois qu'on manquerait l'affaire du siècle !
Je pisse. Les murs sont propres et sans inscriptions obscènes, donc à priori sans intérêt pour l'homme de l'art que je m'enorgueillis d'être. Un bruit dans les latrines, derrière une porte. J'attends. Je racle ma gorge. On doit savoir, désormais, qu'il y a quelqu'un. Intéressé, on renvoie la balle, règlementairement. Diverses solutions : chiffonner du papier cul bas de gamme ou un journal, actionner la chasse d'eau, ou on toussote…
Confiance à l'éthique des professionnels !
Un garçonnet s'extrait de la cabine. Une douzaine d'années. Un teint de gitan ou des gens du voyage. Pas pour moi ; je remballe ma marchandise. Il se place face à un urinoir. Je me lave les mains. "Qu'est-ce qu'il cherche ? Un gosse et c'n'est pas ma tasse de thé." Il me sourit/je suis gêné. "Vous avez quelle heure ?" Je réponds. Intrigué.
"Il fait beau…" Oui ; oui il fait beau. Il me faut sortir d'ici. Y'a un truc. Il s'éloigne des faïences comme pour me montrer sa vitrine.
"Dehors, dehors, dehors…"
…En passant devant la porte mi-fermée du cabinet je distingue l'ombre d'un adulte : un maître chanteur ? C'est-ce que je crois, aujourd'hui. Un traquenard. Un père et son fils ? Un benjamin et son aîné ?
Les homos sont des proies si faciles.
Je visitais le musée des carrosses, à Bangkok. Seul. J'étais seul en Thaïlande et ma foi guère là-bas principalement pour la bagatelle. Ça ne m'effleurait pas l'esprit. Ça ne l'occupait pas en permanence. Néanmoins je connaissais les commodités installées dans les racines d'un immense banian, à l'entrée du royal bâtiment : un homo passer à côté des pissoirs publics sans aller vérifier si on peut y pisser : intrinsèquement leur objet ?!
Et il fait tellement chaud, en Asie du sud-est, au mois de juillet, et, en conséquence, on boit tant d'eau, de thé, de soda ; – faut bien qu'on évacue !
Dans toutes les grandes villes du monde ces endroits-là se prêtent aussi facilement à autre chose que se vider la vessie : – se faire vider la bourse à défaut de ses bourses !
On apprend vite, sur le tas ! Ne jamais se promener avec une grosse somme d'argent. Avoir toujours un ou deux numéros de téléphone d'ambassade, d'un l'hôtel respectable, qu'on y soit descendu ou pas, car le concierge y parlera français, ou anglais minimum…
– Et ses papiers. Son passeport. Ne JAMAIS oublier un justificatif d'identité !
– Un flic vous arrête pour racolage ou x dans un bosquet avec un x, justement, si vous n'êtes pas trop en tort, braillez lui "French ambassy, ambassade de France…" Croyez-moi, plutôt que risquer de se faire taper sur les doigts – si vous n'avez VRAIMENT rien à vous reprocher, s'entend –, il vous relâchera sur le champ ! Inutile, si vous n'êtes pas sûr de vous, de lui agiter un gros billet sous le nez.
A propos de billet, moi j'en planquais un gros, au cas où, dans le talon d'une de mes chaussettes. Parfois on peut avoir envie ou besoin d'aller dans une hôtellerie arrangeante d'après midi : il faut bien vivre. Il faut bien qu'ils vivent.
J'arpentais les allées où leurs touristes m'indifféraient. Des écoliers en file indienne y caquetaient. Les seuls adultes sujets siamois des lieux étaient à l'évidence les gardiens. Les surveillants.
Un pictogramme indiquait les toilettes hommes. Je pisse beaucoup, je vous dis : dans ma Bretagne natale on boit moins de thé. On vidange moins.
Un garçonnet était ancré devant une cuvette rutilante. Je n'y prêtais aucune attention. Il me fit un de ces sourires de gosse à défaillir. Je lui dis bonjour dans ma langue et lui il plaça ses mains jointes devant son front. Adorable.
Pour ce faire avait-il lâché son "occupation" ?
Il baragouina plusieurs mots. Fit une phrase et je n'y comprenais goutte.
J'avais fini ma sonorisée miction et refermais ce que j'avais entr'ouvert. Mes pensées vagabondaient sur cette ensorceleuse capitale un tantinet bruyante, quand même, dans son immensité linéaire. Sur ces habitants si gais qui sourient en permanence : un sabre près de leur cou et ils souriraient à l'identique !
Je rentrais dans la salle et mon jeune admirateur me suivait. Il tira sur ma chemise. Voulait-il que je le suive ? Je l'ignore. Je ne l'ai plus revu et je l'avais sitôt oublié, en vérité.
Je n'ai compris que longtemps après, des années après, qu'il tapinait. Heureusement, et je suis sincère ! Pour l'argent, à l'évi-dence, – pas pour mes beaux yeux !
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(Ben... J'sais pas s'il sortira, ou quand ! Le BAT (l'épreuve) de l'éditeur est tellement bourré de fautes et d'erreurs, de grossières erreurs, que pour l'heure je l'ai refusé.)
(En feuilleton dans mon blog l'automne dernier ; un des protagonistes est homo, mais c'est entre les lignes.) L'avis d'un critique de magazine :
« Pierre a vingt ans. Il est brutalement passé du pilotage d'un bolide à deux roues à la conduite d'un engin électrique deux fois plus stable, cent fois plus sage. Lourdement handicapé, il reste un B.M valide : sa motricité est limitée mais il n'est pas B.M. BM ? Ah oui, pardon : pour les amateurs de gros calibres signifie « bien monté » pour les zandys « blessé médullaire », altération de la moelle épinière entraînant une impuissance partielle ou totale.
Vivant dans un cocon familial pour lui insupportable, il devient assez infréquentable de par son aigreur et sa douleur qu'il analyse finement sans omettre aucun détail de cette vie en miettes.
Une petite annonce attire son attention : Homme, la trentaine sympa avec un chien, cherche jeune handicapé afin d'être compagnon contre gîte et couvert uniquement. Région indifférente. Annonce très sérieuse.
Et si Paul, ce trentenaire, pouvait l'aider à changer de vie ? Pierre a décidé de s'investir à fond dans une rééducation et un appareillage destinés à augmenter son autonomie. Mais quelles sont les véritables intentions de Paul ? Sa quête a-t-elle un rapport avec Alexis ou le traité du vain combat, l'ouvrage de Marguerite Yourcenar qui est l'un de ses livres de chevet ? »
Le Coupable. Pièce en alexandrins contemporains...
LE COUPABLE
Deux personnages.
De Poilley, mars 1982,
À Labenne, fin 2004/début 2009.
"Une manière d’ange était assis sur le bord d’une fontaine ;
il s’y mirait et se voyait homme, et en larmes,
et il s’étonnait à l’extrême de s’apparaître dans l’onde nue cette proie d’une tristesse infinie."
Paul Valery
Une garçonnière dépouillée ; à son bureau où il digère mal sa déveine, Jacques, un jeune adulte. Ses lèvres resteront scellées durant toute la scène. Un "toc, toc !" impatient et entre Michel, attrayant adolescent d’aujourd’hui, futé de prime abord. Seul le haut de son corps pénètre l’appartement. Un sonore et ampoulé plus qu‘à l‘ordinaire :
Salut ! Ô toi sans compagnie ! Ta p’tite santé
Te supporte-elle bien ? La mienne fait des merveilles !
On serait plutôt cool, sous ce méchant soleil.
Pas un poil grisouillard de là-haut à hanter
Dans la pièce de toute sa suffisance, il claque la porte et continue d'une fausse négligence lyrique à l’excès.
Son ciel azur pur, sic et re-sic ; un frisson,
Un pet d'hirondelle, mais calme plat. T'as vu ?
Respire cet automne ou malgré sa saison
Les piafs s'égosillent ! Pas l'ombre d'une bévue,
Autour d'la Baie – tous les corbeaux tristes et noirs
Se planquent, loin au milieu de la peupleraie
Où ils balancent au bout des branches jusqu'au soir.
– Sur leurs ailes de macchabs un rayon ne brillerait,
Et comme dit l'autre, "Bonjour leurs cris d'orfraie !"
Remarque : pourquoi devraient-ils les égayer,
Pour une compète contre épouvantails empaillés ?
Les courlis volent d'est en ouest, la chaleur s'effraie
Grave de nos récrés d'hiver : te souvient-il
Nos chasses à l'affût dans les roseaux lorsque,
Tard, sous Michou l'archange qui s'arrache de son île,
Sabre au clair pour fuir – poêt-poêt !– le marais visqueux…?
Michel s’était assis sur le coin du lit en disant sa moquerie des poètes ; la main écarte les souvenirs. Un moment silencieux, il hoche la tête.
Un taf d'aminches, non ? Dis, hein ! – Tu t'en rappelles ?
Je revois mon pater à l'abri d'un gabion,
Dans les vapes de sa nuit, lorsqu'il prit l’appel
D’un appeau pour un coup d'esbroufe de morillon !
Intermède de gêne ; l’adolescent se lève, se rassied, se relève et joue avec ses doigts tandis que Jacques demeure immobile, confondu dans les méandres du sortilège. Michel s'affole quelques brèves secondes, puis reprend son courage et, vivacité pleine d’entrain juvénile :
Ça fait une sacrée paye qu’on ne s’était revus ;
La…
La dernière fois que moi je suis venu
C’était…
– Attends !
– C’était ton anniversaire !
…Géant, l'ambiance ! Déjantée, l'idée de Pierre
De t’offrir, et alors même que nous ne savions
Combien t'étais fana d'un tel évènement
Ce…
Le garçon se tait brusquement ; sitôt sa phrase sortie d'une traite il avait compris l'erreur – le sujet à éviter ! Trop tard. LE malaise. Derrière Jacques il fallait gérer :
…Un étui bouteille-carton où nous n'avions
Chacun jeté que ce qu'on pouvait. Forcément.
– En tout cas, là, personne n'aura passé son tour !
…Un élan de pistards, sans calcul ni discours…
À ces paroles Jacques tourna sa tête sus Michel !
C't'auscultation d'une prunelle déchirée ! Qu'as-tu ?
Tes dents jouent perso depuis qu'j'ai débarqué. Qu'ai-je,
Ou qu'aurais-je, à me reprocher ? Est battu
D'avance qui ne vaudrait mot ! Mon manège
À l'habillement clampin, truqueur et grimacier ?
Tu sembles amer, déçu…
– Mais…
J'te fais pitié ?!
Tu mires la fraîcheur de l'œuf ou tu'm'gommes des yeux ?
Ça craint. On est vrais potes, non ? Carrés et bien mieux,
– Sherpas l'un d'l'autre davantage que des frères !
Le mien doit me supplier ; toi, idem mon père,
Tu demandes et je donne ou je fais sans effort.
Réglo fifty-fifty ; je tiens à toi plus fort
– Enfin presque !– qu'à ma meuf ! Te voir ainsi, jaugeant…
Quoi ?
Ma raison ?
– Je m'estime sans reproches.
– Un d'la bande t'aurait bluffé ? Dis qui, jugeant
…De ton absence
– Galère !
Put…
– Ce s'rait un proche ?
– Ou on t'a chouravé ou t'oblige à un prêt
Qu'incapable on serait de te le rembourser !?
Tu t'es fait tanner ? On t'a arnaqué exprès ?
Tout bon bougre est gogo !!! Pas ton truc, d'repousser
Celui qui quête d'un os et piqu'ra ton repas ;
L'arsouille pilier d'bistrot qui écluse tout ton vin ;
Le premier rond d'flan barge à la poigne sympa !
…Un jobard est miro dans son culte divin.
On en profite et on en abuse ; qui se tait
Consent !
– Tout bénef'…
– On a roulé ta confiance ?
– T'as pris une sale douche de ragots quand t'escomptais
Qu'on succombe à ton charme ? Et ton fagot d'patience,
Vanté tocard conseil à l'égard des jaloux !...
Tu crois que les brebis sont gardées par les loups…?
J'déconne… On t'a volé… Ni veste ni…
Dis-moi :
Un court repos ; confus, agité autour de son hôte manifestement peiné, Michel poursuit :
Lequel a osé t'entuber ? Pierre, qui larmoie
Godillot-lèche-cul/tête de turc ! Jean, l'ingénu…?
Si tordu angelot qu'en sourire continu
Il tuerait père et mère ! Ce bourrin hennit
En rêvant de mousser laisse béton ; il dénie
Au moindre quidam le rab de ses qualités ;
Vile chiure de mouche – sais-tu que son vieux, alité,
Ne voit sa tronche qu'au jour d'sa pension ? …Triste sire
Prêt à t'enfariner tant pour vite s'enrichir
Qu'au gain d'une partie jambes en l'air bon apôtre !
Réponds, tu penses à lui ? Non, pas ce mecton.
Ben hur stoppe ton char : est-ce vraiment l'un des nôtres !?
Déballe, entre quatre z yeux : vers qui tes soupçons
Sont-ils tournés ?
T'as des doutes…?
– Certitude !
Nouvel intermède pesant. Michel est debout derrière Jacques. Il se mord les lèvres. Il hésite puis se place hardiment au devant de la scène. Déglutissant une salive amère, souffle repris :
Moi ??? D'où t'as chopé l'idée d'ce sac de nœuds…? Rude
Et franco de port, l'attaque !…Vu nos relations,
Je passe l'éponge.
(Il jouait grand seigneur.)
– Sache qu'aucune hésitation,
Dans la gêne, n'aurait effleuré ma pensée :
Souvent ce fut le sens de tes propos passés,
Et j'ai toujours su pouvoir compter sur l'aide
Efficace de l'inclassable prototype d'ami
En agrafe béguin, – toi !
Même quand tu cèdes
À la facilité ;
– Tu as souvent émis
À plus ou moins mi-mot qu'en cas d'mauvais parcours,
Ennuis, besoin d'thunes, tu serais bon recours.
(L'intonation véhémente :)
Tu charries…
Moi, moi te taxer de ton argent…!
Mes parents sans s'appeler Crésus sont généreux ;
J'suis au parfum des tarifs du turbin – les gens
Ont leur sueur taboue ! Pour moi, fils cul-terreux,
Travail/fierté/respect égal fiche de paie digne !
…Un prolo pense tout bas et se contente en ligne…
Vérifié. Mes schémas d'enseignements appris
En rajustant le poids de mon ego. Le prix
D'un homme serait sa réflexion ; l'éloquence,
En gros, plutôt proprette vitrine à imbéciles !
« La chaleur humaine, narrais-tu, est LA dépense
Aux agréées semences de l'esprit ! Malhabile,
D'étaler ses concepts indomptés, plus encor
L'art de les distiller ! » : tes paroles si chères,
Des paroles d'évangile. Lisses. Sans désaccords.
L'adolescent avait suspendu sa diatribe en plein vol d'où il attendait un acquiescement. Devant le mutisme absolu :
Réponds !
– Me zieutes-tu capable de surenchère
Jusqu'à sacrifier nos liens à je-ne-sais-quoi ?
(Un lancé de main molle accepta la fatalité.)
