20/08/2008Haïku du jour, par l'insuccube* Loïc.Mes haïkus*
L'un est dans l'autre
Cœurs font cœur deux âmes même chair
L'un brûle l'autre
(LLD. 19 août 2008.)
15/08/2008D'Anne qui partout jette sa neige...
LA BONNE NOUVELLE
Ô saisons, ô châteaux,
Quelle âme est sans défauts ?
RIMBAUD
Avant qu'on ne vienne à Lourdes prier devant une grotte sanctifiée, il y eut une autre grotte, pauvre étable en ce temps-là ;
- Étable de pauvres.
C'était événement, ce soir. Partout on s'apprêtait à fêter, sous fraternelles agapes et chacun à la mesure de sa fortune, la plus longue nuit de l'année, celle qui annonce des lendemains davantage de lumières ;
Mais ciel ! comme il y faisait froid, avec ce vent qui chassait les nuées jusqu'à couvrir la terre entière de mille milliers d'étoiles scintillantes à l'envi ; - et ces gens qui tenaient à faire concurrence à telle légère vêture d'en haut par autant de feux, ici-bas…
L'homme marchait, harassé et dos arrondi à force de tirer un besogneux équipage pitoyable dans son train pesant, sa femme enflée, enflée de peine et de souffrance : - de peine à voir son compagnon affolé d'ignorer où lui offrir gîte convenable ; - d'une infinie souffrance en songeant à son petit tout à l’heure pénétrant la vie par son bout le plus vil, le plus méprisable, l'indifférence de ses semblables !
Ici on riait, chantait et dansait et n'avait certes le temps d'écouter cet hère probablement en quête d'aumône ; à trois pas, bien qu'apaisée, la maison s'avérait déjà emplie à n'en plus pouvoir et encore là les portes demeuraient obstinément closes, hors refus, assurément ;
- Hors refus ni promesse…
L'air rageur soufflait tant que heurtoir contre huis et nature bouleversée résonnaient mêmement : ainsi personne n'entendait.
Un cri ? Appeler ?
Qui et pourquoi…?
Une femelle se montrait grosse…
- Fi ! Passe ton chemin, père imprévoyant ! Ne vois-tu qu'en ces lieux on est heureux et sait compter (surtout) ?
Tu sus ensemencer ton champ : il te regarde - et toi seulement, quand bien même ta femme deviendrait mère du monde - qu'un sentier y mène et soit bordé de talus pierreux, puisque les nôtres le sont tous, sous leurs buis bien taillés et agrémentés de roses sans épines (et pourtant, quelque part existerait-il des roses dépourvues d'épines, race sévère et privée à la minute d'une pareille pensée de la mémoire collective d'hier et d'avant-hier ?).
Une pierre bouge ; un chien, loin et présent à la fois, hurle : les loups s'approcheraient-ils, ayant déserté la plaine glacée pour les chaleurs artificielles et si agréables du village ?
"- Allez ! viens donc, bourrique ! Un dernier effort et je te promets aimable picotin."
La nuit auparavant, deux étoiles s'étaient frôlés, et un œil curieux aurait pu les imaginer un bref instant happées jusqu'à composer un fabuleux luminaire.
Illusion.
A travers les nuages, toutefois, et des lunaisons loin avant, fréquemment on avait observé des pluies d'étincelles parfaitement groupées à l'instar d'une empenne de flèche ;
Phénomènes vite ordinaires et ne gagnant à conversation.
"- Je t'en prie, paysan : une soupe afin de réchauffer mon épouse et une balle d'avoine, en loyale récompense, pour notre grisonne si généreuse et si brave ! Je te payerais d'une corvée un jour, la semaine entière au besoin - mais je t'implore : un bol fumant, de l'herbe grasse et un endroit protégé du méchant hiver ;
N'aurais-tu obligation toi-même d’une progéniture faible ?"
"- Marie; Marie… je n'ai ni pain ni bouillon à te proposer, juste un coin d'étable où te porter. Cela te convient-il ?"
"- Ce sera amplement suffisant ; Joseph. Creuse le dessous des vaches et tapisses-en le fond de paille. Prends ma riche melote et récupère, d'autour de ces moutons, leurs bourres de laine tiède. Rapproche de l'ensemble un peu de ce fumier qui dégage ses saines vapeurs. N'hésite pas ; pense à l’enfant en dressant une épaisse muraille de litière sèche.
Parfait. Maintenant dépose-moi au bord de ce creux, au flanc d'une maîtresse brebis couchée, car je m'appuierai sur elle qui me tiendra confortablement douillette durant la délivrance."
Sans un mot, abruti serviteur, l'homme exécutait ces demandes raisonnées, somme toute satisfait en son for intérieur de ne devoir réfléchir. Puis il entendit :
"- Sors ; Joseph. J'ai assez de poignées de cet excellent duvet à ma disposition. Nourris correctement notre ânesse et dès que je te l'ordonnerai trait-là et apporte-moi son lait : j'en nettoierai le nouveau-né au sortir de mes entrailles.
Va, Joseph, et ne t'inquiète jamais de mes cris ; - ils seront cris de joie, cris de liberté, malgré ce qui te semblera."
Là-haut, depuis beau temps, une gerbe sans comparaison gravissait l'empyrée à l'apogée duquel le couple d'étoiles précédentes s'enlaçaient, l'une l'autre, dans l’unité absolue ;
Quelqu'un les remarquait-il, ces éléments de feu qui au lointain se rejoignaient ?… et tandis que Marie poussait, poussait, investie de son premier travail ; - unique pour l'Histoire.
Dehors, Joseph sautillait afin de ne donner prise aux atroces froidures, néanmoins qu'il parvenait à arracher ici quatre herbes vertes et ailleurs quelques feuilles oubliées du charme dont les bêtes raffolent, et l'indispensable compagne à l'échine basse mangeait, se reposait, et redévorait au gré du destin.
Son maître venait, à la fin de leur long voyage, de vendre son ânon - cruelle nécessité à l'évidence révélatrice de résolution divine, parce que ces faits autorisaient l'espérance d'une traite salutaire.
Un esprit calculait : on devrait peu, un infime dédommagement en échange de l'asile. Un paiement de nourriture ? On ne leur en avait guère servie : "Une journée de sueur sera bon règlement", supputait le père s'interdisant ainsi d'estimer trop étroitement les plaintes maternelles devinées non d'extase physique, sûrement, toutefois fruits d'un bonheur insigne…
Était-ce un sanglot plus fort que ses pleurs précurseurs, et un appel à l'aide, qui le sortirent de ses torpeurs patientes ? Vif éclair il se dessinait dans l'embrasure de l'entrée rudimentaire d’où il entendit, doucement, comme du fond des âges :
"- Voilà ; Joseph… Tire un bon filet de lait pour que j'en lave mon fils."
Qui déchirait le firmament attentionné la comète faisait cortège aux deux étoiles fondues ;
" On aurait cru une gigantesque langue de feu interminable !"
" A mon avis c'était un morceau du Soleil !"
" Moi, je crois que nous avons assisté à une gigantesque bataille entre les astres…"
" Ne dansaient-ils une sarabande, - à notre image ?!"
Les langues se déliaient et se perdaient en folles conjectures ; - certains n'osèrent-ils pas suggérer que les actes d'Un tel, la mauvaise façon d'autrui…
"…Et si le ciel avait manifesté un quelconque mécontentement général ?
Une conscience hardie avança :
"- Pourquoi, simplement, la voûte céleste n'aurait-elle pas voulu signaler un événement extraordinaire dont elle aurait été privilégié témoin ?"
"- Une catastrophe ?"
"- Et si elle avait tenté de nous prévenir de l'insatisfaction des cieux face aux agissements de quelques-uns ? Dire leur déplaisir ?"
"- Dire leur déplaisir…!?"
"- Annoncer la famine ?!"
"- Une condamnation immanente…"
"- …En tout cas nous promettre de noirs lendemains…"
La foule unanime rétorquait par avance au teneur du glaive de justice.
Tandis que, selon l'habitude des hommes, on se lamentait sur d'éternelles questions suivies de leurs éternelles et connues réponses, sans beaucoup écouter les sages, l'Emmanuel, entre ses deux parents sitôt enrichis de cette nouvelle Présence, prenait son chemin ;
Discret. Oublié la bonne nouvelle : encore ne se reconnaissait l'angélus.
06/08/2008Une nouvelle de "Notre-père du suce-pénis".
La réserve du réservoir
Dans ces bois-ci, mondialgayment connu par tous ceux de notre sainte confrérie qui parcourent de long en large la Côte landaise, il y a un réservoir d'eau CFI (contre incendie forestier), lequel fait office de giratoire au centre d'une clairière passablement empruntée. On s'y planque derrière en voiture ou non, et aussi on peut poursuivre sur son sentier caché qui mène au bord d'un étang à marais. Le coin des hérons. Un abreuvoir à chevreuils et jardin aquatique pour nénuphars et autres massettes ; - bref ! Un paysage des plus reposants. Des plus tranquilles : un paradis à pédés avec buissons intimes et minuscules aires de baise !