Bof !
…Pigé…
Je voulais tout comme Luc décorer
Ma moto : as-tu remarqué son air narquois
Lorsque, tel l'Artaban de tes bouquins, au gré
De sa cour, il nous jette ?
Que veux-tu…
Dab méd'cin…
Je trime ; fils unique de chez unique il consomme !
– Dieu…?
Et la parité qui sourdrait de ton sein ?
Lui ;
Lui monte alezan quand nous la bête de somme…
Défait, le repenti s'affale sur le bord du lit, prêt au final, mais d'abord, saccadé :
Mon p'tit derche…
Valait dix !, de tes chèques à restau !
– D'accord !
…J'étais un chouia ton solliciteur !
Avec mézigue tu n'risquais pas d'prendre un râteau.
…Oui, facile, l'argumentaire, et sans pudeur :
– Pour mon service rendu m'suis payé sur la bique
Car vu notre genre de trocs j'craignais guère tes coups d'trique !
(Il releva sa tête pour s'encourager dans son aveu.)
J'avais lorgné une chouette décalcomanie ;
J'ai tenté de masquer certaine acrimonie ;
J'ai tenté…
Je suis venu, très tôt ce matin,
Afin qu'on discute d'un programme anodin.
Trois fois rien ; je prévoyais t'emmener dimanche
Pêcher, sur la grève du Mont, coquillages
Et crevettes grises des Côtes de la Manche.
On murmure que tu veux t'éclipser ; ton sillage
Fut toujours snob sillon d'émulations… Par-là
J'imaginais me démarquer, seul, te donner
– Oui ! J'l'avoue : j'ai si peu !–
Ma journée. Pour cela
(En attaque à nouveau violente.)
– Te retenir !– dès l'aube je suis venu ; damnée
Soit à jamais la boulette ! Ta porte entr'ouverte,
J'ai visé l'occase. J'ai…
– J'ai hésité ! Certes.
– Mes pupilles étaient des pièces ; un bel éventail
De billets aérait mes narines ;
– Mon chandail
Dessus,
– hop !
In the pocket !
…Ensuite ? Rapide,
N'ayant ni vu ni senti âme qui vive, personne
À pouvoir rembarrer ma faiblesse… – Avide
Du boni commode, ma cervelle ne raisonne
Qu'ici !
– Okay, t'as dit : "S'il n'est échange l'argent
Perd les meilleurs amis !"
(On se refaisait grandiloquent !)
N'empêche… Sois indulgent,
Excuse ce faux pas ; s'il te plaît, ton pardon ;
(Le fautif, toujours assis sur le lit, implorait en tendant une main suppliante.)
Je ferai c'que tu voudras contre ton pardon…
Un tête-à-tête morfale/cake s'rait déjà mortel ;
…'Lors ; m'ébrouer c'fric aux esgourdes,
– Limite cruel !
Un long sanglot de loup blessé, audible, et Michel de se lever brusquement ! Yeux essuyés d'un revers de manche, d'un ton mordant :
Tu magnifiais chez moi LE modèle idéal,
Or je suis comme tous : tantôt saint tantôt vampire !
Tu m'as hissé trop haut sur trop frêle piédestal.
Mon geste fut un geste impulsif ; j'aspire,
Moi aussi, à jouir sans fatigue, paraître,
…Puisque je ne suis pas !
(En tirade fataliste :)
Ah…! Tes beaux speechs : « L'être
Se meut de chair et de sang, de bon et de mal ;
En chacun guette une racine maudite et en tous
Son engrais – n'importe la pépinière ! Anormal,
Qui ne serait ainsi. Si le soleil nous pousse,
L'ombre nous repose. »
– Hein !, que je me souviens
De tes couplets ! À la réflexion, j'n'pouvais pas
Résister. Tu m'comprends ? Et partant il advient
De ta sotte négligence, de ton appât,
Ce qui serait avec tout pécore, précédent.
« – Ne tente le diable où il y met ses dents ! »
Tiens !, revoilà ton cadeau ! Salut à jamais.
Oublie-moi ; j'ai trop honte.
– Cependant, je t'aimais !
Michel dépose son larcin sur la table. En passant l'huis de la porte il esquisse de l'avant-bras un mouvement d'ultime salut. Triste… Doucement.
PLEURS D’UN PRISONNIER
(Les didascalies sont en italique, les vers en gras, normalement.)
Trois personnages.
Pièce en 1 acte & en alexandrins.
Premier jet en 1980 à Lanriot, Moëlan/mer ;
Dernières corrections fin 2010 à Labenne océan.
Avant-propos :
Des bribes d'un souvenir d'écolier sont sous cette encre mais j’ai oublié le nom de l’écrivain-témoin de l’étincelle d’existence ici relatée ; puisse la mémoire de mon illustre prêteur (Pierre Loti ?) me pardonner.
On sera fin 19ième début 20ième siècle.
LLD
Labenne Océan, décembre 2008
La scène bruit d’ombres ; ce récit s’avère instant de vie et un projecteur s’allume crûment sur son pâle héros avec à la main une cage en baguettes de bois et chiffons tressés, centre du Moment. L’autre bras prend appui au dossier de l’unique meuble du plateau, une chaise ; ce poignet-là est relié par une chaîne à un identique forçat, dépeint dès l’ouverture du rideau et fortement éclairé à chaque fois qu’il se manifestera. En panneau de fond l'indication qu'on est sur un quai.
Lumière à giorno d'un coup ! Une longueur pendant laquelle le vieil homme se courbe, lisse sa barbe laiteuse, écrase du revers de la main qui tient la logette une larme, soupire. Les deux captifs sont vêtus miséreux.
Arrive un officier de bon aloi qui tout en fumant sa pipe observe un équipage dans son travail d’appareillage ; son pas tranquille le mène à l’abord des déportés où il fait halte. Un projecteur le suit fidèlement tandis que la lumière générale s'atténue. Méditatif, il va reprendre sa marche ; en le fixant alors d’un œil hardi le vieillard s’adresse à lui, à la salle, au large et à personne ! Un besoin viscéral d'exprimer sa rage. (Lui seul parlera.)
Ah !, monsieur, vous êtes venus, intendant des couards,
Chercher, avec une canonnière, nous autres
Condamnés – pis que bestiaux dignes d'abattoir !
Cargaison de justice ?
(Silence et expectative, passé ces premiers mots au ton condescendant.)
Seulement des vôtres…
L'officier découvre le couple insane et saisit sa pipe ; il s’apprête pour la confession. S'agite simultanément le tiers oublié qu’un fort rai lumineux met en valeur et l'individu grimace, gesticule, assis à même le sol. L’ancien le présente, toujours peu amène :
Voyez ! On m’a enchaîné à ce… – Prétentieux !
Regardez-le, gouailleur, myope et méchant ;
Observez, monsieur, nez blême et sombres yeux.
Sa bouche, j’en suis sûr, n’a jamais connu un chant ;
Des femmes il ne saura que sa propre extase,
Gesticulant ainsi qu'un lièvre couvre sa hase.
Il secoue son buste et se tait (son méprisant auxiliaire replonge dans l’ombre) ; seul reste allumé le faisceau dardé sur lui. Le témoin, fourneau coincé entre paume et doigts, campe sur le côté du halo éclairant. Il ne bougera plus. Passé l’aria impromptu :
Je ne m’avoue – cependant qu’il n’y paraît pas !
Qu’un coureur de grand-chemin, simple vagabond
Lequel, pour se nourrir,
(Légère pause/acte de contrition.)
– Puisque je n’ai d’appas !
…Il faut bien manger ?
(Une quête d'approbation d'humain attentif.)
N’ayant ni métier ni don…
C’est vrai, monsieur, j’empruntais
(Il sursaute en criant son innocence.)
– Ils disent volé ! Non…
Ce fut d’abord un sac de pommes de terre, puis,
Aussi… Une chaude pelisse, et un giraumont.
Après, monsieur, lorsque vous êtes seul, sans appui,
Quand les gens vous raillent, ne veulent de vous nulle part,
Dîtes-moi comment faire afin de n’être errant,
Vagabond, comme ils disent ! Mon passé épars,
Mes vies de solde – rien ! Il reste mes vieux ans.
N’aurait-on pu me laisser mourir en France ?
Un grison comme moi, dans cette partance…
Ne voit-on le néant m’entrouvrir ses portes ?
Sans vergogne ma chair a vécu, est quasi morte.
Un doigt pointa la cage ; heureux de constater avoir un auditoire, le vieillard explique alors, alternant tristesse et fougue, ce qu’il eut de plus précieux à la fin de son monde, et qui n’était plus :
Ô si vous saviez ! Lors, que je fus arrêté
Et que je fus jeté – jeté ! Mon bon monsieur,
Dans un cachot sordide, loin du vent, des cieux,
Avec pour compagnie un rat et sa ratée ;
Lorsque je fus laissé – Seigneur !, l’immonde endroit !
Ignoré des vivants, et qu’entre les barreaux
Je vis – oui monsieur ! Je vis par ce trou étroit,
Par ce pertuis d’où l'on ne peut crier haro,
Un oiseau, minuscule, certes, mais un vrai oiseau,
Dodelinant de la tête… Vite… Et curieux…
Comme ceci, oui, comme ceci : curieux et sérieux,
– De tous les moineaux c'était le plus beau moineau !
L’homme bringuebalait une tête burlesque, content de ressusciter. Une extase d'ex-voto, puis il se rembrunit. Ses yeux reviennent lentement à l'officier toujours immobile et sensibilisé.
Vous vous demandez comment j’ai pu le nourrir ?
D’abord, monsieur, je lui fis sommaire volière,
Pour l’avoir près de moi, l’empêcher de périr.
Je l’y vois, je l'y sens comme si on était hier !
Cher oiselet ; il eut, pour manger en cage,
Un morceau du pain bis qu’on donne aux prisons.
L’air satisfait, affranchi des marécages,
Il sautillait, ainsi qu’ils sortent de couvaison…
Le souffle épuisé se tut, où un sourire était revenu à l'évocation mimée. Un haussement d’épaules et des paupières, d'un geste fataliste, balaya le souvenir :
Voyez, monsieur, je le crois encor avec moi ;
Si vous saviez le mal à obtenir du bois,
Un reste de fil de fer, un fond de teinture
Afin que l’ensemble fut plus joli, nature…
Un long silence. Le plateau s'éclaire, trio aux aguets du quai qu'un bateau vient d’accoster pour les embarquer. Le faire-valoir en oublie ses diableries ; déconfit, il s’était levé en comprenant la fuite de ses espoirs avec cet abordage. L'impécunieux, lui, souleva sa cage, et constatant son vide, désespérément à jamais, il la tendit. La lumière s’éteignit où seul, un rayon, témoin et mise en valeur du monologue…
Tenez… Prenez-la, vous ;
(Dit la voix soudain triste et changée.)
Elle pourra renaître…
– N'auriez-vous d'enfants réjouis de ces êtres ?
Bras retombé le patriarche raté n’attendait de réponse – ses phrases faisaient désarroi de ceux qu'un deuil égare. Après avoir effacé d’un hochement de tête son pathos, revenu sur terre :
Auparavant – je devine votre surprise –
Il faut que ce cruel passé je vous dise :
Mon pauvre moineau avait une aile cassée
Et pendant une année il vécut, en prison,
Perché sur mon épaule d'os. Quand, harassé,
Je fus près de me permettre mourir…
Ce frisson,
Cette boule emplumée de son battement d’aile
Doucement, simplement, me réchauffait le cœur
Et ma chair, monsieur, qui jamais ne connut peur,
– Même sous le bâton, les rixes et les querelles –
Sa flamme gommait sa condition ! On ne pouvait chacun que ressentir aux tréfonds de ses propres entrailles son accablante détresse. L’autre forçat subjugué restait bouche bée ! Passé ce bref moment d’exaltation :
Frissonnait, elle aussi ;
– De l'aubaine ?
– D’amitié ?
– N’est-ce pas que les bêtes ignorent la pitié ?...
Une question féale à l'officier ? Non, ni d'avis sollicité, au demeurant. Attendri :
On le dit. Vous savez, si j’ai parfois aimé
Je ne pense pas – l'univers est ingrat, monsieur,
Et son bonheur tellement irrévérencieux –
Que moi, laide figure, je fus vraiment aimé.
La plupart du temps, en manque de ribaudes,
Dans ces tendresses déviantes qu'on diffame,
Nous avions des unions, ici proclamées glauques :
Deux tenons mortaisés à chevilles qui se pâment…
– Les mauvais garçons sont partout mauvais garçons,
C'est leur dedans/c'est leur dehors/c'est leur rançon !
(Silence.)
Apprivoisé, de chaque lendemain anxieux
En orfèvre d'un jaspe davantage que précieux,
Je trouvais près de lui émotion,
– Et raison !
…Un benoît ensemble sans manières ni façons…
– Raison de quoi, me direz-vous ? Mais de vivre,
Monsieur, de vivre !
…Car qu’est un vieillard inutile
Au milieu d'anonymes préoccupés, ivres,
Sinon qu’une bouche justement inutile.
Il avouait son état en baissant yeux et cage. Il soliloquait dans sa mortification intestine :
Veule indolent, lâche, sans ami ni amant ;
Rien à dire parce que rien à cacher d'infamant ;
– D'ailleurs, qui m'aurait tissé naïf mensonge,
Intrigue, un de ces doux filets rapprochant
Et les cœurs et les corps ?
…Mes nuits qu’aucun songe
Ne berçait, mes matins inhabités sachant,
Oh oui ! Sachant que personne, mais personne
Ne sourirait… Souhaiterait… – Qui soupçonne
Les menus plaisirs d'un "Bonjour !", d'un "Au revoir !" ?
– N’avais-je donc besoin de chaleur humaine ?
…Si, de mes semblables, j’eus moins connu la haine,
Alors oui, sûrement, j’aurais vécu d’espoir !
Mais rien, monsieur, on ne me donna rien : ni pain,
Ni vin ! Aux va-nu-pieds il n'y a de travail
Quand même ils reviennent de guerre couverts de médailles.
Pas de travail point d’argent. Point d’argent, la faim…
Quand j’ai vu cet oiseau, infirme à toujours,
Regagné par l'excitation, le récitant cherchait autrui. Observant la lilliputienne demeure vide, il la brandit :
Je me suis dit qu’il devait, muet innocent,
Guérir et voltiger à nouveau en plein jour !
Je l’ai soigné, caressé, cajolé, n’osant
Le tendre – de crainte qu’on ne me l’enlève –
À bout de bras entre les barreaux, vers son ciel…
Reste qu'un soir, pourtant, j’ai accompli ce rêve ;
Je me croyais à l’abri – cinq heures ; le soleil
Devait frôler l’horizon, d'après sa clarté.
Je le tenais tendu dans mes doigts écartés…
Le condamné esquissait le geste d’avoir le gracile animal au creux de sa main, yeux dans l'azur comme si réapparaissait…
Vous ignoriez, monsieur, qu’un prisonnier n’a droit
– On tranche qu’un enfermé a le cœur toujours froid !
Ni de l’aube promise son rayon du matin
Auquel chaque vie puise son espérance,
Ni du crépuscule incandescent le destin
Qu’en nuit douce elle étreint, oubliant pittance,
Labeur et effort…
(Sentencieux jusqu’au ridicule.)
L’astre n’accorde son pardon
Qu’aux fermes constitutions – un détenu est mort,
Son tombeau étant sa geôle scellé du remords !
– Combien d’honnêtes gens réclament notre abandon ?
(En sursautant à l’intense frayeur qu’il eut ce jour-là.)
– Soudain !, la porte s’ouvrit ! Heureux – je l'étais–
Des joies offertes à mon consort, je tressautai !
(Pause du terrifié.)
Je crois même que j'ai tremblé. En un instant
J’ai compté l'indigence des solitudes
Dérisoires… Je voyais s’alterner les temps
Nocifs et bénis d'exaltation sans férule.
(Farouche, on suppliait crédit.)
Revenues ! Mes erreurs que je crus amnistiées ;
Cet oiseau, c'était mon fol époux.
…Ma moitié.
Lui ne demandait rien.
(Changement de ton : il passait du coq à l'âne !)
…D’abord hébété,
Il a ri ! D’un rire gras, vulgaire, – d'un homme
Privé de foi ! Ne connaissant l’amour fêté
À une bête, un inférieur… Ils se nomment
Humains ! Ceux-là ne sont que brutes idolâtres,
Abjectes, vénérant qui permet leurs bas instincts !
– Oui monsieur ! Ainsi est un gardien : nul âtre
Chez lui pour affermir l'évolution ! Il tînt
Alors – voulant m’humilier – d’ameuter forçats,
Gardes-chiourmes… Et ils rirent, rirent, de moi,
Du pauvret et de mes pleurs ;
– Était-ce l’émoi ?
On se moqua, monsieur, mais on me le laissa !
Le timbre amer, monocorde, un instant enjoué, devait la suite du malheur :
Ce n’est pas sans peine que j’eus la permission
De l’amener avec moi en Calédonie…
Ce vœu non exaucé, je crains que nous n’eussions,
Mon faux complice et moi, préférés, honnis
Et mépris d’une société impitoyable,
Mourir ensemble.
– Une destinée n’est viable
Qu’intéressée par autrui ! Dépourvu d’aide
Sa parole redonnait goût à la narration. L'opprimé avait dû beaucoup penser malgré son effroyable condition et l'officier se laissait deviner en saisissant son menton, à la manière de ceux qui opinent du chef pour accord. Un geste du bras inutile le long de son corps permit que l’on comprît sa compassion devant ce calvaire, qu’il acquiesçait à l’intellection dégagée. Probablement aurait-il eu de l'empathie, n'eut été ce fatal destin. Le prisonnier poursuit :
– Vous savez la cruauté morale et physique
Du spécimen soi-disant mûr sur les faibles :
Animaux… Avortons… Le bon sens abdique
Devant l’infirmité ! L’intelligence croit
Qu’un corps déambulé n’a d’esprit, que décroît
Discernement et réflexion lorsque douleur
Et misère se conjuguent en un même leurre.
Privé d’aide et d’affection, l’un comme l’autre
Ne pouvions exister. Je me serais pendu ;
Qui m’aurait pleuré ? Je ne sais un apôtre
Aux voleurs, aux vices… Qui se serait fendu
Du moindre discours ou flatteur ressouvenir
Vers un couard bêtifié, un simple sbire…
Auparavant – l’aurait-on remarqué, brisé ?
J’aurais tenu, serré dans ma main irisée
Du sang violent de la haine, ma fugace âme…
– Ils déshonorent Dieu, qui accréditent l'infâme !
Les doigts crochus concrétisaient l'acte ; l'homme revoyait son mirage. Secouant sa tête, il déglutit sa salive, mâchoires crispées, et raconte le passage le plus cruel de son histoire :
Las ! Si aujourd’hui à vous – vous paraissez bon –
Je tends ce refuge qui fut un nid d’amour,
C’est que l’instrument de ma verve est moribond ;
Le trépas insensible, il y a un jour,
L’a pris dans ses flots rugissants et mes larmes
Ont fondu en vain, face à l'ogre. Piteuse arme…
Le deuxième projecteur se rallume sur le compagnon enchaîné qui reprend aussitôt mi-miques et rire infernal ! Il se moque et raille le captif chancelant sous le poids de ses années construites mauvaise fortune, un tas de chair croulante de décrépitude… Le rire mécréant fuse partout sur la salle, sadique au possible. Deux minutes où l’odieux personnage se révèle centre du monde puis, lorsque l'hideuse entité eut épuisé son souffle sauvage et le vieillard sangloté et essuyé ses yeux, la lumière vive s’éteint. Le malchanceux :
Après une bousculade en soirée d’hier
La cage m’échappa, heurta une pierre ;
La porte aussitôt béante, apeuré…
Le vieil homme fait mine de récupérer l’oiseau à la mer ; surpris par la brusque secousse son miteux associé se remet à rire et un dard de lumière crue de se braquer sur lui ! …et de s’estomper avec comme l'embarras d’avoir troublé l’atmosphère, d'avoir mis en valeur chose négligeable.
Il s’est débattu, comme englué d'eaux sales
(Deux larmes coulent sur la joue.)
À cause de son aile abîmée… Mon râle
Il revit la scène ! Un projecteur brutal brûle instantanément son voisin qui retrouve ses gloussements démoniaques ainsi qu’au soir précédent, quand il fut témoin du drame.
– Que j’eus aimé crier ! Le souffle demeuré
De ma voix affolée que je voulais appel…
Hélas !, monsieur ; hélas !
– Mon premier mouvement,
Le voyant batailler et mourir, interpelle
Un secours…! Une charité…? C’eut été dément
– Je me voyais enfin !– d’espérer une main.
Seigneur, quel moment d’horrible martyre ; nul humain
À qui supplier pardon, amour, abnégation…
– Mon élan arrêté net par la réflexion !
…Le voir se débattre, pris dans le sillage
Rapide d’un canot s’éloignant : même vous,
En flânerie, n'auriez eu pitié de mon âge,
D’une loque à peine humaine ! Un dégradé,
Un larron, un voleur – renégat je l’avoue !
Oui vous !, m’auriez-vous prêté renfort, retardé
Quelque affaire même ordinaire pour un vieux fou ?
Pour son volatile malingre ?
Rêve absurde.
Des yeux inquisiteurs scrutent d'une réponse. Rien. Pas un mot en face. Calmé, le reclus, déjà ailleurs, secoue ses longs cheveux poivre et sel, son reste civilisé. Il s’assied sur la chaise et l’autre prisonnier suit le mouvement imposé. En silence, aussi, il s’accroupit aux pieds de l'enchaîné à son sort commun.
Je sais ne valoir rien et donc rien ne bafoue.
Songez : cycle si bien huilé ne se perturbe !
Et quelle sagesse peut penser qu’on retarderait
Un navire, fut-il grossier, pour un oiseau ?
…L’écume grise nous démariait sans regrets ;
Un dernier battement au-dessus de ces eaux
Et lui il s’est noyé, me laissant solitaire.
J’ai pleuré. Je pleure encore, pourquoi le taire ?
Et de retentir le rire stupide d'un incrédule confronté au vieillard qui gémit, un détenu de surcroît. (Les bagnards auraient-ils des larmes, également ?) Depuis que le vieil homme est assis sur la chaise ces deux objets du néant sont dans un même faisceau de projecteur.
Tenez ! Prenez-la, vous… Elle pourra peut-être
- Si vous avez fils ou fille aimant les oiseaux -
Leur faire plaisir. Moi je vais disparaître
À jamais.
Rappelez-vous, parfois, ce moineau.
L'officier avait accepté en cadeau la maisonnette, pour ne pas chagriner l'humanité en ayant l’air de dédaigner cette chose qui avait coûté autant de labeur qu'elle avait offert de charme. Rideau.
FINLLD
Aucun point n'est jamais le centre géographique d'un pays*,
En revanche le centre du monde toujours !
* Sauf à être géométriquement parfait, ce qui n'existe pas.
J'imagine les craintes du mort dans son cercueil
Et j'imagine le froid, les glaçons dans son œil ;
Je compte les coups de pelle du fossoyeur
Dont tous comprennent le vœu, le souhait d'être ailleurs.
Je sais les cris et les douleurs muettes du mort
Comme je sais ses larmes vrai fleuve de remords…
Et j'entends l'homme de peine, au regret d'être là,
Dans l'œuvre pour l'oubli du triste reflet las…
J'accepte les cris sans nom du mort qui cherche ses morts,
Car j'accepte l'union des cœurs et, même, l'honore…
(La tombe est achevée comme se clôt tout ennui.)
Je vois les yeux éteints dans l'absolu minuit
Qui cherchent, qui fouillent en quête d'autrefois ; Sur la pierre un soupir/sous la terre la foi…
(Après le 14 juin 2005 ; et LUI seul comprendra) Le répudié
(ou La Trahison)
Si longtemps j’ai pleuré comme on pleure un mort
Qu’un soir on lèche sa plaie, et cicatrice l’entaille.
Si longtemps j’ai aimé mieux qu’on aime son corps ;
- Saigne ! ma sève : même le vieux bois se taille !
…Et l’heure d’allonger l’heure où se forme le temps ;
Les larmes mouillent moins, leur salé s’adoucit ;
Reste le souvenir des doux gestes d’antan,
Mais fade est la table où le pain traîne rassis.
Quand le cœur broie sa cage, en écarte les barreaux,
Plein d’ennuis déchirés d’abord il s’éternise,
Après renferme sa peine sous ruban avec sceau.
Au grand bal des erreurs les regrets sont de mise ;
Si longtemps j’ai pleuré comme on pleure son mort,
Maintenant j’ai compris, j'accepte subir mon sort…
LLD AIMER
Aimer, c'est s'accomplir dans un second soi-même ;
Aimer, c'est estimer sans se louer soi-même ;
Aimer, c'est protéger l'autre mieux que soi-même ;
Aimer, c'est pleurer de ses pleurs à lui soi-même.
Être aimé, c'est durer au dehors de soi-même ;
Être aimé, c'est d'un rêve être rêve soi-même ;
Être aimé, c'est luire comme lueur d'espoir soi-même ; Être aimé, c'est, aveugle, encor voir soi-même.
S'aimer, c'est respirer par quatre lèvres soi-même ;
S'aimer, c'est bâtir à deux en restant soi-même ;
S'aimer, c'est d'amour se satisfaire d'un soi-même.
Ne plus aimer, c'est être libre pour soi-même… Ne plus être aimé, c'est douter fort de soi-même… Ne plus s'aimer, c'est à nouveau n'être soi-même…
Nous n'étions pas dans la même brigade de permanence dominicale et mon Plonplon rentrerait à la caserne vers minuit. Il n'était certes pas grand clerc, mais question bricoles de mecs, on affichait l'un pour l'autre une conscience pragmatique.
Je n'étais pas son seul amant. Son unique partenaire serait plus juste : des amants vont par deux, les partenaires, eux, ils peuvent être innombrables…
Au quotidien on avait notre vie strictement conforme au service du mess où on bossait tous les deux, et le week-end chacun sa voie. Chacun sa famille, évidemment. Et c'était bien. Ça permettait de varier les plaisirs, en quelque sorte. D'être moins accros l'un de l'autre ? En tout cas cela n'aurait pu se formuler, ne pouvait se révéler entre hommes du rang censés être hommes, justement.
…Samedi et dimanche, en équipe restreinte (autant en cuisine, que dans la salle et que chez nos convives), c'était spécial ! D'abord, peu nombreux, on s'aidait davantage et nul ne se serait permis de refuser de faire la corvée du voisin, mais, surtout, on sortait en bande de joyeux drilles, après le repas du soir, en ville, faire la tournée des Grands-ducs vers la Place des Lices et ses ruelles.
– En vérité mon vrai plaisir n'était pas là ! Moi, moi j'appréciais surtout mon intimité plus intime avec ma classe. On s'amusait en garçons, on se touchait quand devant quinze gus on serait passés pour des pédés si on avait osé rouler à deux par terre ;
Une bagarre au milieu de la foule est obligatoirement une bagarre qui réclame du sang. Une bagarre quand on n'est que deux c'est une danse d'amour, – non ?
Le garde de nuit du mess des sous-offs pouvait avoir une faction moins solitaire, et je me comprends car les mœurs communau-taires, civiles ou militaires…
Le bar du Quartier était moins contrôlé, pour qui savait jouer du niveau des flacons ; et même le frigo tremblait moins de la sus-picion coléreuse de son garant, quand une bourriche d'huîtres disparaissait, ou un kilo de viande, ou une bouteille. Du reste, parfois, on avait l'autorisation de faire bombance, selon les hôtes des salles de réception.
Revenons à nos moutons, dirait notre quidam en cause pur paysan de chez les paysans, et par dieu notre colonel promotionné responsable de la plonge !
Plonplon était l'homme à tout faire du mess. Du mess côté cour et pas côté jardin ou sa dégaine aurait embarrassé. Chez nous il pouvait autant être appelé à l'éplucheuse à patates qu'à un balayage urgent, ou plus secrètement à subvenir à certain apaisement impudique.
C'était vraiment l'équivalent du serf corvéable à merci (droit de cuissage inclus, en y mettant les manières je n'suis pas celle que vous croyez, toutefois).
…Et comme bidasse toute main il avait ses entrées partout, quand un cuistot n'aurait pas osé investir SA plonge pour rincer une casserole, un loufiat circuler derrière le passe-plat ou le secrétaire faire pilier à notre buvette. Ainsi Es qualités avait-il droit d'usage de la douche des serveurs où plus d'une fois je sus qu'il se faisait faire sa turlute du soir en cabine, et dans le lit du factionnaire d'astreinte je savais qu'en raison d'affaires nocturnes, plus d'une fois aussi il rentra au dortoir passé minuit sonné ! A ce sujet je voudrais narrer un épisode croustillant, puisque j'y participai (au minimum en phantasmes) :
Chaque nuit et par prescription militaire, probablement, une recrue veillait sur le mess où il y avait un lit de repos, dans une pièce centrale. Pas une garde armée, une présence. Plonplon avait dû d'abord entamer une conversation banale quelque part, puis il s'était retrouvé assis au bord de ce lit. L'autre devait être crevé ; – illusion de tacticien ? Je fus le dernier à éteindre les lumières de la cuisine et en passant près de cette pseudo chambre, sitôt j'avais perçu un râle. Ou un soupir. Ou les deux à la fois. – Mon oreille a toujours été dressée à être attentive à ces sortes de bruits-là, je crois.
Comme on ne me la fait pas, à moi, rapido j'étais au milieu du sketch de mon laveur de vaisselle favori en train de sodomiser un bougre à jamais complètement anonyme dans le fil de mes rémanences ! Celui-là était en travers du matelas, les jambes pendantes et les fesses ouvertes, et il se faisait besogner et il se faisait besogner. Ni nu ni confortablement mis. Juste le pantalon abaissé sur ses rangers d'un côté et les vêtements du haut roulés sur ses reins. Nulle délicatesse dans les gestes et de nulle part ; pas l'jour de Plonplon, sans doute. Il est vrai qu'il était assez ingrat de figure, ce paquet de viande allongé, étiré, (si n'avait été son juvénile arrière-train…)
– Lequel tentait une masturbation malaisée avec sa patte supérieure sur sa méchante gousse pendouillante. Aussi.