Bien entendu en été ou le dimanche "ça" tourne et on y tourne, et parfois on s'y installe une heure. Où on attend et on patiente.
Des cyclistes anonymes peuvent débouler des dunes couvertes de chênes et de pins ; des promeneurs à pieds s'y égarent, et sans crier gare surprennent parfois des scènes, ou sont surpris d'une scène. A la rigueur les plus intrépides (assoiffés ou pervers) espèrent y dévier quelques uns de leur chemin… moral.
…Sa voiture stationnait depuis une heure et il avait eu tout le loisir de faire le tour du point d'eau. Le désert quant à sa fréquentation humaine et le calme du sous-bois. Un bouquin porno dans sa boite à gants, pour ne pas trop voir traînailler une fin d'après midi. Autour, les frondes gigantesques des fougères. Au fond des ajoncs en fleurs jaune et les genêts : la forêt d'Aquitaine façon automne.
…Et vraiment le désert, hormis deux poules d'eau et un poisson égaré ;
Ah ! Et un couple de faisans !
Il ouvrit sa braguette et se palucha d'une main. Sa vitre légèrement abaissée permettait un souffle d'air et évitait la buée. Les bites valsaient devant ses yeux, sur le papier glacé. Son doigt chercha vers plus bas son accès privé. Toujours personne à l'horizon. Il se pinçait les seins et ses pages tourbillonnaient…
Une tête l'observait à l'arrière d'un tronc de pin. A dix mètres à peine. Incognito encore et fait pour l'incognito : un vieux moche comme il en existe. Un vieux comme on les évite et qui a droit à l'épithète con. Un moche que l'on insupporte.
…Et il le savait, qui ne se montrait guère !
Un vélo arriva. Le jeune conducteur le vit. L'homme joua l'indifférent et fit le tour de l'étang. Un non-initié ? Ce serait étonnant. Pas là : il y a d'autres mares !
Derrière son volant on était au chaud, somme toute. On avait rajusté son pull sur ses formes en forme. Le sportif revint vers le chemin ; - du consommable !
De là à prendre froid ? Et il était si bien.
Le cycliste s'arrêta et remarqua l'ancien. Un bonjour ? Un signe de tête sans doute. Les trois s'ignoraient. Ils temporisaient. Alors le cadet remonta son linge de corps doucement sur son ventre. Expectative et opportunisme : aucun des autres ne bougea.. Sur sa poitrine il fit glisser promptement, en artiste, tricot et dessus derrière son cou. Il souleva son bassin afin qu'on repère exactement le désinvolte de ses gestes. Il ne portait pas de slip et il ôta son pantalon après avoir reculé son siège au maximum.
Un couple de voyeurs voyaient.
Un couple de branleurs entamaient chacun sa branlette, l'un d'abord clandestinement derrière son arbre, l'autre plus licencieux à droite de la voiture. Celui enclos prit alors un gode dans son sac et le porta à sa bouche. Pour l'humecter. Sa langue disait promesses. Sa bouche était caresses et ses lèvres avalaient…
Et ses lèvres avalaient !
Il creusa sa main en conque et y cracha abondamment. Il plaqua cette paume entre ses fesses et par là on vit la mousse mousser avant qu'un index disparaisse en lents mouvements de va et vient. Ses pieds repoussaient le plateau du tableau de bord.
L' olisbos prit sa place quand des tétons pointaient dessous une langue de gourgandine qui gourmandait ses lèvres. Puis l'homme se retourna pour se placer à quatre pattes sur son fauteuil au dossier mi rabattu. Il offrit ses fesses au ciel, aux quatre yeux, à la nature, avec sa tige plantée !
…Son gros pis de vache mâle était raide. En haut et près de son ventre, dans ses poils frisés bruns trépidaient ses encollées balles de golf.
Sur l'instrument sans vie une gâchette. Vite un bruit/un frisson.
Le vieillard regardait et sa bave s'écoulait. Le cycliste le scrutait et sa bouche haletait.
L'instrument de torture ôté, l'œillet rose fut écrasé contre le pare-brise ; le derrière en offrande frottait la vitre comme pour la nettoyer. Pour les exciter. Le gros membre était proche des deux hommes prêts à le saisir, si n'avait été cette frontière transparente.
Les balles de golf étaient bien des testicules. Une goutte perla de sa replète mamelle. Le bermuda du randonneur tomba à ses pieds pendant qu'il éjaculait sur l'essuie glace tandis que l'autre bavait et bavait…
"- Gendarmerie nationale ; messieurs ! Vos papiers ?!"
LLD.
28/07/2008Suis-je un ringard ? (Mes sornettes du lundi, des dunes de Labenne.)Suite...
Dans ces billets j'écris selon mon humeur mes "ringardises". Elles sont nombreuses et je ne souhaite PAS de commentaires. Ce que je dis est ce que je pense et je n'ai pas besoin de l'avis d'autrui. (Ni qu'on discute du sexe des anges !) ********** ?
Depuis le temps qu'on en parle, force est d'admettre que Dieu existe !
- Sous quelle forme règne-t-il serait la seule question qui vaille :
…Domine-t-il tel un p'tit bonhomme omniscient et omniprésent, invisible aux yeux mais présent dans l'âme, et gère-t-il le monde de ses hauteurs avec ses semblables* ?
…Ou forme-t-il la masse des pensées humaines, l'émanation amalgamée des êtres doués de raison, des bons et des méchants ?
- Donc…
Donc il serait davantage bon que méchant, à l'image des hommes ?! - Et aussi ne peut être que présent de par les vivants. Pas grâce aux morts, car jusqu'où faudrait-il reculer : l'homme préhistorique "n'aurait-il pas eu droit à Dieu ?"
(Avec un zeste de mal. Obligé. Mathématique : pour nous tester ?)
* La Bible : "l'homme est devenu comme l'un d'entre-NOUS..." Genèse 3/22. 22/07/2008D'Anne qui partout jette sa neige...Sortie fin août Un recueil de Nouvelles d'un Grand Sud-Ouest. (pas homo) Je n'ai rien contre le "compte d'auteur", mais non, mes bouquins ne sont pas édités à "compte d'auteur", sauf mon premier roman où oui, j'y reconnais bien volontiers les lourdeurs d'un prétentieux premier roman. J'essaie de me corriger. C'est en forgeant, etc. Ah oui, j'ai obtenu une médaille d'argent internationale à... Ma vanité, je vous dis !
18/06/2008J'me mets aux haïkus !Les haïkus occidentaux de l'insuccube* Loïc ! (*Contraction de incube & succube : on percute ? Remarquez, zérocube m'irait aussi ! In=dedans & Cube=cauchemar ; Su=dessous & Cube=concubin)
Être mort n'est rien
Sans souffrance et belle mort
Les morts dorment bien
(LLD. 21 juillet 2008)
Épines de pins
Les pines ont faim ;
- Rapine, vil tapin !
(LLD. 21 juin 2008.)
A duchesse, limier
Authentique pur esthète
Préfère jardinier !
(LLD. 11 juillet 2008.)
L'avenir des vieux
Ombre de regrets passés
Amertume ; les cieux.
(LLD. 28 juillet 2008.)
Rides méchants ans
Amertume aux temps anciens
Ô, rêves d'antan.
(LLD. 14 juillet 2008.)
Reprocher au temps
Entre berceau et tombeau
Où passe son temps
(LLD. 13 juillet 2008.)
File file, mon rouet
L'amour aussi se travaille
Ou casse ses jouets
(LLD. 20 juillet 2008.)
"- Pardon... !?" dit l'intrus.
Bosquets d'invertis ; l'amourrrrrrr…
"- Menteur, malotru !"
(LLD. 1ier août 2008.)
Bite fend la brise
Mer calmie vogue la galère
Roulis dégrise…
(LLD. 14 juillet 2008.)
P'tit rat d'opéra :
Œil de chat vers entrechats
Band'ra sans aura
(LLD. 15 août 2008.)
A poutre en avant
Du mâle à satisfaire
Fi ! Ope devant…
(LLD. 16 juillet 2008.)
La gâche lève le pêne
Et qu'importe la serrure
L'envie va sans peine
(LLD. 22 juillet 2008)
Une queue qui bande
Ignore mâle femelle ou main,
Conscience friande !
(LLD. 22 juillet 2008)
Un oeil pas myope,
Les dunes creuses doux oyats
Culbute... Et hop !
(LLD. 19 juin 2008.)
Dos courbé sous poids
- Des ans ou de la honte -
Propose p'tits pois...
(LLD. 06 juillet 2008.)
La clef à papa
- Fripées serrures imprévues -
Non vous n'l'aurez pas !
(LLD. 07 juillet 2008.)
Poils du cul blanc gris
Cherche mistigris de printemps
Pour couilles rabougries
(LLD. 17 juillet 2008.)
Pédales aux pieds
Bésicles hardi bicycle
Sus ! Pédale qui sied…
(LLD. 12 juillet 2008.)
Ôte tes lunettes,
Gros ventre libidineux,
Et branlez, clochettes !
(LLD. 10 juillet 2008.)
La vis veut visser
A chaque objet son objet
Le pis peut pisser
(LLD. 19 juillet 2008.)