Je pressentais qu'il ne pouvait y avoir de la gêne, là. Donc, puisqu'ils étaient dans la pénombre, je me suis rapproché et j'ai fourré tout mon attirail à l'autre bout de la forme qui ne montra la moindre surprise à mon irruption. Et ce fut sans tabou et bon ! En cadence, on secouait notre hochet. En cadence, et même en s'em-brassant par-dessus l'objet (sic) de notre plaisir à tous deux, – pardon : à tous trois (?).
Il m'est arrivé d'être conduit par lui au magasin central, à quelques kilomètres, dans la camionnette de notre popote et avec arrêts pipi. Arrêts touche-pipi à l'abri de la bâche du fonctionnel véhicule, derrière les cartons d'une salle de ce dit magasin ;
– Et comme c'était vach'ment bandant, cette crainte de braver l'illicite !
Oui il acceptait d'enculer son prochain sous la douche ;
Oui il suçait quiconque lui rendait la monnaie de sa pièce ;
Et oui ! Il embrassait avec fougue sous une absence d'esprit, car tout ce qu'il faisait, question baise, était comme machinal. Sans pensée. Sans amour ni inné ni infus ; – du sans âme.
Il obéissait à son instinct ou à celui d'à-côté et c'était tout ! Il obéissait à l'inclination du moment. De la circonstance. Sans profondeur, – et on ne déforme pas ce que j'énonce ! Il suffisait d'abonder dans son sens, simplement et surtout pas en intellectualisant.
Ça me convenait et ça nous contentait, à l'évidence. Il était appétissant sans une once de cervelle. Appétissant parce que jeune ; à trente ans il devait avoir un ventre à bière ou a cidre, et il aura récupéré ses manières innées de rudimentaire. Son destin tracé.
En attendant, là-bas, il possédait un esprit pratique et c'était pratique ! A la réflexion, je crois que ses yeux ressemblaient à des groseilles à maquereaux !
Groseilles pour le globuleux et maquereaux pour le mouve-ment de masse.
Quand il rentrait de permission, Plonplon me détaillait son week-end : en général il avait couvert le samedi soir sa "grosse", pour l'honneur des soldats, semble-t-il, et pris une "sacrée biture" au bistrot du village, toujours pour l'honneur de l'armée française, et fait quelques travaux de ferme. Plus se "taper une queue" dans un champ de maïs ou au fond de l'étable avec le commis de son père. Entre les pis des vaches : il aimait comparer les pis de leurs Salers avec l'appendice des mecs. Une constante, chez lui, même dans son langage : il trayait les bites. Et buvait le lait directo à sa source. Et putain que c'était jubilatoire, cette façon qu'il avait d'extraire les dernières gouttes de notre lait !
C'est lui, lors d'une décontraction usuelle, qui m'a développé la façon de sodomiser les canards ; – ce qui aurait davantage qu'outrepassé mes compétences ! (Pour la petite histoire, on leur coince bec et cou dans un tiroir et les pattes palmées qui battent l'air vous câlinent les "couillons" ! Texto.)
Il m'a également parlé d'un fermier de ses voisins – et apparemment c'était de notoriété publique – qui avait engrossé sa Berthe, comprendre sa fille, et laquelle fut suivie au plus près par le frère…
Inutile de traduire le "au plus près". La campagne des années soixante.
Plonplon était un queutard ; ce soir-là que je vais vous relater, où la scène aurait dû se dérouler à la classique, il avait traîné sur sa route, et était parti un peu tard de sa ferme.
Heureusement qu'à vingt ans on ne s'endort pas facilement au volant – sauf à avoir trop bu. Moi, il m'arrivait, lors de mes retours de perm' tardifs – trajet de deux cents kilomètres – de me masturber tout en conduisant, au milieu de la nuit, afin de ne pas succomber à la lente monotonie du parcours, aux brouillards des vallons bretons. Ça se fait beaucoup, chez les routiers. Chez les rouleurs. Chez les rouleurs nocturnes occasionnels.
J'entends votre impatience :
D'habitude je l'attendais. Séance télé film première chaîne. Un verre au bar et c'était l'heure : on s'isolait dans un des gogues de notre étage si j'avais déjà rejoint le dortoir, ou s'il venait au mess on… Quand on veut tirer sa crampe, on trouve toujours un coin tranquille.
Un rite ! Notre rite : le dimanche soir l'un de nous deux avait droit à une pénétration intime et intégrale. Chaque dimanche soir bénédiction dominicale. L'apothéose du week-end. On avait tenté d'alterner tu me baises/je te baise mais les deux s'en trouvaient floués. Un seul devait se faire mettre sans coupure. A fond. En ne pensant qu'à lui. Surtout à lui : l'autre pouvait prendre son pied, cependant sans gâcher la jouissance de l'autre. L'amoindrir. C'était mieux, pour l'équilibre psychique. Du rationnel : pas de frustré !
Minuit ; personne et à une heure non plus. Je me suis pieuté, pensant me réveiller tout à trac à son pas lourdingue de paysan, et…
…Et je me suis retrouvé, dans mon sommeil, avec son bazar en pleine bouche ! Je dormais vraiment et Plonplon plaça doucement, avec le tact qui le caractérisait pour la bonne marche de ces jeux-là, un deuxième polochon sous ma tête,
– Et pour son confort à lui ! (Qu'on ne se leurre pas.)
Je rêvais… A qui ? Je l'ignore. Peut-être à lui, parce qu'à occuper mes songes il y avait des poules, des chèvres et des vaches ;
Un troupeau de vaches. Je tétais un pis, caché entre les bottes de foin avec mon cousin, et on se pignolait et un taureau survint et…
"Aïe !... Mais ce con m'a mordu…"
Cria Plonplon la bite en sang ;
Et la lumière de jaillir et nos camarades de chambrée de…
Les 2 protagonistes sont sur ce cliché d'"époque", et quelle époque !
– Une rue/Un passant/La campagne vue proche ;
…Une ombre, …Un félin guette l'appât, sa proie ;
Griserie des champs ; les bois, – Cet amas de roches !
…Le jouvenceau, eau de source qu'un regard boit ;
– Et la bête en furie de ruer, – animale !
L'éphèbe en un instant sur le dos se lova
Où l'hercule d'un moment n'entendait que son râle,
Puis dans une sarabande tout fut fait. (…Deux rats.)
Allongés l'un près de l'autre, main caressée main,
Abattus dans l'herbe, rassasiés et rompus,
Aussi leurs yeux vers ce ciel, ciel sans lendemain,
Chacun observe en coin. Sans paroles (et sans but ?).
LLD Le mirliton amoureux
Je me croyais impur à ne savoir aimer,
Je me jugeais granit impossible à briser ;
Sur mon cœur aucune âme ne pouvait essaimer
Ni fleur ni vrai amour - Il suffit ! des risées !
Mais, quand les genêts offrent son entrée au printemps
Là où les landes fanées de pâques sont couchées,
Je t'ai vu seul, plaisant… Et déjà je t'attends.
Près de moi un moineau me trisse sa nichée.
- A ma vie permission d'une larme à l'espoir ?
(Mes si proches chagrins seraient donc effacés
Par l'Éros qui tue, sans carquois flèches noires… ?)
...Et donc ainsi je traîne, raison outrepassée ;
- Folie douce folie, garde-moi d'escapade,
Offre-moi du bonheur au moins une, d'arcades...
Maman
(Fête des mères)
Avant qu'elle ne fût vieille, les marguerites des champs
Nous annonçaient sa fête ;
Alors qu'elle n'était vieille, les ancolies des champs
S'offraient bouquet de fête…
Nos poches pendaient si vides que nous courions les champs,
Le soir avant sa fête
Où ventres vils avides nous déparions leurs champs…
(Ses garçons mauvaises herbes, ingrates fleurs des champs,
Courbée jamais défaite
La serve nous jardinait, dans son laborieux champ.)
Depuis qu'elle survit vieille, les marguerites des champs
Me rappellent nos fêtes,
Et bien qu'elle soit très vieille, les ancolies des champs
Seront toujours sa fête.
LLD.
Labenne océan, le 02 mai 2010. J'aimerais...
J'aimerais
J'aimerais, j'aimerais… Un chapon bien ganté
Sur de petites pommes qu'il aurait rissolées,
Et dans sa majesté un Médoc décanté
-Température ambiante : point d'ignares enrôlés !
D'ailleurs, Amphitryon, tu les précèderais
D'une salade folle, parsemée de cerneaux
Avec tomate mondée, émincé d'ail nouveau,
Dix queues de crevettes roses, une miette de raie.
J'aimerais, j'aimerais… Du sorbet au citron,
Quelques fruits défendus ; une goutte d'eau claire,
Aussi... Deux ou trois mignardises de mitron.
Puis le meilleur café, dont l'arôme se perd
Dans les ronds de fumée d'un tout petit cigare.
Comme dégustation : cognac ! Mais… Je m'égare !
Extrait :
[...]Et Georges Mandin faisait le faible. Le docile. Le dévoué - sa protection partielle. Les tracas duraient selon la personnalité, la débauche du nouvel arrivant à étiquette "dominant". De celui qui devait prouver qu'il était sexuellement actif avec la nécessité d'entretenir cette dite sexualité active en attribuant au faible un rôle de femme. - On affirme sa virilité comme on peut ! On la consolide ainsi, même, en sa propre pensée.
…Ce n'est pas de l'homosexualité, chez ces êtres, c'est de l'hétérosexualité à orientation masculine, le choix n'existant pas de par la situation carcérale : fini sa gestion personnelle ! Dans leur conception "scientifique", seul le soumis, passif dans la défonce ou actif dans la pompe ou branleur aux doigts fourreau, est considéré homosexuel, ou équivalent féminin symbolique ! - On le pénètre et parfois on y éprouve du plaisir ! Le dominant reste mâle. Ses sensations sont celles qu'il ressent avec sa compagne : il n'est JAMAIS dévirilisé ! (Dans son mental à lui.)
Ah ! Le confort, la souplesse (maléfice ou envoûtement ?) des conditions atténuantes ![...]
(Chez son cher libraire local 15 jours d'attente sans frais de port)
– Faut qu'je vous raconte :
…J'suis "monté" l'autre mois à Paris, pas vu/pas pris depuis – ouh ! 25 ans au moins !
Mes sabots dans mon coffre (paille fraîche au cas où), me v'là sur la route en voiture because route Bretagne natale en suivant ;
Départ de mes Landes d'adoption comme chacun sait.
J'vous passe les détails drague au F1 de Bourges (j'aime bien les F1 avec leur clientèle prolo, sans péjoration ; on y fait la queue (mummm) pour les douches et une fois on y est entrés à 2 : véridique, mais c'est une autre histoire...), j'avais bien remarqué à plusieurs reprises de jeunes et jolies demoiselles court vêtues sur certaines aires de stationnement, vers Montargis, mais, vous me connaissez, jamais un œil concupiscent n'aurait jailli de mon cerveau dépourvu de bite mâle qui se respecte (comme ils disent) !
J'm'arrête donc au bord de mon chemin-arrière d'une forêt, évidemment camion de routier à portée de, heu… Enfin, bref ! Vous saisissez l'allusion !
(Ah, les routiers entre Bayonne et Toulouse…)
Voilà voilà, je reviens vers vous – on n's'énerve pas et on débande pas, pour les ceusses qui auraient commencé l'ascension des Pyrénées…
Moteur coupé/moi rêvant au beau chauffeur qui allait descendre de sa cabine pour me réchauffer, of course, pas le temps de dire ouf qu'une jupe ras du pet était à ma portière, singeant expressément et plutôt !, croyez-moi, LE baiseur forcené ! Interloqué, j'ouvrais ma bouche et pas pour sucer mon pouce que la "chose" était assise à mon côté !!!
"– Foutez-moi le camp !" Elle était dehors. Elle n'avait rien compris de mes paroles, à mon avis. Seulement le ton.
Moralité: veiller à ne jamais avoir ses serrures débloquées !
...Ah ! Étais-je dégoûté des travailleurs de le route, vous interrogez-vous, soucieux de mon bien-être - ma clientèle préférée mais j'suis pas sectaire ? J'ai vérifié hic et nunc (aussitôt). La réponse est non et en sus (on s'refait pas : suce !). pour lui ce fut gratos…
Mais pourquoi ils payent, ces cons, alors qu'on tient boutique "gracieuse" partout ! (Hein, les co-pines ?)
Les fers de l'homme (Recueil -en construction - de poèmes)
LE CERCLE VERTUEUX
Un être plus un être
même sans réflexion
afin de perpétuer l'espèce font couple
A l'orée de la conscience les humains appariés font clan
communauté sous vénération
(l'animisme conforte les primitifs)
Plusieurs clans font tribus à croyances distinctes
menées par quelques sages elles sont religions
(la crédulité relie les individus)
Les tribus d'un territoire
(patrie) font sa nation
(verbe a base commune)
L'ensemble des nations exige d'élémentaires règles morales
seule garantie d'existence paisible au monde
La morale absolue se nommerait Dieu
si la perfection existait Tout entier possède sa part de mal
contenue
maîtrisée
Dieu est un et un plus un font couple…
QUESTION AU TRÉPAS
On nous dit fin heureuse et trépas forclos
Des souffrances, des affres de l'existence ;
Mais… Ne se garderait-il quiétudes en clos ?
Serait préservée, certes, l'âme ; – aussi les stances ?
Immaculé linceul, que cache d'inaccompli
Telle infuse blancheur ? S'éteignent les tourments,
Cicatrisent les plaies… Pourtant, sous tes replis
Éternels et glacés, comme tu sépares d'amants !
Tu serais paix, paradis et de calme joué ;
Repos des chairs repos des cœurs, – foin des stupres !
De fleurs frissonnerais (tes jardins sont loués) ;
Ici-bas seulement la passion et ses lucres ;
Au-delà sérénité, béatitudes…
Insane choix, – non ? …Et commode attitude ! SONNET AU GLAS DE DEUX AMIS
Lorsque l'un sera mort que l'autre en souffrira
Et qui seul divaguera, obsédé d'amitié
– Cœur vide-corps las –, qu'en allure longue il ira,
Farouche, privé d'existence par moitié...
– Puisque tu veux être loin bien que j'en crierais
En menant mes pas lents, entrailles déchirées,
De l'horizon heureux à l'immonde marais,
Perclus d'illusions ni sans plus rien désirer,
...Yeux clos, dans mes mouvances incolores nul être
Ne m'embrasera car me sont insipides
Les pâtures d'ici bas, fade l'ordre libre du prêtre...
– Donc moi j'y pleurerai ton reflet déjà froid
Même si, séchant mes larmes au chagrin tant perfide,
Me hantent chaque jour nos rires d'avant l'effroi !
BONHEUR
…Vite – Prendre ! Arracher un peu de ce bonheur !
N'est-ce ma part ? Une poignée ; un morceau ; – Vite !
Avant que le nuage ne me soit trop vapeur.
Oui ! Ma part, seule ; – Mon droit ! Avant qu'il ne s'effrite !
Volupté, volutes nuées, que n'ai-je su
Jamais garder tes euphories passées ! Déçu
Replace-moi, je t'en prie, sur l'adret sublime ;
Ne laisse choir à nouveau mon cœur dans l'abîme.
…Les noirs desseins, lorsque le ciel m'était sombre,
M'envahissaient l'esprit, – et me rendaient triste.
(Même qu'y pleurait, privée de soleil, leur ombre…)
Mais aujourd'hui – est-ce Bacchus et son thyrse ?
Je m'égare et je m'enjôle… Ô Alcool ! Alcool !
Amour défendu, – boire t'ôte tout licol !
Limbes
(ou néant)
Un jour je rentrerai aux lieux d'avant naissance
Où m'attendent déjà tant mon père que mon frère ;
Un jour je rejoindrai les pures évanescences
Où avec tous mes frères nous préparions ce père.
…Quand je n'existais pas ni en pensée ni chair,
Quand le monde m'ignorait comme s'ignore demain,
Nul être en instance de ceux qui me sont chers
N'encombrait palimpseste d'un juste parchemin.
(Quelqu'un garder mémoire du passage d'une poussière,
L'étincelle d'escarbille qui fut brève lumière ?)
On ne me brûlera, mais je serai cendres.
Un jour je retournerai avant ma naissance,
Et puis, sauf l'infime salissure de mon encre,
Ce sera l'éternité sans obligeances...
LLD
Labenne océan 18 mai 2010
AIMER
Aimer, c'est s'accomplir dans un second soi-même ;
Aimer, c'est estimer sans se louer soi-même ;
Aimer, c'est protéger l'autre mieux que soi-même ;
Aimer, c'est pleurer de ses pleurs à lui soi-même.
Être aimé, c'est durer au dehors de soi-même ;
Être aimé, c'est d'un rêve être rêve soi-même ;
Être aimé, c'est luire comme lueur d'espoir soi-même ; Être aimé, c'est, aveugle, encor voir soi-même.
S'aimer, c'est respirer par quatre lèvres soi-même ;
S'aimer, c'est bâtir à deux en restant soi-même ;
S'aimer, c'est, de son amour satisfaire soi-même.
Ne plus aimer, c'est être libre pour soi-même… Ne plus être aimé, c'est douter fort de soi-même… Ne plus s'aimer, c'est à nouveau n'être soi-même…
L'amour se murmure mot que ne dédaigne personne ;
L'amour semble aisé mot, ...s'il n'oubliait personne !
L'amour est un vil mot, sauf qu'il n'insulte personne ;
–L'amour serait gros mot sans ne salir personne ?
Personne ne cherche un autre trop à l'écart d'amours ;
Personne ne trouve l'autre quand il tait son amour ;
Personne ne veut d'un autre dans un abject amour ;
– Personne ne crie sur l'autre s'il en espère l'amour !
L'amour n'exige personne, il va, simplement mot ;
L'amour ne vole personne ni n'impose son mot…
– L'amour n'attaque personne, mais reste le pire des maux !
Personne ne vit d'amour, hormis les uns, les autres ;
Personne ne rit d'amour, qui pleure l'un sans l'autre ;
– Personne ne meurt d'amour… (Et même privé de l'autre ?)
LLD
20 mars 2010
L abenne océan. Saint-Valentin 2009
Comme la barrière de brume qui ce jour cache la mer
Un souffle vient me bloquer dont le goût m'est amer ;
Dans les dunes de sable petite bise bon matin
Le froid pétrit mon ventre et son cœur de chagrin.
Où l'onde lourd silence sous un ciel tout nuage,
Y compris les oiseaux à préférer leur cage ;
(…Mon cœur vibrait chagrin d'un glaçon pic au ventre,
Mon regard se voilait, quand nul espoir ne rentre…)
- Et mes yeux à pleurer ! plein d'envies de haineux,
Qui n'ont du droit d'amour qu'oublier doux laineux !
Sur les dunes à Labenne la bise court son matin,
Le froid vit dans mon ventre, le froid vit de chagrin.
…Mon corps tremble au frimas car mon âme lui fait tort ;
Les eaux étant gelées tous les hommes me sont morts.
LLD. 27/11/2008
L abenne océan
Saint-Valentin 2008
(après ou enfin)
Sur la plage de Labenne où toute vague se meurt,
Quand j'observe le flux je ne crains plus mes peurs ;
…Et courent le sable blond les chevaux de Neptune,
Et s'oublient mes pensées ; j'abandonne ma rancune.
Les montagnes du loin, hier liséré sombre,
Pointent leurs toits de neige plein soleil sans ombre…
Les corbeaux se sont tus ; - au ciel plus une nuée,
Sauf le vol d'un avion suivi de longues traînées…
Les lames qui reculent ondulent la mer calmie
Puis heurtent celles qui retombent, crinières mousse de mer.
La vie sera sans toi ; - adieu ! mon vieil ami !
A l'espoir fol espoir vif galop sur la terre ?
La vie gomme nos jours, je te laisse au serpent ;
Tes jours ignorent ma vie… Je suis las. - Pour longtemps ?
LLD L abenne Océan,
Premier février 2008,
"Ta" dernière (?) Saint-Valentin en moi.
Métaphores : je ne lui en veux plus ; les corbeaux, les mauvaises langues ou tous "bons amis" ; je ne pense plus le récupérer (un petit espoir tout de même) ; l'autre, ce serpent !; il m'aura oublié/je suis sans but. Combien de temps tiendrais-je…? Ah oui : De Labenne Océan on voit la montagne, entre les deux les pins à perte de vue, juché sur les dunes… Saint-Valentin 2007
(Entre O ndres et L abenne)
Qu'un souffle crisse bruyères et je crois te revoir
Au milieu du sentier où deux lapins s'enfuient ;
Leurs culs blancs tressautent vif et notre chien les suit.
Je te cherche, où es-tu ? Hélas ! comment savoir ?!
Il n'y a d'hirondelles mais j'entends les corbeaux ;
Un couple de pigeons me semble faire l'amour,
Libres de contrainte, hors chemin ni cordeau ;
Nues sont toutes les branches et mon cœur sans atours…
La mer roule ses galets où la plage s'étire
Sable blond sable fin, et quand deux formes s'attirent
Du lointain je regarde. Puis ravale mes pleurs…
Car seul, je me sens seul, et d'à venir j'ai peur ;
- Du sommet de nos dunes je vois frissons de landes…
- Dans le creux de nos dunes désertent sont les brandes…
À lui,
À je,
À toi, à nous ;
À Alain. 14 février 2007.
LLD.
Saint-Valentin 2006
(14 février 2006 à L abenne-Océan)
Le ciel était sombre mon cœur n'était qu'ombres ;
Mon cœur était sombre et le ciel était d'ombre…
Au lointain lisière feux il y avait tes yeux,
Tes yeux qui me jugeaient et j'y voyais leur feu.
A mes pieds l'océan qui martelait mes ans,
Mes ans plein d'un chagrin profond comme l'océan.
Les nuages teintés gris du grisâtre des sages
M'assignaient ton message sur ce fond de nuages.
Sur la plage par la main, l'épaule contre l'épaule,
Deux silhouettes en une verrouillaient fort leur geôle
Abruties dans l'émoi, et déglutissaient leur joie
Au crépuscule entier tout flammes de cette foi.
Autour de moi le soir, nu d'êtres en nombre ;
Sombre ciel sombre cœur, privés de ton ombre…
Six juin 44. (Procès) De minuit à minuit.
(Archives d'EN-HAUT.)
(Constat. Commentaires des témoins-Envoyés.)
Océan presque calme sous la flotte impromptue,
"Marins d'un jour, soldats sans passé, peu rompus,"
Héros à courte gloire oublieux du plaisir
Aux moments des terreurs, sachant venir le pire.
"Tonnerre d'apocalypse - vomi des canons repus !"
Qui des bêtes ou des hommes auront droit au salut ?
…Chemins de campagne Grand-chemin vers la mort ;
Oui, combien reviendront et reverront un port ?
"Cadavres disloqués", flots sales en rougissant,
Et l'horreur des horreurs : enfants gluants de sang,
"Cible du frère, d'un père" chacun sosie d'un homme
Dont les cris désespérés du vent fredonnent…
(Procès.)
"Villes et cratères d'où jaillissent les flammes" ;
"Mer sourde" - rassasiée ! (…Elle rejette la manne !)
"Paysage d'amour que le monde se déchire",
- Ciel ! Même aux bras tendus tu refuses sourire ?!
(Jugement en délibéré.)
(Doutes sur l'homme, vu d'au delà toute prime raison.)
…Puis des terres endeuillées ce jour sombre s’en va…
Seule. Triste. Sereine la nuit est déjà là.
- Pays de Normandie ! Veux-tu pouvoir le croire,
Tes monts et tes vallons refleurir dans l'espoir ?
(Agrafés aux Minutes)
(pour mémoire) :
Vu du Ciel tout est omniprésent.
Le septième jour n'est donc pas clos ;
l'Homme est à parfaire.
Le Diable doit-il être supprimé ?
Le Libre-arbitre EST dans chaque conscience - pourquoi des troupeaux ?
L'erreur existe partout tapie...
Ne serions nous pas NOUS-MÊMES imparfaits ?
(Mais, si Dieu se pose des questions...
Ne serait-ce qu'il n'est pas Dieu !?)
Thuriféraire, le vent de mai m'encense
Des saveurs du goémon et d'odeurs de la mer ;
Les algues évaporées sous d'entêtées essences
Font l'iode du grand large dit griserie, à terre…
Au lointain défini par l'oubli des eaux pers
Il vogue, insouciant, un frêle esquif à hommes,
Et près de l'horizon où cette image se perd
Je les sais fous amants, affolés des arômes…
À mes pieds, ressac contre rocs insensibles
Sans saccade brute, sans en faire une cible,
Les tendres habitudes du flot, celles de tout passant…
Les nuages sont l'haveneau du soleil absent,
Ils trient, parmi leurs rets en mouvance prude,
Quelques rayons blanchâtres, doigts vifs et rudes…
(C'est arrivé "presque" ainsi... Et le couvert a été remis !)
En se croisant à l'orée du bois mon regard s'était abaissé au niveau, de heu… mon humilité !
(Sa braguette–mon abnégation légendaire.)
Ses yeux à lui fixaient disons l'indifférence. Le ciel avec sa fierté brandie étoile filante (Tstt ! En plein jour : doux rêveur.).
En me retournant mon regard "indifférent" à moi – vous me connaissez ! – avait (donc) attrapé au collet ses yeux de biche traquée…
Un raclement de gorge ? Était-ce bien nécessaire. Au moins une brindille de cassée pour l'hallali, des fois qu'il n'aurait pas saisi que je m'enfonçais sous les taillis.
En se recroisant sur le sentier mon regard avait projeté une main où ses yeux s'étaient arrondis. "J'suis pas homo", qu'il m'a rétorqué.
Les doigts de ma main osée fouillaient déjà son slip.
Son petit ventre adorable de "j'suis pas gay, je te dis", rentra, afin de me permettre de déboutonner sa ceinture.
"J'aime pas qu'on me suce", qu'il a rajouté, tandis que ma langue faisait le tour de ses atours masculins.
Je me suis présenté où il faut/il a répété "J'suis pas pédé". Une crainte qu'on ne parle pas le même langage ou que je ne l'aie pas compris ? J'ai caressé ses tétons et me suis "installé" dans lui. J'entendais ses pensées qui marmonnaient "J'suis pas un enculé–J'suis pas un enculé–J'suis…"
Trop tard. LLD. 27 août/25 septembre 2009. Notre-père du suce-pénis
LLD
Epuisé chez éditeurs & libraires, uniquement - donc - sur Ebay et autres, par moi ou divers.
Pour ne pas encombrer/ennuyer & accaparer le JDI, un extrait au gré de re & re & relectures-corrections. Les "intéressés" (en général) auront comme moi un demi siècle au minimum dans les reins. 2 ans de travail avant l'abouti. Oui j'y parle "honnêtement" des prémices et prémisses de ma vie sentimentale bien concrétisée. En avant, ciseaux électroniques et réflexion et réflections !
PROLOGUE dans bloc permanent à droite.
Le premier jet et ses corrections de base sont achevés. 180 pages de 31 lignes. Plus de 60.000 mots. Je l'abandonne dans mon tiroir pour l'hiver. Je reprendrai mes corrections au printemps et on verra alors quand soumettre aux éditeurs. En attendant je boucle un recueil de poèmes pour l'Âge d'Homme/Prométhée. J'ai 2 romans en ultimes (?) corrections et l'un partira début janvier à la grâce de Dieu - pardon ! des Comités de lecture. Merci à ceux qui m'ont lu, ici, pour leurs encouragements silencieux : je n'aime pas qu'on parle pour ne rien dire car à ce jeu, je sais me contenter ! LLD
Henri III et ses mignons (c'est du Ronsard):
"Le roy, comme on dit, accole, baise et lèche
De ses poupins mignons le teint frais, nuit et jour ;
Eux, pour avoir de l'argent, lui prêtent tout à tour
Leurs fessiers rebondis et endurent la brêche.
Ces culs devenus cons engouffrent plus de biens
Que le gouffre de Schylle, haï des anciens" ...
Louis XIII eut son Cinq-Mars, Monsieur son chevalier de Lorraine :
« Philippe est mort la bouteille à la main ;
Le proverbe est fort incertain
Qui dit que l'homme meurt comme il vit d'ordinaire,
Il nous montre bien le contraire,
Car s'il fut mort comme il avait vécu,
Il serait mort le vit au cul ».
On disait Les chevaliers de la Manchette sous Louis XV ;
Le révolutionnaire Cambacérès (qui supprima du code Napoléon le délit d'homosexualité) en devenant Chancelier de L'Empire, acquit le surnom de Tante Turlurette ;
Le supposé amant de Napoléon lors de la Campagne d'Egypte : le petit Junot.
A la mort de Jonathan, son ami David le pleura en ces termes:
"Ton amour pour moi était admirable, au dessus de l'amour de femmes." (Second livre de Samuel; verset 1:26), dit une traduction, et une autre: "Formidable, l'amitié avec toi, plus que l'amour avec les filles!" et encore une autre: "Ton affection pour moi m'a été plus précieuse que l'amour d'une femme" (LA BIBLE)
Pour concrétiser dans l'esprit "terre à terre", ce verset du livre des Proverbes (15:17): Mieux vaut une portion de légumes là où il y a l'amour, qu'un boeuf gras et la haine avec lui.
Diogène se masturbait en public ("prenait son petit déjeuner"»), et lorsqu'on lui en faisait la remarque, il se contentait de répondre qu'il eût souhaité que la soif et la faim puissent se satisfaire elles aussi de manière aussi simple. (Intéressant, non? En tout cas à méditer, en ce qui concerne certaines simplicités.)
[...]