Dix mouettes rieuses
Le farniente panse emplie
La tapette chieuse…
(LLD. 20 juin 2008.)
Bite boudin basque,
Cerises d'Itxassou pendouillent...
Mâle sans masque.
(LLD. 18 juin 2008.)
Pruneau cuit ou cru ?
Pruneau cru ou pruneau cuit...
- V'lan ! La prune au cul !
(LLD. 22 juin 2008.)
- Fez gland au vent !
Fesses d'odeurs de mâles
A fèces doux vent…
(LLD. 04 juillet 2008.)
Branche pour sourcier
Où l'eau ? - Fore, bâton… Que d'eaux,
Baguette rassasiée !
(LLD. 30 juin 2008.)
Effluves mâles…
Mâle sans femelle ? Tant pis :
- Ça n'te f'ra pas mal !
(LLD. 29 juin 2008.)
Homme à lunettes,
Rondes ou pas ; longue ou courte
Aime la quéquette !
(LLD. 26 juin 2008.)
Posté saint-Office
Le pli ne fait pas un pli
qui glisse, glisse...
(LLD. 25 juin 2008.)
Cent paires d'yeux fripons
Langues bavent vos vibrisses
Quand un seul siphon
(LLD. 23 juin 2008.)
Un champ de citrouilles,
Deux crapauds croassent leur chant,
S'fichant d'la grenouille...
(LLD. 22 juillet 2008.)
Ventre gros devant
Qu'il rentre. Soupirs : hélas...
Fesses pendent au vent !
(LLD. 28 juin 2008.)
Sa boutique ouverte
Sur étal odeurs de fesses
Une asperge verte
(LLD. 27 juillet 2008.)
L'usage crée l'organe
Monte et monte gamme saccadée
Branlade donne orgasme
(LLD. 26 juillet 2008.)
Les cigales craquètent
Sous les pins Georges et Marcel
P'tits vieux jeu d'arpette
(LLD. 30 juillet 2008.)
Un chas d'aiguille
Entre, gros fil pour p'tit trou
Le chat roupille
(LLD. 1ier août 2008.)
Toujours en manque
Qu'il pleuve, vente, le jour la nuit
Pendent leurs langues…
(LLD. 3 août 2008.)
Peut-elle encor plaire
Lame fend l'âme âme vive lame
Quête solitaire
(LLD. 18 août 2008.)
Où fessier recule
Quand minaudent et traînent deux pieds
On martèle l'enclume
(LLD. 7 août 2008.)
Envol de peaux flasques
Sous les taillis aux Cent marches
Muette Côte Basque
(LLD. 11 août 2008.)
INSUCCUBE* est donc une marque déposée, moralement et dorénavant.
-----------------------------------------------------------------
Basho Matsuo (1644 – 1695) est connu comme le premier grand poète de l'histoire du haïku. Ses haïkus sont quelques fois un peu théâtraux, mais la plaisanterie, la mélancolie sont présentes, tout en rappelant la grandeur de la nature
et l’aspect éphémère de l’homme.
Un vieil étang
Une grenouille saute
Des sons d'eau
(Basho)
Rien ne dit
dans le chant de la cigale
qu'elle est près de sa fin
(Basho)
15/06/2008Des dunes de Labenne...
Le p'tit Bit/pardon ! Bricoleur (Y'aurait matière à recueil de "Conseils aux Bitoleurs". A étudier. …Ma connerie est sans limite ?! Elle m'étonne même, parfois.) "-Hep, les co-pines ?! On ne séduit pas un bel et pur hétéro en lui affichant un ventrounet plat ou en dandidant façon grande folle son p'tit derche ! Ça c'est pour nos repas quotidiens !
- Le bel et fier hétéro qui se respecte ne vient chez nous que pour une chose : LA bonne petite pipe dont nous maîtrisons les secrets ! Et pour cause : nous connaissons l'engin-source. En principe on a le même, on en sait les tenants et aboutissants.
…Donc - avis de l'Expérience-je-me-présente ! On se passe discrètement, en croisant l'étalon en cause, le bout de sa langue sur sa lèvre supérieure, en égarant son doux regard-pas de bovin lubrique ailleurs : ne pas gêner. Ne pas provoquer. Si on plaît, n'vous tracassez pas, on vous le fera savoir et si, en plus, vous n'êtes pas trop con, vous sentirez dans votre poitrine affolée le boum boum de l'amourrrrrr…
(Euh... L'amour du sexe ; pas l'amour l'amour : ne pas confondre, quand même ! On garde les pieds sur terre et on prend ce qu'on nous donne. Et on s'en contente, mes chéris.)
Fugace...
Il courait sur le chemin derrière les dunes. 35 ans short noir torse nu. Quand il a surgi au centre de mes recherches d'un intérêt dans la flore d'alentour, j'ai esquissé MON sourire de circonstance. Esquissé : on sait ce qui est permis, à mon âge.
…Une plus qu'aimable grimace d'admiration, cependant, cette fois-ci.
Je me suis arrêté net en entendant mon cœur qui hésitait entre voir Naples et mourir et l'arrêt cardiaque qui nécessite hic et nunc du bouche à bouche et de SA bouche…
Je lui ai dit tout de go, car le chemin était étroit et que notre rencontre ne pouvait - ne devait - durer que le temps d'un éclair, pour moi, d'un curieux souvenir, pour lui : "Vous êtes sacrément beau et craquant !" Il a souri car c'est tout ce que pouvait lui permettre sa vie. On s'était compris. "Merci."
Adieu…
10/06/2008Une Nouvelle de mon nouveau recueil sur le Grand Sud-Ouest.D'Anne, qui partout jette sa neige... (Titre éponyme du Recueil)
D'ANNE
Qui lui jeta de la neige
Anne par jeu me jeta de la neige,
Que je croyais froide, certainement :
Mais c'était feu, l'expérience en ai-je,
Car embrasé je fus soudainement.
Puisque le feu loge secrètement
Dedans la neige, où trouverais-je place
Pour ne brûler point ? Anne, ta seule grâce
Éteindre peut le feu que je sens bien,
Non point par eau, par neige ni par glace,
Mais par sentir un peu pareil au mien.
CLÉMENT MAROT
La voisine avait fait son devoir en alertant la maréchaussée, et œuvre préparatoire à calomnie, à rumeur allusive surtout chez le chaland, en vérité. Deux heures après elle soupira, puis sortit sur le palier à regret non sans vérifier, l'œil soupçonneux, qu'elle était suivie des agents et du médecin.
A présent les faits étaient assurés d'un écho non pas national, certes, toutefois au minimum dans l'immeuble. Dans la rue ; dans les regards croisés chaque jour.
Elle le savait et il le savait : dans leur natal Barétous aussi.
Ils connaissaient leur monde, tous les deux, même s'ils n'étaient dans un même lit, sous même toit, que depuis six mois. Une forme d'atavisme propre à leur souche commune : leur village de paysans.
Ils n'étaient ensemble que depuis quelques mois, cependant, à leur vraie rencontre, ils étaient autant neufs l'un que l'autre ! Oh, évidemment, lui, lui il avait vérifié une ou deux fois, au préalable, s'il était conforme mâle, oui, ou plutôt ses compagnons l'avaient entraîné, un chaud samedi soir de printemps, à contrôler leurs possibilités à eux sous couvert de contrôler ses capacités à lui ou d'un tiers, prétexte de troufions libérables en goguette, à Mauléon, des fois que…
Pas elle.
Elle, elle était douce et n'avait vécu jusque là qu'une vie de fille humble et à peine jolie, juste assez jolie pour aider la boulangère du bourg haut béarnais de leur jeunesse sans réflexions ni dans un sens ni dans l'autre.
- Pas de réputation ;
- Ni doute ni d'allusion : une adolescence d'enfant de métayers honnêtes avec nombre frères et sœurs préparés honnêtement à l'existence des gens honnêtes. Et là-bas, entre les prairies et les bois, devant leur piémont, c'était devenu dur, et on y tenait Dieu ou son église un peu à l'écart. Un accord entre pères et grands-pères pouvait suffire d'accordailles. Les cérémonies… C'étaient beaucoup d'argent !
Un jour ils s'étaient plus intensément regardés et quelqu'un de leur entourage avait décidé qu'ils iraient vivre en ville "un couple d'années". Pour leur bonheur ou pour tester les avantages et inconvénients du couple ? L'idée saugrenue digne d'un citadin !? Pour expédier de salvateurs mandats, oui ! On voulait croire à une mauvaise passe et deux clans joignaient l'utile à l'agréable. Avant - avant ! Les pâturages étaient propriétés collectives et on pouvait vivre (petitement déjà) sous la réglementation des "montagnes générales". Il n'y avait de différence sociale grâce aux transhumances.
- Avant !
…Loin du confort on garde l'esprit serein, dans les terres où chacun fréquente son voisin le dimanche afin de faire communauté primaire, et on agit toujours franchement : "ON" les marierait avec flonflons en profitant d'une autre union - le cousin ou un frère. Une sœur. On trouverait.
Une telle fête d'épousailles à l'ancienne, marque sempiternelle et encore d'honnêteté à destination locale, au fin fond des campagnes, requiert moult moyens, du temps, d'immenses préparations, à l'échelle d'une simple famille.
De deux familles de simples ;
- Chez eux ça se saurait !
La porte à peine refermée, trois secondes de patience passée au crédit ou au débit de la société contemporaine, de la banlieue paloise où lui travaillait dans une manufacture, elle à la chaîne, ses doigts agrippés à la poignée, et il avait perdu son air interrogateur. Inquiet. Normal de tout pauvret face aux uniformes. Ayant assimilé les faits, leurs conséquences fatales, il ordonna d'un ton caverneux, inconnu y compris de lui-même, à la femme de se déshabiller. Son sourire habituel de retour au foyer était absent. Parti ; - d'ailleurs, se souvenait-il d'avoir été heureux auprès de ce personnage aujourd'hui jouet brisé par :
"Je relis votre déposition l'homme à ouvert la porte sans sonner j'ai cru que c'était mon ami qui rentrait de l'usine."
- D'accord ?
"Il m'a ordonnée de me taire et c'est ma voisine de palier qui venait emprunter du sucre qui nous a découverts.
- La déclaration du médecin : "Les traces bleues visibles sur le cou de la victime sont à l'évidence dues à une tentative de strangulation."
Était notée dans les esprits tant ce fut audible, une ultime phrase officielle imbue de docte suffisance, ne laissant aucun doute :
"Je lui conseille d'étudier avec son directeur de conscience…"
(Dans les années cinquante, la bure fréquente autour de Lourdes savait obliger à travestir. A faire "comme si…")
Son front ressortait front de brute butée. Son regard sans vie, tout rond, fixait son passé ou l'avenir : impossible de le savoir. De l'homme affectueux et comblé d'hier restait son œil bleu mais froid. Ses lèvres crispées. Une stature d'être humilié. Maigre. Amaigri de douleurs. Elle s'exécuta d'un tour de main et immédiatement ; en obéissant au coup de menton de son nouveau maître, elle s'allongea sur l'ancestrale table de bois à long tiroir de leur cuisine, caution obligée d'une vieille tante de Pau qui prêta également leur lit, un buffet…
Le plateau avait été promptement débarrassé de sa nappe de toile cirée. Il ouvrit le robinet d'eau chaude de leur vieille cuisinière à charbon, se ravisa et emplit à gros jets une bassine d'eau froide. Du dessous de l'évier il extirpa une éponge à peine propre : - la rincer ? Il n'y pensait pas. Délibérément ? Qui sait : l'instinct le commandait, un instinct bestial de loup à qui on a ravi sa louve dont des larmes d'impuissances fuyaient les yeux et où le sang avait quitté son corps.
A grands coups de récurage il nettoya ces chairs hier encore à lui seul. Pour lui seul, avait-il été décidé six mois avant. Devant témoins.
Sans douceur aucune il écarta les cuisses du cadavre bien malgré lui vivant et y enfonça son arme pleine d'eau. Maintenant c'était lui qui pleurait. Plus elle.
…Alors il prit une seconde bassine d'eau glaciale et la jeta sur sa femelle.
…Enfin il la serra dans ses bras. Enfin. Enfin il lui dit un mot aimable et le répéta, puisqu'elle ignorait sa parole.
Elle n'avait plus sa langue.
Il courut à leur chambre à coucher hier soir encore nid de tourtereaux, au secret de leurs deux âmes liées en un unique cœur, pour y chercher un drap, et il essuya vigoureusement sa propriété empruntée.
- Non ! Volée !
…Puis il repartit vers le lit et revint avec une couverture ; son travail était achevé. Il radoucit ses gestes.
Elle savait que désormais souillée, violée, toujours et à jamais il y aurait entre eux auparavant si satisfaits cet épisode affreux. Accidentel.
Immortalisé chez autrui et donc ineffaçable.
L'homme avait retrouvé ses couleurs. Ils n'étaient plus ni promis ni promise ; tout était consommé, finis rêves et projets. Il allait falloir pourrir et non plus se réaliser. Survivre à l'image d'autrui. Il poussa un profond soupir de bête blessée et sortit de la pièce, le poids du monde accroché à ses épaules. Elle prit sans hâte, au fond du tiroir, un couteau de boucher comme on en possède à la ferme, elle en coinça le manche et s'affala dessus. Sans bruit. Entre ses seins profanés.
LLD Labenne.
Éditions ÉDILIVRE APARIS
Collection Coup de coeur
ISBN : 978-2-35335-
Dépôt légal : Juin 2008
02/06/2008Un autre conte moralSuite...
Dans ces billets j'écris selon mon humeur mes "ringardises". Elles sont nombreuses et je ne souhaite PAS de commentaires. Ce que je dis est ce que je pense et je n'ai pas besoin de l'avis d'autrui. (Ni qu'on discute du sexe des anges !) **********
Un autre conte plus mondialiste :
Décret du Grand Ordonnateur : Le Seul, qui en a marre que les hommes se tapent dessus sans cesse. (Note de la rédaction : "l'était temps qu'il cesse de rêver, ç'ui-là !")
…Le cahier des charges de l'entité nommée ONU, dans le monde d'en bas, est aboli. Chaque pays dit riche, dans la gestion individuelle de ses habitants, doit s'occuper en exclusivité d'un autre pays dit pauvre, lui. Mais d'UN SEUL (vu dans une globalité intrinsèque et non de frontières de convenance) ! Ces pays se trouvent quasiment tous en Afrique et en Asie de l'ouest, plus quelques îlots vers les Caraïbes.
- Car il suffit ! de parsemer la Terre de grains qui ne germent que dans la poche d'autoproclamés "guides de la nation" sans conscience et uniquement préoccupés de leurs prébendes. Des personnages uniquement imbus d'eux-mêmes, ce que les "grands dirigeants-commerçants" savent et admettent trop facilement, du reste.
…C'est donc principalement là qu'il faut mettre de l'ordre ! Bien entendu, lors des catastrophes et qu'elles que soient leurs genres, les peuples peuvent toujours se cotiser pour soulager de démunis ponctuels…
Les grands pays en surface &/ou en population, à l'orée, mais toujours en deçà de leur propre satisfaction matérielle (qu'ils cessent de se mêler des histoires d'autrui !), se contentent du bonheur de leurs nationaux : la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique, la Russie qui a encore besoin d'un effort. Que ceux-là résolvent LEURS problèmes, d'abord, et après on verra : ils ont TOUT ce qu'il faut pour être nantis et affranchis. A charge pour eux de ne s'occuper que de leurs "fesses", comme dit le trivial bon sens populaire !
Nombre de pays de petites ou moyennes importances sont autonomes, genre Thaïlande, Argentine et autres Libye : ils ont les outils pour s'en sortir. Idem du Cambodge, du Pérou, du Panama et… Liste non exhaustive.
NB : - Beaucoup d'Etats sont artificiels. Leurs habitants n'ont pas le sentiment d'appartenir à une même nation. Ils sont composés de tribus à l'origine vaquant ici et là sur plusieurs territoires. Ou de clans. C'est l'envahisseur colonial, qui, au moment de partir, a imposer des frontières.
- "UN pays riche épaule UN pays pauvre" : un pays riche aide une population donnée laquelle peut exister entre quantité de frontières. Être disséminée. Exemple : Les Touaregs dépendent de 5 ou 6 gouvernements d'un même "terroir", les Pachtouns obéissent en principe à ces fonctionnaires-ci et à leur voisin ; Éthiopie, Erythrée et Somalie... trois patries à opposer et n'y inclure Djibouti ? L'ex Rhodésie aujourd'hui Zimbabwe est elle un pays, quand dans les siècles passés c'était un vaste empire qui allait jusqu'au Mozambique ?
- En voulant soi-disant soutenir tel Etat, puis tel autre, et encore un autre, les nations riches disséminent trop leur soutien, qui dès lors s'égare dans de nombreuses poches sans peser bien lourd, une fois divisé ! Il faut être précis. Ne pas vouloir faire le prétentieux dans sa générosité - avec l'argent des contribuables ! Au lieu de pleurer des larmes de crocodile sur la misère partout dans le monde, qu'on se contente chacun "de son pauvre". De ses pauvres, comme d'antan. La France donne "un coup de main" à Madagascar, Monaco à Haïti, Les Etats-Unis aux régions d'où vinrent leurs esclaves il y a quelques siècles, l'Italie à l'Ethiopie, l'Australie à un vaste pays pauvre d'Afrique, l'Espagne à, etc.
26/05/2008Un conte moralSuite...
**********
Dans ces billets j'écris selon mon humeur mes "ringardises". Elles sont nombreuses et je ne souhaite PAS de commentaires. Ce que je dis est ce que je pense et je n'ai pas besoin de l'avis d'autrui. (Ni qu'on discute du sexe des anges !)