Une autre ligne d'interprétation classique est que Cham ne se contenta pas de découvrir la nudité de son père, ce qui permettrait d'expliquer la sévérité de la malédiction et le fait que Noé sache ce que son fils lui avait fait dès son réveil[9]. La perversion en question aurait pu être une relation sexuelle avec la femme de Noé, « découvrir la nudité de son père » signifiant, dans Lévitique 18:9, coucher avec la femme de son père. Dans un débat entre Rav et Shmouel sur la nature de la faute, l'un pense que Noé a été physiquement abusé par Cham, l'autre que Cham a castré son père[10]. L'hypothèse de l'acte homosexuel apparaît également dans les traductions grecques postérieures à la Septante, d'Aquila, de Théodotion et de Symmaque, où le terme « voir » (Gen. 9:22) n'est pas traduit par γύμνωσιν (gumnôsin), mais par ασϰεμοσυνη (aschemosune), un mot désignant chez Paul les relations homosexuelles[9] (encore que le terme ait pu n'être choisi que par rapport à la « nudité », sans autre connotation[3]). Quant à la tradition de la castration, elle était également connue de Théophile d'Antioche et est admise comme une évidence dans plusieurs midrashim compilés en terre d'Israël, mais leur source semble bien être ce débat talmudique, qui n'a aucun équivalent dans les mythes sémitiques anciens, et semble avoir été déduit d'indications textuelles, notamment le fait qu'il n'est pas dit à propos de Noé qu'« il enfanta des fils et des filles » après Sem, Cham et Japhet, comme c'est le cas des autres patriarches bibliques[3].
L'excès de textes dans une loi nuit à la valeur de cette loi.
Nos gouvernants se rendent-ils compte que le législateur provoque l'exaspération, donc leur mécontentement, chez nos concitoyens ordinaires ?
Un vent de fronde existe qui pour l'heure n'est qu'un souffle ;
– Attention qu'il ne tourne tempête !
Certes, le Droit nous protège, cependant de trop zélés serviteurs pervertissent son abri.
Le bon sens est oublié ; toutes les interdictions sont tarifées et même une flatuosité tomberait sous le coup de la loi - raisonnement par l'absurde - puisqu'il s'agit d'un rejet de gaz (méthane, dioxyde de carbone, etc.), d'odeurs, qui pourrait porter atteinte, au mieux, à la liberté d'autrui.
– Ce serait répréhensible comme "arme" par destination.
Titre sélectionné avec 5 autres pour un Prix littéraire 2011 devant être remis à la Bibliothèque F. Mitterrand le 6 octobre prochain Accepté par Editeurs. Sorti fin 2011/début 2012.
Résumé : Fin des années 80, Pierre, jeune homme aisé "bien sous tous rapports (sic)", brûle ses vingt ans par tous les bouts. Sa moto. L'accident ; "C'était donc sa main qui avait suivi, – vulgaire balle de ping-pong !" Si encore que sa main…
Ailleurs et confronté à la quête du pain quotidien, Paul, artiste ignoré dans son existence particulière discrète et sobre, a l'idée saugrenue d'offrir sa « Présence contre gîte et couvert uniquement. Annonce très sérieuse. »
Passé l'acceptation de part et d'autre de chacun SA vérité, une histoire d'amitié dans la vraie vie sans concession. Des lignes de sang, – pas de pleurs. Aucun. Ou plutôt pas du pire atteint ! Des lignes d'estime réciproque. Des paragraphes de combats matinés d'affection sous : "Je m'installe ailleurs !" – Dans ton état !" Tout est dit même, si le mot qui fâcherait n'est jamais entendu, lui : on est simplement devant un homme qui marche et un autre qui ne marche plus alors qu'il faut bien vivre…
Ou survivre et point final ?
LLD
(En "feuilleton" dans mon blog cet automne, ci-contre)
Recto Verso LES DEUX GNotre avis (c'est celui d'un critique) : Après avoir publié son premier roman, LLD a tout abandonné pour se consacrer à l’écriture et c’est tant mieux. Son style particulier nous plonge au creux des délices des sons et des mots pour montrer qu’écrire c’est aussi chanter. En utilisant la poésie comme une mise en abîme de l’histoire de ses personnages, il louange l’amour et nous donne envie d’aimer à notre tour. Malgré les difficultés, les dangers et surtout les regards intolérants de ceux qui nous entourent !
Mon roman "peu gai-Gay (quoique ?)" pas fleur bleue" pas osé", aux Editions Balise: L'ANNONCE ISBN 9782914111053. Critique du magazine HANDIRECT Juillet/Août 2007: "Un roman coup de poing[...]Une histoire d'amitié sans concession. Des lignes de sang, des lignes d'affection...[...]Un texte qui secoue le lecteur et le laisse pantelant comme au sortir d'un "shaker" agité de main de maître par un géant aux pieds figés. Ps: le géant, c'est pas moi, mais mon jeune héros malgré lui...)
RUE NOTRE PERE DU SUCE-PENIS Recueil de Nouvelles érotiques (dit l'Editeur). 20 Nouvelles 3/8 pages et 20 Nouvelles 8/20 lignes. Sortie j'ignore quand. Je placerai une Nouvelle de temps à autre ici. En attendant mes autres bouquins sont (entre autres) sur Ebay, Priceminister et divers site Internet y compris, évidemment, des Editeurs...
LE MAÇON DU CIM'TIERE
Une centaine de page genre roman Gay noir de chez noir.
http://www.edilivre.com/doc/9115
D'ANNE, QUI PARTOUT JETTE SA NEIGE
Recueil de Nouvelles du Grand Sud-Ouest. (Du "pas homo"...) Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de coeur ISBN : 978-2-35335- Fin août 2008. http://www.editeurindependant.com/doc/8718 (extrait et interview; se vend assez bien) http://www.info-culture.biz/annequipartoutjettesaneige.html Ci-dessous ils sont neufs, mais je ne parviens pas à modifier l'inscription !
LE BIEN ASSIS
Exorde Je crains le froid ; Au jour dernier, Qu'on me mette avec mon père, Il me réchauffera. Loïc Prologue
Quand par beau matin le Bien assis, dos à peine arrondi de sa soixantaine d'années, toise la mer bleue tout ciel bleu avec cirrus – une Bretagne sans nuage n'existe pas, sauf l'imaginaire –, il lui remonte facilement un souvenir et pas toujours d'enfance ;
…Même si on revient à ce temps en principe béni, chez chacun, dès lors qu'un soupçon de nostalgie œuvre et qu'on veut juger de ses propres "progrès" ! (Les guillemets pincettes s'imposent.)
Pourquoi "le Bien assis" ? Vers ses douze ans, son directeur de la seule école qu'il n'ait jamais fréquentée, un des rares personnages de l'éducation nationale à mériter son respect, l'avait ainsi baptisé parce qu'il le trouvait en permanence assis dans un coin en train de lire, sous le préau ou dans la cour, un des livres de leur bibliothèque scolaire. A la maison c'était Nous deux ou Ouest-France. Et il en avalait, des lignes.
…Du reste, il avait beaucoup aimé lire à voix haute au-dessus des élèves, n'en déplaise à l'instit' qu'il abhorre et pour cause légitime, un demi siècle après ! Un ersatz de pédagogue affidé forcément d'Hitler, dans l'esprit condamnatoire, de l'imitation boche tout craché dont les empreintes perduraient, début années cinquante : la guerre était vieille d'une dizaine d'années et on y survivait (ça s'améliorait vite) dans ses stigmates et dans ses relents disciplinaires.
Parmi ses vantardises d'avant d'être trentenaire, si le Bien assis se complaisait à répéter que, écolier, on le remarquait partout avec un bouquin sur les genoux, c'était quand même exagéré ! Déjà il déchiffrait autrui avec ses yeux inquisiteurs. D'inquisiteur. Et pas seulement pour les comprendre, aussi pour leur joliesse mâle ou femelle.
Durant cette enfance et même après – d'éternité –, pas une fois ni lui ni ses frères, ils n'avaient entendu leur mère dire qu'elle était satisfaite ou même contente d'avoir eu sa ribambelle de garçons. Si encore on y avait compté une fille ! Bernicle ; – bernicle pour elle ! On aurait pu lui appliquer la formule mathématique tant de gosses égal crises de nerf égal le géniteur responsable et unique responsable. – Fautif ! Et la coupe ne sera jamais pleine y compris par-delà son trépas, au pauvre bonhomme.
Pourtant lui si, il était comblé, – et fier de sa nichée de mâles. Indubitable et sans le crier sur les toits : un être trop encore précivilisé pour exprimer quelconque sentiment autrement que par sa tendresse maladroite, puisque c'est ça, les terriens, des ploucs dans leur esprit maître de soi car sachez, mesdames et messieurs les nantis guindés intellectuels, que ces courageux bonhommes-là ont partout conscience de leur petitesse ! Ils s'expriment peu et ne ruent jamais dans les brancards. Seulement les Jacqueries… La révolution et alors les têtes sur leurs piques.
Il n'empêche ! Ses fils les percevaient, ses élans d'amour paternels, les avaient toujours ressentis, y compris des décennies après sa mort ! – Parce qu'ils étaient à son reflet et qu'ils appréhendaient à l'identique ses tourments ? Possible, et probablement était-ce pour cette raison qu'avec leurs questions non posées, chaque réponse étant tapie en eux, ils avaient sans cesse penché de son côté, sur la balance des récriminations que lui faisait leur mère interminablement à l'amoindrir. À le blâmer quoi qu'il fasse ou veuille faire : à priori il avait tort et pas la peine qu'il l'ouvre, il aurait tort il avait tort il a toujours eu tort, tort ne serait-ce que de les avoir conçus ;
– Il devait être seul à la besogne…
Une mauvaiseté exponentielle vis-à-vis lui qui ne l'avait jamais violée, non, – forcée donc limite ? Certes, parfois il fut brutal, ou plutôt rustique dans ses mouvements peu ou prou amoureux, mais bon, dans le temps, on n'intellectualisait pas systématiquement son impulsion : chez lui une fois la semaine le bas ventre réclamait son "repos du guerrier", au moins le samedi soir ; elle, elle n'était pas prête. Ou n'avait pas envie. Ou aurait rêvé de…
Qu'on lui fasse la cour ? Ce serait abuser ; cependant la lecture de ses romans à l'eau de rose, les feuilletons des deux titres déjà cités plus Intimité, Confidence, rayon Sagan-Beauvoir-consorts quand même cuisine/couture, d'un côté, buraliste-bistrot en adversaire. Du libéré esprit suffragette ; aussi ses répétitives tâches ménagères et qui aurait accepté un repos de guerrière à elle et à sa façon. En fait le couple de simples fin deuxième millénaire, avec à la louche tout français moyen sachant lire dès l'armistice de Rethondes et qui écouta la TSF dès celle du 22 juin 40, ensuite les débats de sociétés presque sans tabou avec féminisme à la pointe. Cela parallèlement à la création de l'État d'Israël, des munificences de l'URSS jetées en pâture au peuple crédule des usines, à précéder ou simultanément à la télévision dont on commençait à subir le joug. Un joug pour cervelles malléables : quel boni !
Ah ! Le cinéma, pour La jument verte ou larmoyer devant Tino et sa Marinella. Les "Actualités" ? Trop universel. Pas ni pour l'un à destination de son groupe culturel, ethnique au sens premier, ni pour l'autre, afin d'éviter la grogne de tous ces ruraux déstructurés qui s'aggloméraient en banlieues : ON y veillait, de là-haut. Les guerres en escarmouches "nos colonies/l'Empire français" ? À dire vrai, elles intéressaient peu la métropole qu'on maintenait non dans l'ignorance, mais dans une sorte de je m'en fichisme qui arrangeait, quelque part et c'était réciproque. Dien Bien Phu existait. Oui. Ailleurs, dans les têtes, sur la mappemonde. L'Algérie allait suivre le Maroc et pointait ses évènements. On disait "ILS ont arrêté Eichmann" et ça, ça avait marqué, où Nuremberg n'avait été qu'un (gros) pet dans les toilettes du voisin ; – "Ne salissez pas chez moi, c'est propret." En revanche, face au grisâtre de la guerre et à la francisque encore sur les piécettes, les timbres-postes que tout garçonnet collectionnait étaient gaiement colorés, et promettaient Banania et l'Afrique équatoriale et…
– Les rêves. Les fantasmes primaires hors sexe des mioches dont le Bien assis faisait partie avec sa fratrie, et quel lecteur de Pif le chien, de Vaillant ou de l'homologue Cœur Vaillant ne raffolait-il pas de philatélie, alors ? – À celui qui aurait le plus épais album ! Les échanges allaient bon train et un beau timbre pouvait justifier, au troc, l'ajout d'un "Je te donne ça en plus" : une image pas pieuse, un magazine déjà cochon ou sa photo centrale pinacle de garçon en transformation et on interprètera l'évocation.
Ils avaient quand même souvent entendu leur mère notifier : "Votre père aime ses enfants !" Cette élémentaire phrase lui octroi pardon sur nombre méchancetés qu'elle a pu dire sur lui. Comme elle sortait ces mots déjà durant sa vie, ils font poids de sincérité, ils signifient que tout en lançant son venin, à l'instant, quelque part, la moralité veillait à tempérer sa haine. Sa hargne ;
…Son déplaisir de n'être que ce quelle était, puisque le pauvret en cause était resté pauvret, à son grand dam d'épouse. – Épouse ? Ce mot, elle l'ignorait. Il ne s'appliquait pas à elle. "Mon époux", "son épouse", "mon mari", décidément non ! Pas son langage. Trop policé. Elle était sa femme dans la splendeur (sourire en coin) de la femme assignée à un poste fixe sous connotation le pis avilie. Stricto sensu avec dépréciation autant biblique que de toutes les religiosités monothéistes : femme uniquement femelle pensée esclave au service de "son" homme. Du mâle : c'est-ce qu'elle aimait afficher, même si secrètement elle se savait supérieure parce que ça glorifie, de s'exhausser en se rapetissant, et décryptera qui en aura l'outil mental ! Du ressenti chez beaucoup des françaises d'après guerre, car après deux guerres hommes au front, en vérité, où elles avaient mené le monde dit libre à la baguette de leurs méninges rationnelles, elles entendaient bien continuer,
…On jouerait avec davantage de subtilité : c'est ça, l'Ève, l'Adam ayant un pourcentage plus ou moins important de son intelligence figé dans ses muscles et dans sa culotte. Obligation (sic) du Créateur.
Liés à ses frères comme il aurait pu l'être à de stricts contemporains, le Bien assis figurait fruit de terroirs peu dissemblables, pour finir : – qu'y chevauche sa destinée !
Tachons de rester dans un fil chronologique ; on excusera d'avance les retours impromptus où leurs avancées, icelles expliquant un précédent. Ce sont les ans, qui amènent la compréhension du fait terminé. Pas l'analyse du moment. Les souvenirs de chacun concernant ce qui est l'irrémédiable échu tournent autour de sa jeunesse, d'un travail borné de ses frontières sociales et de sentiments esquissés ou accomplis. Tout est relié. Nulle fraction, nulle portion ne peut avoir équivalence uniforme puisqu'un destin fait fi de logique ; c'est de l'imbriqué ou côte à côte.
AVIS : dans mon texte final des mots sont en italique. Mon doigt, dans ce premier jet, omet de bien CON-JUGER (conjuguer), souvent : on attend avant de crier ! Des redites seront revus, et des mots, évidemment, changés... Précisions pour les MÂLES (?!) embouchés.
Pendant que "Le Bien assis" repose, je reprends l'écriture d'un roman noir de chez noir entamé il y a plus d'une dizaine d'années. Ici vous en avez le début. L'ALLELUIA DU DIABLE L'histoire se passe aux alentours de Quimperlé. Je place dans mon blog quelques "bonnes feuilles" au fur et à mesure de mes (pas ultimes) corrections. Premier épisode
Oh non, à l'évidence Dominique Dé n'aurait pu reconnaître, là, un quelconque Pierre Lejeune ! Dans l'anonymat le plus complet, c'était LE véritable crieur professionnel, qui tenait tréteaux au centre du marché parcouru de long en large.
D'accord, il accusait une dizaine d'années de poids visibles sur ses épaules et surtout dans son dos, qu'il redressait conforme image projetée plein écran, tantôt ;
(À suivre.)
De fait, maintenant, outre des moustaches, il arborait une terne chevelure mi-longue sale, broussailleuse, mais lui, il la comptait chaque matin lisse, brune, brillante quasi laquée nature. Du reste, s'il y avait broussaille, en lui et pour lui c'était façon juvénile.
Un ado attardé ?
Un soixante-huitard à la traîne ? (À la dérive ?)
Méchantes langues/langues de putes !
…Et puis sous ce vent, avec ces giboulées de mars…
– Dominique, murmurèrent ses lèvres sans souffle, sans la force de sourdre de son gosier. De sa poitrine lourde et oppressée.
…De ses entrailles brutalement nouées à faire monter, au lieu du cri d'espérance souhaité, un goût de bile amère ;
Corrosive ?
Pas ici : ces jours avaient passé. LE jour n'était venu.
– Laisse ta voiture dans l'allée ! Avait lancé Dominique Dé de la fenêtre de sa cuisine, une petite heure auparavant.
L'interpellé, son mari Bernard, revenait du bureau avec leurs enfants, Gilles et Sandra. Il les avait repris au passage, comme d'habitude, à la sortie de l'école.
On ira faire un tour à la Foire des Vieilles après goûter, précisa l'attentionnée jeune mère. Ca leur plaira.
Sitôt une allégresse de fuser au milieu des embrassades et du mélange discours-moulin à paroles de l'aîné dans son nième épisode quotidien-scolaire : Jean-m'a-volé-mes billes, etc.
Routine.
Sandra, elle, immuable quant à ses ambitions, rêvait de son bol de chocolat agrémenté de… (Ne s'aviser d'un oubli !)
Égarée ou enfuie, l'égrillarde gouaille prioritaire de Pierre Lejeune. Sourire ? Esquisser un sourire ?
Oui, il se le dessina intérieurement, et en face on considéra un rictus mercantile : l'endroit et la fonction, n'est-ce pas ? De plus, on avait affaire, là, à une cellule soudée papa-gâteau, maman-très maîtresse du budget domestique, bambins-friands de tout…
Un devoir marchand. Le rituel du lieu construit deux classes antinomiques : l'une, cliente, donc d'essence supé-rieure (obligé), l'autre de ses vendeurs, de ses bonimenteurs (n'omettre d'appuyer sur "menteurs" !), de serveur-laquais,
– D'inférieurs !
"Dominique…"
Pas une amabilité de geste ni d'expression, à l'égard de ce forain désormais accaparé par une question, un colifichet brandi à l'autre bout du monde sous la rébarbative question : "Combien ?" suivie du tac au tac de "C'est marqué !"
"Ploucs ! Savent pas lire ?" Un état d'esprit, présentement : aucune envie d'entrer en marchandage !...
"Dominique…" Exit Bernard Dé et sa chère suite. Suite ? Oh que non ! En fait, c'est lui qui fermait la marche menée par la petite Sandra en charge de SES achats… (On connaît !) La coquine.
…Mais Dominique Dé tenait solidement les cordons de la bourse (dans les minuscules cervelles tentées, certes ; aussi derrière, tout derrière, chez quelqu'un de statique, de mélancolique, lequel observait s'échapper un reflet du bonheur, son passé trente secondes entrevu, – ses vingt ans surestimés.)
…Sandra revint cependant bras chargés de cadeaux, du baigneur qui dit pipi et bonjour, du landau adéquat, de…
– Pouvait-on moins ?
Gilles se contenta d'un magazine.
Selon un usage daté de six mois, la cadette était comblée de son moindre vœu, ou peu s'en faut.
De la jalousie chez son devancier ? Non.
Même s'il ignorait la féroce vérité.
Une règle appliquée sans discussion ; – quatre ans de différence d'âge, ça forge un homme ! On l'en avait accrédité une fois et c'était suffisant : à la puînée peluches et autres breloques chatoyantes, au Grand, avec majuscule tonique, un survêtement à son anniversaire et un livre sérieux.
De l'iniquité ? Pas une once ; seulement un drame en filigrane, méconnu de la société et de la plupart de leurs contemporains. Pourquoi en faire de la publicité : guérirait-elle plus vite ? – Car elle guérira !
…Une fillette si pleine d'entrain emportée avant son dixième anniversaire ? – Impossible ; – impensable, Docteur. – Dites ? – N'est-ce pas, Docteur ? "Nous verrons, Madame." Y compris la faculté ne saurait être exempte d'erreurs de diagnostic.
Bernard Dé "semblait décider", au Département prêt du premier établissement bancaire régional. Il y gagnait correctement sa vie : les avantages acquis des temps florissants et intouchables – vous avez dit treize mois de…? Quatorze ? Vous n'y êtes guère ! Et la prime de ?... En compensation.
L'après-midi, leur comptoir, modèle administratif, fermait à seize heure un quart et lui, il s'en éjectait pile quinze minutes après : réglé comme du papier à musique. Aussi pouvait-il récupérer ses héritiers en porcelaine à leur porte respective, divine providence néanmoins mal placée, ici, puisqu'elle aurait pu se faufiler à l'intérieur d'un petit cœur vicié "d'une difformité congénitale due à, etc." Un cheminement sans importance car demeurait un fait : une souffrance bientôt insupportable, donc on devra opérer.
De sa naissance à ses premiers pas on n'avait rien vu venir. Rien observé. Dorénavant ses dix ans seront le moment idéal ;
– Pourquoi attendre ?
– Mais… "Pourra-t-on attendre, madame !" Ni le père ni la mère n'avaient insisté et la polissonne semblait parfai-tement remise d'un "accident de parcours", l'irrationnelle pensée de tout parent borné confronté à la réalité. Qui ne les comprendrait ?
On n'en parlait plus. "Ne tentons pas le Diable !" Alléluia ; UN !
Tôt orphelin, élevé, si on ose le terme, par trente-six foyers d'accueil, cet homme ici père de famille connaissait le prix de l'amour, du sang ou acquis. Dès qu'il rencontra Dominique il fut d'abord prévenant, comme il l'était avec chacun, puis attachant, parce qu'il visait secrètement à une sorte d'équilibre viscéral, puis, assurément, fidèle – il avait tellement pleuré jusqu'à en être dégoûté, jusqu'à songer se sup-primer, qu'il n'aurait risqué perdre ce bonheur conquis de haute lutte afin de satisfaire…
Une couronne de laurier auprès d'un acoquinement de bistrot ou le gain d'une peccadille luxurieuse ?
Certes non ! Merci.
Il faut ne jamais avoir vécu seul, pour fantasmer sur la solitude comme bénédiction exhaustive ! Vivre seul dans son âme, s'entend. Ceux qui ont frères et sœurs, ou papa ou maman à défaut des deux en collégial confort, quand, même, ceux-là habitent LEUR appartement privé en célibataire endurci… Des hypocrites ! Des égoïstes ! Des fourbes, au regard du certifié abandonné.
Bernard Dé POSSÉDAIT une famille et sa famille LE possédait. Il n'aurait su étouffer autrui, il n'empêche qu'elle seule primait et zut !, aux obstacles du destin ! Un à un ils seraient éliminés. Écartés. Abattus ; balayés !
Foi d'Dédé ! (Diminutif offert à l'armée.)
Tuerait-il afin de rendre ou déjà de permettre vie à l'un des siens ? Question superflue. L'issue de leur drame n'était pas là ; il ne pouvait davantage offrir son propre souffle pour remplacer celui de son autre lui-même. Le demandait-on à quelqu'un ? Idée absurde. Une fatalité se combat-elle ? Oui ! Sa conviction profonde et il le prouverait !
À qui ? Il était modeste : à lui.
(Point le sujet de l'heure.)[...]
Les haïkus occidentaux de l'insuccube* Loïc ! (*Contraction de incube & succube : on percute ? Remarquez, zérocube m'irait aussi ! In=dedans & Cube=cauchemar ; Su=dessous & Cube=concubin)
Le plus court des temps est la vie
(LLD. 4 janvier 2011)
Veuilles mon cœur en larmes
Et arme ton chagrin, – deuil !
L'œil fait chœur, mes larmes…
(LLD. 25 avril 2010)
Las ! De temps en temps
Le temps doit presser son temps
Car temps n'est que temps
(LLD. 22 février 2010)
Qui peut ne me veut
- A l'enjeu nul n'est requis -
Qui veut ne m'émeut
(LLD. 11 octobre 2009)
L'égoïste bonheur
Sans honneur ni de liste
Hisse futur malheur…
(LLD. 18 août 2009)
Masse pendouillarde
Finit trifouillarde des tasses
Sas de trouillardes
(LLD. 31 mai 2009)
Ronronne l'escroc
Mes crocs ses fesses rondes
Je sonde et... - Accroc !
(LLD. 26 mai 2010)
Un con est un con
En tout pays de jeunes cons
Un con vieillit con
(LLD. 07 février 2009)
Qui était jeune con
Et vit parfaitement con
Finira vieux con
(LLD. 1er mai 2009)
Lorsque l'on naît con
Qu'on vit une vie de vrai con
Eh ben... On meurt con !
(LLD. Le 19 mai 2009)
Déclasser les cons
Ombres et amertume passées
Resucées du con
(LLD. 30 octobre 2009)
Être mort n'est rien
Sans souffrance et belle mort
Les morts dorment bien
(LLD. 21 juillet 2008)
Aux yeux bel appât
Mais au repas digne des cieux
Dieu ne s'expose pas
(LLD. 21 mai 2009)
Hais le solitaire
Qui jaloux de ton bonheur
Se tait ou se terre
(LLD. 07 décembre 2008)
Croire qu'on ne croit pas
Ne serait-ce pas croire, déjà,
Sans se croire appât ?
(LLD. 24 janvier 2009)
L'âme n'a point d'yeux
Car Dieu refuse sa face
Hors trépas, qu'aux cieux...
(LLD. 20 février 2009)
Mort, sa chair est morte !
Dorment ses pensées, - mais notre âme ?!
…Morte, toute trace du mort ?
(LLD. 16 avril 2009)
Pourquoi les malheurs
S'agrègent-ils et jamais
Nos rares bonheurs ?
(LLD. 22 février 2009)
L'homme a créé Dieu,
Non quelconque dieu, pour l'homme,
L'avenir radieux…
(LLD. 23 juillet 2010)
L'enfant souffre et meurt
…Et si Dieu n'aimait pas les hommes,
Ou qu'en sa demeure ?
(LLD. 19 avril 2009)
Viril dégarni
Nie être vieux con en péril,
Vilain décati...
(LLD. 10 avril 2009)
La fesse est lourde
Et sourde ! Sa grosse caisse !
(Les messes sont fourbes…)
(LLD. 2 mai 2009)
Aimer est facile
Habile savoir être aimé
Mais plus difficile
(LLD. 21 octobre 2009)
Au-delà ma mort
Je mords vos âmes d'ici-bas
Par delà tous morts
(LLD. 29 mars 2009)
Béatitude
Est prude pause sans bonheur
Simple quiétude
(LLD. 06 janvier 2008)
Vers bonne vengeance
Point d'ange ni que sonnent
Connes conséquences
(LLD. 13 février 2009)
Petit pisse copie
N'fera jamais œuvre pie ;
- Toute pie voleuse pille !
(LLD. 1er mars 2009)
Pensées feu rêvant
Au vent d'avent caressées
Brisées closent d'avant
(LLD. 27 mars 2009)
Les dunes sont rondes
Ma sonde cherche une lune
Rallume mes mondes...
(LLD. 25 juillet 2009)
À gros cul p'tit pet
(Notez : tout pet sort d'un cul !)
À p'tit cul gros pet
(LLD. 26 juillet 2009)
Les roses sont d'épines
Quand tapine et l'en arrose
Sus rose toute vile pine
(LLD. 11 mai 2009)
Épines de pins
Les pines ont faim ;
- Rapine, vil tapin !
(LLD. 21 juin 2008)
A duchesse, limier
Authentique pur esthète
Préfère jardinier !
(LLD. 11 juillet 2008)
Croassent corbeaux
Nabots juchés sur christ croix
Et qui s'y croient beaux
(LLD. 23 octobre 2008)
Tout corps pris entier
Ne fait vivre que sa tête
C'est fidèle rentier
(LLD. 22 janvier 2009)
Qui a acheté
SAIT combien il a payé,
Mais qui DOIT céder…
(LLD. 23 janvier 2009)
Susurré cul de poule
Il joue d'un sucré bonjour
D'antiquité cool
(LLD. 12 octobre 2008.)
Toute fin est échec
Sauf la mort à son heure
Même avec gros chèque
(LLD. 29 janvier 2009)
Tentons sustenter
Aux tétons nos suce-tonton
À tâtons. Hantés…
(LLD. 19 janvier 2009)
Ces divins devins
Qui en vain voudraient être
Nos devins divins
(LLD. 09 janvier 2009)
Un rai de soleil
L'essentiel réapparaît
Discret arc en ciel
(LLD. 11 janvier 2009)
Bonheur adoucit
Assis à chacun son heure
Malheur endurcit
(LLD. 2 novembre 2008)
Les emmerdements
Sont comme des aimants amers
Flots sur mer d'amants
(LLD. Premier novembre 2008)
Cent grammes pendouillaient
Osselets sous boudin basque
Mes dunes aux œillets
(LLD. 7 novembre 2008)
L'éphèbe courait
Où vieux nez flairait sa sève
Les fèves gonflaient
(LLD. 27 juin 2009)
Mumm… - Se substenter
Tenté par bon suce tonton
Et pine(s) sustentée(s)...
(LLD. 17 janvier 2009)
Aïe ! Un haïku !
Maculé et que d'la paille…
Ça fait mal au cul !
(LLD. 9 mai 2009)
La bite en avant
Bavant vile mayonnaise frite
Rite tapette rêvant
(LLD. 21 juin 2009)
Comment réchauffer
Faire triompher nos morts
Seulement sans fées ?