********** Un conte "moral".
Tout citoyen* de cette merveilleuse monarchie républicaine depuis cinquante ans est assujetti à impôt sur le revenu, "imposition" POSITIVE ou NEGATIVE selon son cas ; nulle prestation* sociale n'alourdit inutilement la gestion de l'Etat où les fonctionnaires remplissent leur fonction sans avantage particulier. Tous ses habitants ont droits et devoirs équivalents car ils possèdent fort, ancrés en eux, le sentiment d'appartenir à une même et seule nation indivisible, donc tout ce qui les lie est empreint d'égalitarisme :
- Ainsi leur sécurité sociale est-elle universelle, sans querelles comptables d'économies de bouts de chandelles. Sans discussion, de la naissance à sa mort chacun est soigné pareillement, car dans ce pays hautement humaniste la meilleure santé possible des gens ressort objectif prioritaire, et c'est incontestablement ce qui les unis le plus intimement. Leur ciment fédérateur.
Il y fait sacrément bon vivre, chez ces grognons perpétuels !
- L'eau, l'électricité, la téléphonie et les carburants sont au même prix sur tout leur territoire, l'accès à 3 chaînes de télévision sans publicité (1 européenne, 1 nationale et 1 régionale) est assuré sans saugrenue taxe, surtout sur la possession d'un poste. Les routes et ouvrages d'art sont d'usage libre et gratuit. Les musées, leurs monuments et en règles générales tout ce qui a été construit avec le sang et la sueur de leurs ancêtres ne saurait être payant : ces anciens dont ils sont fiers ont déjà réglé la note, en Jacqueries, en révolutions, en guerres…
+++
Développement/Explications : Tout citoyen, tout au long de sa vie, de six mois avant sa naissance à trois mois après sa mort, a à sa disposition 500€ par mois. Il ne les gagne pas ? l'Etat les lui verse. Il les gagne, et ce minimum vital est hors déclaration, puis au-dessus il subit l'imposition progressive. Les parents gèrent ce qui est dévolu à leur enfant jusqu'à sa majorité, sous contrôles stricts ou discrets selon les cas : que certains n'abusent ! A partir de 3 enfants, un des parents peut élever sa progéniture et être rémunéré par l'Etat : un travail reconnu. Plus d'allocations d'aucune sorte et on y fait de belles économies de gestion, contrairement à certains cocoricos ! On a du bon sens et on fait tout pour inciter les gens à travailler, et, certes, il y a des profiteurs, des fainéants, des clochards ou des libres penseurs… Mais on y est pragmatiques et ceux-là sont quand même rétribués, y compris à rien faire ! Ainsi rien ne justifie plus les SDF, les crève-la-faim et autres marginaux, cependant on tente en permanence de les "redresser". On cherche à comprendre. On n'abandonne personne sur le chemin de sa vie. On notera d'ailleurs que ce pécule de base permet juste de se loger, se nourrir, et pas de vivre grand train !
+++
Pour info, en exemple : Une famille ordinaire de 4 personnes reçoit chaque mois d'employeurs ou de l'Etat 2000€, que les parents travaillent ou pas. L'accidenté et le malade inapte (famille, héritage et assurances jouant leur rôle comme partout), le parent qui élève ses enfants, - tous ceux-là ont le double du salaire de base.
Les charges sociales - surnommées ailleurs patronales ou salariales alors qu'elles sont TOUJOURS la sueur du travailleur - ; les charges sociales y sont fixées une fois pour toutes à 30% du salaire, et dans cette part la balance se fait entre ceci ou cela : leurs chers représentants du peuple décident d'une nouvelle taxe ? Ils s'arrangent DANS cette enveloppe définie une fois pour toutes ; - on veut créer ceci ou augmenter cela ? On diminue ceci ou cela et point final.
+++
* On occasionne des frais AVANT de naître et juste après sa mort.
* Des Allocations Familiales à l'APL en passant par le RMI, ASSEDIC, etc.
* Rien n'empêche l'individu de cotiser de lui-même à des caisses de chômage, de retraite, à n'importe quelle Assurance. C'est son affaire. C'est un pays libre et il y a des riches et des pauvres, seulement les pauvres ne sont jamais indigents. De même il y a des télévisions à péages, à publicité, communautaires…
- Ah oui! C'est un conte moral, alors :
AUCUN REPAS N'EST JAMAIS GRATUIT, et nulle part !
...Si vous ne payez pas quelque chose qui est affublée du mot "gratuit", c'est qu'autrui règle pour vous. Partout. Suite... **********
Merci.
On me laisse déblatérer et on me lit selon son goût, sans me répondre.
22/05/2008A mon père, mort il y a 30 ans...
Papa
Ta sueur fut le sang qui mugit toute veine,
Jamais nous ne la vîmes, cependant que ta peine ;
Dans ton robuste âge où nous n'avions vu pli
L'encre noire de nos deuils a jailli sur ta vie.
Arraché à la terre fut ton droit au bonheur ;
Tu bâtis à pleins bras, écartant sombres heures
Au vécu chaque jour pour l'espoir du demain
Où encor il fallait reconstruire de tes mains.
Nos cœurs pleurent et saignent ta mort sans pitié ;
Ton souvenir enveloppe nos larmes, en nous ;
Puisses-tu enfin connaître la paix, toi, supplicié,
Car elle seule - la mort - pouvait ployer tes genoux.
Vis-tu déjà si loin comme ta rose de tombe ?
Tu m'es pourtant présent et non aux catacombes…
Loïc
(Ecrit quelques jours après ; j'étais absent et je n'ai vu que la rose sur sa tombe...)
16/05/2008Souvenir travesti...La ballade des Samedis soirs,
Ou "Mission p'tit mâle"
Face à l'île plein sommeil sous vigile très fidèle,
Face aux vagues si friandes des rochers ou des heurts ;
Dans un vent soufflé large la nuit noire nous rappelle
Nos patiences d'incertains,
- Qu'importait ciel en pleurs !
Par la main l'une dans l'autre on regardait la mer,
Homme, la quémande humble du droit des pauvres hères,
Sachant qu'avant minuit on n'éteint ses instincts
Par spasmes sans partage... (La houle n'a qu'un chemin.)
…Puis les sanglots du temps coulaient larmes de bonheur
Dans les récifs-rempart, avec comme point d'honneur
Ni soupirs ni refus,
- Trop de joie fait tant peur !
Lors, quand l'incandescence levait son oeil sur Groix,
La pénombre bienfaisante abattait ses parois
Sur nos cœurs enlacés, et ramenait pavois...
LLD
(Route côtière de Guidel à Lorient)
11/05/2008SI TOUS LES RATS DU MONDE voulaient s'donner la patte...En correction (de 30.000 signes je dois réduire à 22.500. Rude et intéressante tâche ; c'est fait.) :
SI TOUS LES RATS DU MONDE
voulaient s'donner la patte…
L'homme a-t-il reçu son âme alors qu'il était encore animal, ou seulement quand il tuait déjà ses congénères avec une hache de pierre ?
[…] à moins que les animaux aient également une âme.
(OSCAR KISS MAERTH)
— Messieurs ; eu égard au thème gravissime dont nous…
Un brouhaha collégien ! Le Président s'était pourtant redressé, qui frappait fort son bureau du marteau du commissaire-priseur. Rien à faire ; il comptait manifestement peu. Insistance, aide des assesseurs ; enfin une trouée de silence.
— Mes chers collègues, recommença la voix convaincue de sa puissance de persuasion, on s'assied ; conservons à notre académie sa haute tenue habituelle ; l'heure est grave, mais je vous en conjure, soyez dignes ; on nous observe ! (les conversations privées avaient repris de plus belle, passé l'intermède)
- Écoutez au moins à qui je donne la parole !?
La salle suspendit sa houle verbale et gestuelle par curiosité : n'était-on là dans le but affirmé de connaître avis différents au sien propre ? Il convenait de se taire, d'offrir sa considération, si l'appelé était un compatriote…
- Au micro le délégué Cambodgien !
Applaudissements polis, bravos encourageants du banc asiate (pas de tous, on sait pourquoi) et les chefs de nombre Sommités présentes opinèrent du bonnet, cœur et raison de concert avec cette pensée reconnue perspicace et empreinte d'une manifeste sagacité.
— Honorés confrères mes amis, attaqua en langue universelle des rongeurs d'éminent parage le plénipotentiaire kampouchéen (la basse extraction, des gerbilles à l'ondatra, s'exprimant dans leurs idiomes de paroisse, il va de soi). Nous sommes indissolublement de la famille des muridés, accessoirement des cricétidés selon la classification scientifique ; un fait admis, toutefois quelques uns hésitant à concevoir Untel ne lui ressemblant guère, ou de loin, comme de sa souche… Futilité ! ces excès d'humeur ségrégationniste ! Tous, mulot des plaines à l'égal du rat d'égout, lemming boréal autant que campagnol, tous nous sommes confrontés à une priorité : survivre !
Le murmure s'était estompé jusqu'à devenir lourd mutisme. Rien ne sourdait des travées auparavant désinvoltes. Une paix et un calme pesant, morbide. On retenait son souffle, envahi du fol espoir que ce conférencier allait offrir une solution, de sa chaire éloquente, et en balayant d'un revers la difficulté ponctuelle. Du moins la relativiserait-il ?! Aussi le soupir fataliste de s'exhaler des gorges standards. Il faut dire que ce soliloqueur abordait avec justesse son monde ; on le reconnaissait tribun à l'occasion et maître consommé dans l'art de tenir sa galerie en haleine. Au Cambodge, à foison de patience, de compréhension sous un discret sourire jamais hautain, puis une élite capable de coups de foudre et à l'avenant de décisions surprenantes non moins que cruelles. Expectative. Les chuchoteries recouvrirent à nouveau la salle où les couinements décidaient de poursuivre :
- Chez nous, l'existence du rat noir devient infernale ; les Kmers meurent comme des mouches et ce serait manne divine, s'ils n'étaient efflanqués à n'entretenir un père et ses ratons : comment un chef de famille vertueux pourrait-il rassasier les siens d'un cadavre de trente kilos os compris ?! (acquiescement unanime) Notre contrariété ne vient pas d'une complexité à rejoindre leurs dépouilles : elles sont enterrées à fleur de sol ! On ne les brûle plus, évolution satisfaisante, et on ronge à l'aise leurs débris carnés ; des RESTES ! La question, compagnons, requiert l'exclusivité de l'actuelle réunion. Permettez, puisque Monsieur le Président me donne la parole dès l'ouverture du congrès, permettez-moi de vous rappeler notre dynamisme d'hier où tout était simple. Il y a dix ans nous pouvions transmettre à leur organisme moult maladies dont la gracieuse peste. (Des pattes antérieures se levèrent instantanément en gage d'accord, les jeunes s'extasiant des explications que d'augustes anciens, voisins de banc, communiquaient, bave d'envie en coins et vibrisses frétillantes au désir impalpable.) Le ravitaillement était assuré par des sujets sains, leur défunctation survenant vite, sans agonie préjudiciable aux chairs. La provende généreuse avait bon goût, gavée de riz. Maintenant, non seulement viande et graisse se raréfient, mais l'ensemble est fétide avant qu'on arrive. Intolérables conditions ! Notre race sera bientôt rayée des cartes…
L'entièreté communautaire dut admettre tel tableau pour sombre et pessimiste qu'il fût, davantage réel chaque jour. On secouait sa tête ; on se tortillait, mis à demeure du sinistre futur… Des auditeurs se levèrent afin d'interroger l'habile parleur quand ce dernier rajouta, imbu : d'abord nous serons leurs sosies décharnés, ensuite nous nous attaquerons, afin de nous perpétuer, aux animaux pourtant à l'identique sur la voie de leur anéantissement. (Le cri se fit violent sous l'effroi collectif percé par sa prémonition.) Le moment viendra où nous nous entre-dévorerons dans un seul but : vivre ! "Chacun pour soi" sera règle et le faible désarmé disparaîtra. Qu'adviendra-t-il quand ne croupiront plus sur terre que deux individus ? Eh bien ils se tueront mutuellement dans un combat fratricide ; et qui estimera avoir bénéfice d'une pareille tragédie ? L'inculte Adam qui n'a prescience que notre fin devancera la sienne d'une seconde à l'échelle cosmique.
Le malaise du public s'était mué en stupéfaction, face à la chute du discours. Un désaccord ? Maints museaux s'abaissaient : la vérité s'imposait et avait pris le pas sur les querelles interclans.
— Exact ! S'écria un sage jusque là peu attentif, au point de figurer vieillard endormi aux yeux des jeunes loups qui se moquaient sous cape d'un "vieux conseilleur préoccupé à condescendre sa leçon". Une carcasse d'impotent, mais une griffe vigoureuse et certes non dogmatique. - Oui, belle assemblée ! Tous, sommes poussières, hommes et bêtes. Le genre qui s'éteint ne fait que précéder son second, lequel prend sa place et ainsi de suite. La vie ne s'est pas installée en un jour et elle s'effacera à petite vitesse. En ce qui concerne l'humain, TOUT a toujours été lent. Mon petit-fils dirait : "Faut les doubler !" Ici-bas ils désavouent semblable prévision, en témoignent ces pseudo-progrès qui sonnent le glas de leur engeance "intelligente" ! Par essence nous sommes bêtes ; qu'eux se détruisent et ça les regarde ! Nous, nous nous devons de refuser être tributaires de l'avenir qu'ils se préparent ; songeons à la pérennité de l'espèce stricto sensu. Fasse que lors du drame final un soupçon de terre subsiste vierge d'êtres supérieurs, - les fats ! Enfin, puisqu'ils se sont attribué l'adjectif, allons-y de leur SUPERIORITE ! - vide d'humains et en conséquence hors nouvel holocauste. Décidons, sera-ce douloureux pour beaucoup ; âgé, je pense aux enfants de mes enfants.
Le représentant asiatique avait quitté sa place prépondérante et durant l'énoncé du franc verdict il s'était arrêté aux marches de l'estrade. Devant l'exténuation du vieillard il décida de la regravir d'où, s'emparant du micro, il lança :
— Vous savez, inexpérimentés amis réticents aux suggestions vénérables qu'ils considèrent d'un sénile outrancier paranoïaque (on remua au-delà de l'indispensable, parmi les contradicteurs visés) - ne niez pas, jeunes coqs ! Vous savez, continua le trait inquisiteur en s'adressant à la salle, énormément de fratries du Cambodge se sont expatriées en prenant place sur les Boats people, les embarcations de nos ennemis. Un précédent ; merci d'avoir autorisé ce commentaire, Monsieur le Président.
— Après cette conclusion éminemment éclairée, j'appelle le délégué des mulots, euh… de la corne d'Afrique ! Nous avons tous eu vent de ses tracas de transport jusqu'à cette bonne ville de Bombay ; - je profite de son déplacement pour remercier les muridés indiens, urbains en particulier, qui ont accompli un tour de force : avez-vous conscience, mes chers congénères, de notre confort ? Remémorez-vous les épineuses conditions de l'an passé où nous dûmes nous contenter d'un hangar perdu. Eux ont réussi la prouesse d'aménager à temps ces sous-sols d'un palais ! Notez-en l'organisation, ce barrage d'ordures qui obstrue l'entrée et rebutera les éventuels gêneurs de relents répulsifs, et avec l'assurance d'un ravitaillement intégral durant toute la session. Les issues de secours sont reliées aux égouts dont chaque grille de protection a été décelée et divers dortoirs, à l'intention de ceux qui prisent modérément nos boîtes de conserve vides, sont aménagés à l'abord des cloaques résiduels, leurs chemins d'accès ayant été judicieusement fléchés. Et cette délicate attention vers qui appréhendent mal l'écriture autochtone : au pied des tas de graines empoisonnées, les fameuses Mort aux rats de sinistre mémoire, un panonceau indique leur composition chimique. Les sujets immuns en consommeront et les autres rechercheront le monceau adéquat à leur assuétude. Des comités de vigilance se tiennent à votre disposition aux endroits clefs. On demande à s'exprimer ? Notre estimé invité est prêt et différents congressistes souhaitant revenir sur d'obsolètes résolutions…
— J'interviens afin d'élucider ce mystère, Monsieur le Président. On m'a fait savoir que les pays surindustrialisés écoulent dans ces nations à la traîne leurs stocks inutiles à vil prix, en profitant du manque de volonté politique inhérent aux états asservis pour y pratiquer des expérimentations bâtardes. Excusez l'expression.
— Cela nous instruit sur ces hétérogénéités. J'achève mon compliment interrompu… et vous en excuse volontiers ! Chers hôtes : félicitations ! (Acclamation suggérée ; un bravissimo de circonstance en direction du groupe indigène, debout, et d'aucuns qui rendent par-ci un geste de sympathie, par-là un sourire plus ou moins humble…) Le meneur du débat, sabrant une libre récréation de principe : - Je disais que l'envoyé d'Afrique avait été confronté à d'énormes périls : son bateau a sombré et c'est miracle, s'il put se cacher au fond d'une vedette de sauvetage ! Imaginez que les rescapés commençaient à se bâfrer entre eux ; découvert, nul doute qu'on aurait d'abord songé à lui pour la marmite, si je puis être trivial ! (Rires, à agiter les allées ; des queues frappaient le sol en cadence de satisfaction au bon mot. Atmosphère détendue : on ne doutait-on pas que la pire des communications était tombée comme un couperet qui aurait raté son condamné ! Ce président-là avait déjà beaucoup vécu de drames, il était chevronné dans l'art de maîtriser les foules et savait que rien de positif ni d'efficace ne saurait jaillir de l'appréhension, des contraintes mentales. Il connaissait ses classiques et devinait où prendre le moindre bon point populaire. Populiste, prétendaient des jaloux.) - Reprenons notre sérieux ; écoutons le message du rat des champs.
Un criaillement sentencieux et infatué à cause de l'épisode narré s'éleva au-dessus de la gigantesque cave :
— Ragondin à fourrure coté, tugotugo fouisseur argentin, campagnol rat d'eau, mulot mon frère ; - tous ! rat d'égout alias surmulot ou gerbille, hamster agréable admiré en cage et toi ! petite souris malicieuse sans t'oublier, lemming des grands froids…
— Eh !? 'Va pas énumérer les cinq cents espèces parentes, grognassa l'un. D'où il sort ? 'Se serait pas gourer de scène ? (Une parade d'agacement, face à l'envolée lyrique du rhéteur, de l'ennuyeux phraseur pressenti.)