(LLD. 27 décembre 2008)
L'avenir radieux
Ne se dit qu'en plein soleil
Sous la pluie adieu
(LLD. 15 novembre 2008)
Pas laid visage
Petits ou gros traits, si brillent
Des rais de sage
(LLD. 16 novembre 2008)
Cœur crie de tout cœur !
- Jaloux et trahi sans cœur.
…Le cœur pleure son cœur…
(LLD. 3 novembre 2008)
Fuis Pandémonium
Bel hémione entier sous voiles
Qui veut l'harmonium
(LLD. 27 septembre 2008)
L'avenir des vieux
Ombre de regrets passés
Amertume ; les cieux.
(LLD. 28 juillet 2008)
Son œil est rageur
Chez qui peine sans veine
Et son doigt vengeur
(LLD. 20 septembre 2008)
Impatiente mort,
Puisque te défier est vain,
Garde-nous d'efforts !
(LLD. 1ier septembre 2008)
Indubitable
Demain n'est qu'hypothèse
Sauf l'imparable
(LLD. 21 août 2008)
Rides méchants ans
Amertume aux temps anciens
Ô, rêves d'antan.
(LLD. 14 juillet 2008)
Reprocher au temps
Entre berceau et tombeau
Où passe son temps
(LLD. 13 juillet 2008)
À l'œil crève de faim
Qu'importe le cul du destin
Toujours but et fin
(LLD. 04 décembre 2009)
La nostalgie-tic
Démange comme les tiques du chien
Toujours pathétique
(LLD. 28 décembre 2008)
File file, mon rouet
L'amour aussi se travaille
Ou casse ses jouets
(LLD. 20 juillet 2008)
"- Pardon... !?" dit l'intrus.
Bosquets d'invertis ; l'amourrrrrrr…
"- Voyeur d'malotru !"
(LLD. 1ier août 2008)
Non il n'est pas nouille
Qui sous les papouilles ronronne
Quoique ayant deux couilles
(LLD. 4 octobre 2008)
Bite fend la brise
Mer calmie vogue la galère
Roulis dégrise…
(LLD. 14 juillet 2008)
P'tit rat d'opéra :
Œil de chat vers entrechats
Band'ra sans aura
(LLD. 15 août 2008)
Instant du trépas
Qu'on craint trop long passage
Étant mort ou pas
(LLD. 01 octobre 2008)
N'est sot crève-la-faim
Qui feint s'éblouir d'oiseaux
À sauts d'aigrefin
(LLD. 17 janvier 2009)
A poutre en avant
Du mâle à satisfaire
Qu'importe trou devant
(LLD. 16 juillet 2008)
La gâche lève le pêne
Et qu'importe la serrure
L'envie va sans peine
(LLD. 22 juillet 2008)
Une queue qui bande
Ignore mâle femelle ou main,
Conscience friande !
(LLD. 22 juillet 2008)
Un oeil pas myope,
Les dunes creuses doux oyats
Culbute... Et hop !
(LLD. 19 juin 2008)
Dos courbé sous poids
- Des ans ou de la honte -
Propose p'tits pois...
(LLD. 06 juillet 2008)
La clef à papa
- Fripées serrures imprévues -
Non vous n'l'aurez pas !
(LLD. 07 juillet 2008)
Poils du cul blanc gris
Cherche mistigris de printemps
Pour couilles rabougries
(LLD. 17 juillet 2008)
Pédales aux pieds
Bésicles hardi bicycle
Sus ! Pédale qui sied…
(LLD. 12 juillet 2008)
Ondulent les dunes
L'air marin ouvre certaines faims
donc s'annulent les lunes
(LLD. 27 août 2008)
Ôte tes lunettes,
Gros ventre libidineux,
Et branlez, clochettes !
(LLD. 10 juillet 2008)
La vis veut visser
A chaque objet son objet
Le pis peut pisser
(LLD. 19 juillet 2008)
Sa bite me plaisait
Quand tout succès se débite
Où habite qui sait
(LLD. Le 22 septembre 2008)
Dix mouettes rieuses
Le farniente panse emplie
La tapette chieuse…
(LLD. 20 juin 2008)
Les pins sous le vent
Juste devant un lapin
L'tapin ! (- Comme avant...)
(LLD. 11 octobre 2008)
Bite boudin basque,
Cerises d'Itxassou pendouillent...
Mâle sans masque.
(LLD. 18 juin 2008)
Pruneau cuit ou cru ?
Pruneau cru ou pruneau cuit...
- V'lan ! La prune au cul !
(LLD. 22 juin 2008)
- Fez gland au vent !
Fesses d'odeurs de mâles
A fèces doux vent…
(LLD. 04 juillet 2008)
Branche pour sourcier
Où l'eau ? - Fore, bâton… Que d'eaux,
Baguette rassasiée !
(LLD. 30 juin 2008)
Effluves mâles…
Mâle sans femelle ? Tant pis :
- Ça n'te f'ra pas mal !
(LLD. 29 juin 2008)
Homme à lunettes,
Rondes ou pas ; longue ou courte
Aime la quéquette !
(LLD. 26 juin 2008)
Posté saint-Office
Le pli ne fait pas un pli
qui glisse, glisse...
(LLD. 25 juin 2008)
Ils quêtent soeur âme,
Qui arpentent les dunes ? Tsittt...
- Pourquoi pas d'une dame ?!
(LLD. Août 2008)
Cent paires d'yeux fripons
Langues bavent leurs vibrisses ;
- Un seul, mais à fond !
(LLD. 23 juin 2008)
Un champ de citrouilles,
Deux crapauds croassent leur chant,
S'fichant d'la grenouille...
(LLD. 22 juillet 2008)
Ventre gros devant
Qu'il rentre. Soupirs : hélas...
Fesses pendent au vent !
(LLD. 28 juin 2008)
Sa boutique ouverte
Sur étal odeurs de fesses
Une asperge verte
(LLD. 27 juillet 2008)
L'usage crée l'organe
Monte et monte gamme saccadée
Branlade donne orgasme
(LLD. 26 juillet 2008)
Les cigales craquètent
Sous les pins Georges et Marcel
P'tits vieux vertes quéquettes
(LLD. 30 juillet 2008)
Un chas d'aiguille.
- Entre ! gros fil pour p'tit trou,
Le chat roupille...
(LLD. 1ier août 2008)
Toujours en manque
Qu'il pleuve, vente, le jour la nuit
Pendent leurs langues…
(LLD. 3 août 2008)
Peut-elle encor plaire
Lame fend l'âme âme vive lame
Quête solitaire
(LLD. 18 août 2008)
L'un est dans l'autre
Cœurs font cœur deux âmes même chair
L'un brûle l'autre
(LLD. 19 août 2008)
Où fessier recule
Quand minaudent et traînent deux pieds
On martèle l'enclume
(LLD. 7 août 2008)
Envol de peaux flasques
Sous les taillis aux Cent marches
Muette Côte Basque
(LLD. 11 août 2008)
Les dunes rondes
Même avec fesses sans ondes
Façonnent notre monde
(LLD. 12 août 2008)
Le daguet/la mare
Dare dare vil œil aux aguets
Le vieux gay démarre
(LLD. 17 septembre 2008)
Le berger landais ?
Y'aurait plus laid à sucer
…Et quand ça lui plaît ?!
(LLD. 20 septembre 2008)
Les chênes liège ondulent
Dunes sable fin sous vert feuille
Mâles mi-mâles s'annulent
(LLD. 23 septembre 2008)
Rares cheveux au front
À son œil ni panse ni fesses
Lors… Pourquoi affront ?
(LLD. 21 septembre 2008)
Pal d'or sus avant
Que, ci-devant, on arbore,
Ignore sens du vent.
(LLD. 25 septembre 2008)
Dieu que nous sommes moches
Nue loche loin de nos vingt ans
Et qui court les roches
(LLD. 27 septembre 2008)
Quasi décombres
Masse d'ombres disjointes cul flasque
Fendu poils sombres
(LLD. 3 août 2008)
Le Ô c'te conne bouille
Par contrepet ou non vaut
Un Ô c'te bonne couille
(LLD. 3 octobre 2008)
Gros le cœur qui pleure
Invivable un cœur sans cœur
À Dieu cœur qui meurt
(LLD. 4 novembre 2008)
Thym coussin mauve
Sous fesses disjointes love
Et qui tressautent
(LLD. Mai 2008)
Le krach de la Bourse
Je bourre et bourre, et crachent
Crac boum hue, mes bourses !
(LLD. 10 octobre 2008)
La bourse dévisse
Quand vis-à-vis
Mes bourses sont vice
(LLD. 20 décembre 2008)
Deux petites misères,
Ensemble, font supportable
Grosse misère
(LLD. 18 avril 2010)
INSUCCUBE® est donc une marque déposée*, moralement et dorénavant. Le mot « incube » vient du latin et désigne « ce qui se couche dessus ». La « succube » est celle qui se couche dessous. L’incube est regardé comme le démon qui débauche les femmes, la succube débauche les hommes. On comprend la métaphore ?*Je plaisante. (Quoique ?)
Basho Matsuo (1644 – 1695) est connu comme le premier grand poète de l'histoire du haïku. Ses haïkus sont quelques fois un peu théâtraux, mais la plaisanterie, la mélancolie sont présentes, tout en rappelant la grandeur de la nature
et l’aspect éphémère de l’homme.
Un vieil étang
Une grenouille saute
Des sons d'eau
(Basho)
Rien ne dit
dans le chant de la cigale
qu'elle est près de sa fin
(Basho)
ADAM ET EVE ou Les chagrins de l'homme PROLOGUE
L'OUVRAGE INACHEVÉ
(Genèse ; suite…)
« Que la lumière soit ! » Et la lumière fut.
L'éclat, tôt tiré du néant, perçait les nues
(Son reste si sombre s'appellera la nuit).
– Premier jour ; la lueur de l'amas avait fui…
Il y eut un soir et il y eut un matin.
"– Au milieu du Miroir il faut un firmament :
Ce sera le ciel, et qu'il sépare les eaux ;
Qu'il y ait celles d'en bas qu'il y ait celles d'en-haut."
Dieu vit que cela était bien comme éléments.
Il y eut un soir et il y eut un matin.
Alors le Créateur, dans la moitié noyée,
Dressa en un seul lieu ce que l'on dénomme terres :
"– Les plantes s'ensèmeront, ordinaires fruitiers…"
Par ce troisième éclair Dieu fit aussi la mer.
Il y eut un soir et il y eut un matin.
Dieu dit encor : "– Que chaque moment en chaque année,
D'un luminaire sous la voûte soit jalonné :
Majeur pour gouverner la vue, et quant aux nuits
Moindre, car l'obscur du repos sera l'appui."
Il y eut un soir et il y eut un matin.
"– Monstres marins, entre tourbillonnantes eaux,
Devront proliférer, à l'exemple vivant ;
L'atmosphère averti s'ébattra de l'oiseau…"
Avec cette décision vint tout sauvage mouvant.
Il y eut un soir et il y eut un matin.
Sixième volonté : "– Que le sable fourmille,
Selon leur espèce, de fauves, bétail, reptiles ;
– Que l'humain né, d'une vraie intelligence brille,
Afin de se nourrir qu'il fasse ses mains habiles !"
Il y eut un soir et il y eut un matin.
Homme et femme, gent ailée, poissons et couleuvres,
L'air, les monts voulus et son peuplement bénis,
Dieu, au septième jour, chôma de ses œuvres,
L'ensemble formant genèse où rien ne s'y renie !
Il y eut un soir et il y eut un matin.
"…Un souffle tiède s'exhale de la bouche divine" ; faible d'abord, cette bouffée s'amplifia à devenir tempête.
Était-ce d'ennui, par attrait de nouveauté,
– Ou un complément à l'idée originale ?
Nul ne le saura jamais qui s'interroge d'ici-bas.
Une de ces gouttelettes…
"Trouble le ciel sans fin sa masse gluante et roule l'infini" ; – aucun but ni d'attaches à l'amas informe au hasard d'espaces hors d'âme. S'écoulèrent des longueurs incalculables, puis vint l'instant de la volonté phénoménale ;
– Dieu veut ? Eh bien soit !
…Alors, ce magma de s'agiter d'une construction d'intelligences : l'éther visqueux rapprocha, à ne pouvoir jamais les désunir, durant des siècles et des siècles – en un jour ; pour des siècles et des siècles (– jusqu'à la fin des temps ?), l'origine des énergies folles miroitant feux, chaleur et lumière, d'un astre recouvert de liquide.
…Alors ce dernier d'engloutir comme escarbilles d'incontestables gouttes vitales parfaites, l'émulation nécessaire à la vie.
D'une considérable distance, la forme insatisfaite, en soubresauts terrifiants, manœuvrée par l'Inspiration, s'accommodait aux environs de l'incandescence. Peu à peu l'idée se stabilisait au lointain rayonnant et sa puissance attractive était telle !
– Qu'elle ne pouvait s'en échapper !
Le Grand Œuvre, secoué de bourrasques gigantesques, s'équilibrait d'une belle rotondité. En son milieu se produisait, sous l'effet d'une saine touffeur, les prodigieuses mutations du Vouloir. L'eau s'évaporait en nuages qui dégageaient un rocher nu. Ce qui sera pour un temps Indiqué la Terre avait ralenti sa folle cavale ; modérée, se décomptait sa force. À bon écart du brasier déposé au cœur de l'empyrée afin qu'elle fût sève, pour qu'en tout point de sa surface ses températures soient à peu près constantes, la planète régularisait sa rotation : un jour s'imposa sitôt symbole franc, dans l'absolue ponctualité d'un mouvement précis. Un an s'écoulait entre chaque retour à une position nette, accompli une ellipse invariable autour de l'aiguillon du vivant, le Soleil.
(Diront les hommes.)
Au moment où s'effectuait sa stabilité dans l'immense galaxie peu passive, son parement se transformait. Tandis que n'existe encore le jour, l'unité de mesure, du sein des éléments naissaient les terres, sorties de la mer, le ciel, né de la séparation des eaux d'en bas de celles d'en-haut,
La Vie.
"– Mais aucun ordre des choses n'est intervenu qui soit Réflexion suprême." Sur la terre échauffée virevoltait une bourrasque de vigueurs façonnées aux fortunes de l'éternité,
– En sept jours !
Une voussure se distinguait où allait cheminer cet archétype source d'envies devenu la Terre, et alternait entre deux obscurités nocturnes la clarté.
(Je commence ce 26 octobre, la correction de cet ouvrage de 450 pages pour l'heure. Premières lignes en 1978 à Seignosse. Landes. - J'en ai pour tout l'hiver ! je ne pense pas que je posterais ici quelques feuilles... Mais sait-on jamais et de toute manière, qui ça pourrait intéresser ?)
Mon roman "Gay-policier/osé, mais pas vulgaire" selon l'insuccube Loïc, votre serviteur, LE PHARE, aux Editions JetLag/why Not sorti juin 2007 ISBN 978 2 35388 005 8. Résumé et entame ici : http://ledoeuffloic.spaces.live.com/ 20€ chacun de mes livres, on échange nos coordonnées à "contact". ALICE AUX CENT MERVEILLES est en lecture chez Editeurs Jeunesse (pour lecteurs de 8/12 ans). Symphonie des jouets :