— On raconte qu'il affectionne ces pastiches emphatiques !
— Un puits de science ! prétendit une loutre, de la branche des mustélidés à peine là à sa place. Versé dans les migrations de vos ancêtres aux seize/dix-septième siècles, intarissable dans la généalogie animale, il vous explique comment le surmulot a conquis le monde grâce au trafic maritime des années dix-huit cents, en éliminant peu à peu les rats noirs ; il saurait vous parler des heures de ce dit rat noir introduit en Europe occidentale grâce aux croisades chrétiennes, iceux infectant d'abord les Français, les Belges, les Anglais… Patience ; qu'il achève sa kyrielle de vétilles selon vous superfétatoires, et il sera constructif !
- Toi, ondatra dont on vole le nom afin de masquer force pauvres pelleteries… (Léger roulement du maillet présidentiel d'où une remontrance n'allait pas tarder… qui se fit doucereuse : ne point offusquer cet esprit remarquable hors ses détours stylistiques.)
— Mon ami mon ami ; nous sommes avides d'apprécier à sa juste valeur la nature de vos travaux dont on vante la profondeur.
— Généreux honneurs, Monsieur le Président ; vos amabilités m'embarrassent. J'aborderai donc au débotté l'essentiel du…
— Si c'est là sa façon d'être direct ?!/ — Chuttt…
— Frères, ici conviés à la réflexion et qui représentez tant de familles cachées de la face des hommes, ces détracteurs impies, sachez que sur la planète entière l'heure est cruciale ! Nous les mulots, les rats des champs, nous ne nous nourrissons ni de chair humaine ni animale, seulement de produits du sol bruts, et quelqu'un ignorerait-il l'ampleur de la sécheresse qui sévit partout en Afrique ? La plupart ont dû se rabattre sur les marécages et là, comme ailleurs le minimum vital ne peut plus être assuré ?! Les greniers sont vides ; comment subsister ? Bien entendu nos rates n'ont jamais été aussi prolifiques ! …Dès que l'individu souffre autrement que de maladies sporadiques il est conforme, reconnu et patati et patata - que les songes-creux se régalent !
La famine exciterait les sens, chez l'homme et chez la bête.
Fuir et traverser le canal de Suez à la nage ? Nous sommes si affaiblis ! Par les tunnels qui débouchent en villes ? On aurait tôt fait de signaler ces millions d'étriqués envahisseurs et les riverains s'en donneraient à coeur joie. Ça distrairait, ces chasses sauvages ! Je perçois d'ici l'hallali immonde et nous compte rôtis illico, si vous m'autorisez cette familiarité. Emigrer en bas ? Leur pugnacité, d'après des voyageurs (pause, détachement)… Leurs savants y auraient inventé l'abomination imparable : les GAZ !
Le mot fusait avec vigueur et aussitôt on cria son scepticisme, tandis qu'à-côté on renforçait l'affirmation de ses propres échos. Le Président se devait de tambouriner son courroux :
— Nous ne sommes pas à l'encan ! La parole reste à…[…]
— Vous souvenez-vous qu'au cours de notre congrès parisien il avait été décidé de limiter les naissances : où une pratique contraceptive fut-elle de mise ? Nulle part vous n'engendrez moins de quatre-vingt rejetons et dorénavant il est tard ; nous devons prendre des mesures draconiennes à la pérennisation de nos spécificités. On doit composer avec les circonstances ; - bref ! la conjoncture imposant sa loi, beaucoup mourront ! J'entends vos chuchotis… Faute d'avoir contenu vos progénitures… Concevez qu'un tel surnombre est inadmissible par les hommes et par la nature ! D'autres se réfugieront sous des cieux cléments, à l'exemple de nos aïeux rats noirs du douzième siècle, qui colonisèrent l'Europe et furent supplantés, six cents ans après, par les mulots en raison, sans doute, de leur résistance physiologique. - J'ai étudié le problème, secondé d'une commission représenta…
Un corps longiforme redressa sa superbe outragée et capta tous les regards. On pressentait contradiction. Devant ce remous de pantomime le Président interpella l'importun :
— Intempestive manifestation ! (Un adjoint du Bureau indiqua qu'il reconnaissait un mandataire des ondatras américains.)
— Une loutre d'Hudson ? Cavalières manières ; si vous insistez. (L'agitation se faisait confuse, des travées d'où promettaient de partir l'invective ; à l'évidence on était prêt à déployer soutien au courageux empêcheur de tourner en rond !)
— Je comprends le déplaisir de l'estimé MAîîTRE devant mon interruption surtout au début de son envolée prédicative (immédiatement la société d'attendre les palabres habituels à ce genre d'occurrence, l'intervenant ayant jeté avec son timbre le coup de menton méprisant qui sied à l'objecteur) ; mais les mustélidés étaient sous-représentés !
— Y-avait longtemps ! Grommela derrière ses dents le Président confronté à l'excessive condamnatoire césure.
— Notre valeur marchande aux yeux cupides nous confèrent tout de même titre ! Comment avez-vous l'insanité de nous comparer à un videur de poubelles et suggérer…
— Racisme ! Le conférencier recouvrait vite son verbe. Trouvez-vous l'endroit adéquat à oser soutenir une certaine ascendance du meilleur aloi, jeune orgueilleux !? Cessez votre diversion et contenez vos affidés qui ne trompent personne ! (intonation offusquée aux créneaux, l'orateur sentait le mouvement de foule favorable) Parce qu'une veine vous aurait octroyé pelage recherché vous ne seriez rats ordinaires ? Vous n'avez rang élevé que par hasard, oui, et attribué à la guise d'une caste d'élégantes ! Quant à argumenter d'un intellect… Ni un travail supérieur ne semble pouvoir vous honorer et au contraire : vos congénères citadins besognent autrement ! Vous, vous vous laissez vivre benoîtement quand la majorité déchirent, rongent et grignotent nuit et jour afin de subsister : honte à vous d'être si peu solidaires et pis qu'humain ! Ressaisissez-vous en rejoignant la conscience fédérative équitable où seule une large réflexion peut nous sauver. Martelez-vous l'esprit que vous ne figurez sur les tablettes du monde que RAT et vous le serez éternellement ! Qui ignorerait qu'on conteste aux chasseurs leur cruauté ? Bientôt plus une fourrure ne proviendra d'un animal sacrifié à unique fin vestimentaire et ce sera une évolution ;
Nonobstant… On vous respectera ? On vous laissera atteindre la taille adulte, commerciale, comme maintenant ? Ne vous leurrez pas et tenez ! précieux visons : aussitôt qu'ils découvriront que vous êtes rongeurs prolifiques et en plus putois, ils vous déclareront nuisibles selon leurs règles…
— Chapitre clos ! Clama sèchement le Président à l'intention du rebelle. Asseyez-vous et on se tait, autour ! Excuses acceptées ; je rends la parole à notre collègue qui, j'en suis persuadé, aura été impartial dans la composition de son équipe.
— Je vous sais gré du compliment, Monsieur le Président ; je comprends d'autant mal ce reproche qu…/— Mon ami mon ami, pas de soufre supplémentaire : reprenez votre exposé.
Raclements de gorge ; déglutition de l'amical rappel à l'ordre non dénué d'autorité, et le représentant somalien de continuer :
— Il se dégage des avis recueillis auprès des experts de la commission ad hoc laquelle, je tiens à le souligner, était re…/ (Coup du marteau simili ivoire percutant. Fulgurant. Expressif et clair du mécontentement tutélaire. Trois mouches s'envolèrent. On retenait sa respiration car n'importe quoi pouvait arriver : l'esclandre annonciateur de la faillite d'une tenue irréprochable maintes et maintes fois réclamée, aussi celle de la réunion.)
Le surmulot en vedette, quoique piqué au vif, se calma, ayant obligation de s'y résoudre : l'enjeu dépassait les luttes intestines. (Il convenait de démontrer sa raison prépondérante.)
— Envisageons une stratégie à l'échelle planétaire. La masse, plus fragilisée de facto, se repliera sur les pays en voie de développement : il serait suicidaire de ne considérer que la nourriture que gaspillent les riches démocraties ! Si elles possèdent des subsistances copieuses à pouvoir couvrir nos besoins globaux, elles détiennent aussi des armes implacables. Barbares.
Ah… Si nous découvrions une étendue où nul ne crève de faim, nous aménagerions sur le champ un plan de conquête ! …Bien que, désormais, rien dans le monde ne semble irrémissible acquis définitif ! Nous ne pouvons extrapoler d'une émancipation totale de notre espèce : ne rêvons pas. Nous serions malhabiles à subvenir, frustrés d'hommes, aux incommensurables besoins de nos parentèles ; en sus, n'ayant d'irrédentisme à faire valoir…
Davantage nous ne retiendrons les états instables : Cambodge, Vietnam, Laos, dont on vient de parler d'une manière éloquente, non plus que les régions subdésertiques, l'Inde surpeuplée où on n'hésite guère à nous manger, oui ! beaucoup, de cette race vantée prééminente consomment notre chair et pas fortuitement comme on l'a rapporté : nous y sommes chassés !
L'horreur empesait la salle de son manteau improbateur, d'une colère irrépressible. Plusieurs hoquetaient de dégoût (l'épisode narré auparavant avait été digéré parce qu'occasionnel et ici on parlait coutume, moeurs). Silence total. Taciturne ? Non. Gêné : que faire face à pareille sauvagerie !?
Malgré tout, sachez qu'ils sont en majorité squelettiques, là-bas ; nous nous sommes interrogés de savoir si ces sous-hommes ne nous transmettaient pas leurs maladies ! Le monde à l'envers et l'idée mériterait examen…
— Alors, lança du fond d'une allée un obscur. - Où aller?
— …Contrôlez votre impétuosité. Altier dans son effet d'annonce et pénétré de sa mission, le minuscule mammifère au regard des événements piailla, en syncopant sa fin de phrase : Un unique espace pourrait abriter nos espérances, gigantesque, le progrès civilisateur n'y ayant encore réalisé ses dégâts : LE-BRE-SIL !
De verbeuse et désordonnée la cohue devint grouillante. Aucune hésitation à se lever : le mot assurance vie était lâché et solde sans intérêt. On attendait tellement une direction de pensée, de rêves et de pensée. Enfin on avait une réponse et on se révélait comblés : certains d'une satisfaction jubilatoire, d'autres d'un désappointement audible. Peu et qu'importait : un but existait et on avait un sujet de conversations, de disputes et d'altercations. Qu'importait.
L'envolée des questions : "- Où ? - Pourquoi ? - C'est loin ? - Impossible de s'y rendre à la nage ?!" Le tumulte régnait derrière le bureau directorial à l'instar des travées, dans la troupe de surveillance attentive à l'ordre du jour, entre greffiers, secrétaires. Partout !
Un rat d'égout ou rat gris, vorace et géant, se penchait jusqu'à descendre interpeller un mulot. Un campagnol acquiesçait du museau : la proposition obtenait mieux qu'un succès d'estime - il convenait séance tenante de la faire sienne ! Et ce dernier d'employer son énergie à rallier l'indécis en remuant son moignon de queue poilue, superbement fournie comparée à l'appendice du rat noir son interlocuteur pourtant jalousé secrètement à cause de sa taille. De rage à dominer moralement, le rongeur du champ dressait sa courtaude saillie faciale, laquelle prolongeait à peine son corps ramassé mais tant pis ! il convaincrait, son amour-propre dut-il en souffrir !
Ailleurs on réfléchissait à l'objection potentielle qui valoriserait automatiquement son auteur, à l'interrogation insidieuse qui mettrait dans l'embarras…
L'éloquence hardie et son effet de surprise atténué (le Brésil, qui aurait songé à ces reculées sierras couvertes de forêts ?), l'opiniâtre ton entreprit d'expliciter son idée en dépit des interruptions cette fois à endurer. Inévitables :
— L'Amérique du Sud n'est pas trop populeuse, et compte tenu de sa superficie le Brésil correspond à ce que nous exigeons de la terre promise. On y cultive du maïs, de la canne à sucre ; ses métropoles sont ceinturées de bidonvilles commodes avec leurs décharges qui regorgent de nourriture. Détail non négligeable : les dépouilles des morts n'y subissent jamais la crémation.
On murmure qu'en périphérie tant de leur civilisation que d'une sorte de continuum existentiel on y pratique le sacrifice humain, avec des flots de sang frais. Des obstacles franchissables, mais d'abord gagner cet Eden. Eludons les complications : les Canadiens se maintiendront chez eux où ils possèdent les étendues sublimes du grand Nord, idem des Etats-uniens. Au Mexique persiste un risque de famine : qu'on s'y dissémine moitié vers les terres septentrionales, moitié, les plus déficients, s'éparpillant à proximité des frontières. La Bolivie, l'Argentine, ne semblent pas encore désagréables : misère sociale matérielle. La difficulté critique concerne les Européens et Africains - dans une moindre mesure l'Asiatique. Je suggère que l'Océanien demeure sur son île : nulle crainte pour demain. Russes, Chinois et Espagnols - liste non exhaustive - ne doivent pas bouger, rien n'y annonçant de péril d'après nos renseignements. L'Afrique : suffisamment de bateaux quittent ses ports, principalement du Libéria, à destination du Nouveau Monde : voyage résolu à l'intention des proches indigènes de la zone maritime. En nombre, malheureusement, les habitants de l'intérieur périront : guerres, famine, sécheresse. La Providence joue et leur taux de mortalité a toujours été élevé. Fatum de simple. Les orientaux du Kampuchéa, de Thaïlande, du Vietnam et des Corée fuiront en Chine et en Sibérie, selon des contingents, ou se dirigeront sur l'Iran, l'Afghanistan : les hommes s'y entretuent joyeusement au nom de Dieu miséricordieux. Du pain béni ! Pardon pour la platitude. En attendant une bonne source d'approvisionnement ; il y a de la place et à manger, d'autant que les Puissances leur fourniront de quoi clarifier leurs rangs. L'habitude : curieux être que l'homme.
J'en viens aux muridés français et allemands, de Suisse et en chiffre supérieur à tous ceux-là réunis, d'Italie. Distinguons les cas : - au Royaume Uni on appliquera le principe des vases communicants entre l'Eire dépeuplée et l'Angleterre à l'extrême. Les variétés de France et germaniques se paupérisent : que ces natifs-là prennent les navires en partance de Brest, d'Hambourg, ou qu'ils descendent sur l'Albanie où leurs possibilités d'accueil apparaissent correctes ; ou soit rejoignent afin de se les arroger les pourtours de la Mer Noire… Les Italiens partisans du farniente disparaîtront pour la plupart ; je les imagine épuisés à la pensée de devoir prendre la route.
La panacée ? Je rêve d'une entente entre rats des villes et rats des champs. - Ah ! si les campagnards acceptaient de ronger les cercueils des cimetières urbains, l'alimentation de leurs hôtes ne s'en trouverait-elle suffisante ? Et par retour les citadins, visitant prairies et bois, ne pourraient-ils y dévorer les prédateurs de leurs cousins? On partagerait l'épi et la charogne. Ne serait-ce bon augure exemplaire, une telle solidarité totale et affichée ? Je prétends qu'ainsi s'extérioriseraient les prémisses du redressement universel ! Mes amis : donnons-nous la patte, restructurons nos façons et usages ancestraux. Notre atavisme. Contrairement à une idée reçue l'avenir appartient aux travailleurs et d'ici à ce que les humains vérifient l'état des bières ensevelies…
LLD. 11 mai 2008.07/05/2008Suis-je un ringard ? (Mes sornettes du lundi, des dunes de Labenne.)Doit-on (se) cotiser pour comprendre
Dans ce billet j'écris - et rajoute selon mon humeur du lundi - mes "ringardises". Elles sont nombreuses et je ne souhaite PAS de commentaires. Ce que je dis est ce que je pense; je n'ai pas besoin de l'avis d'autrui mais j'accepte comme sous-titre : L'étalage de ma connerie ! **********- Ainsi suis-je pour la peine de mort (crime incontestable) ;
- Ainsi serais-je royaliste (on ferait des économies avec un roi des Français (PAS de France), une royauté élective directement ou par sondage, NON de sang, et pour inaugurer les chrysanthèmes UNIQUEMENT ! Je m'expliquerai.) ;
- Ainsi une Bretagne indépendante ne me gênerait pas le moins du monde (on a du pétrole...) ; et je me demande bien pourquoi il n'y a pas un département nommé "Pays Basque". Qui ça gênerait ? - Et pis ! Pourquoi le Mont saint-Michel ne reviendrait-il pas en Bretagne ? Hein ? J'vous l'demande : il suffirait ENCORE UNE FOIS de changer le côté de c'ptit cours d'eau de rien du tout qu'en fait qu'à sa tête ! (la dernière fois il y a... J'ai oublié. 150 ans environs je crois.)
- Ainsi suis-je contre l'IVG (de confort) ;
- Ainsi j'aime bien madame Boutin ;
- Ainsi les "OGM" m'indiffèrent ;
- Ainsi j'aime bien Arlette, mais que de bêtises ! Et Olivier, mais que de conneries : fasse le bon sens des gens que jamais il ne soit quelconque décisionnaire !
- Ainsi suis-je pour le "marché", évidemment ! AUCUN REPAS N'EST GRATUIT, ne le sera jamais ni nulle part !
- Ainsi suis-je inconstestablement pédé et "je m'y trouve bien" ;
- AINSI JE M'ASSUME, et il serait temps, à mon âge !
- Je déteste quand deux mecs ensemble jette du "mon mari", quand "mon compagnon" est si affectueux. Si tendre et ne prêtant pas le flanc à moquerie. Inutile de préciser que le féminin, dans ces bouches, m'horripile...
- Ainsi comme tout les "gens biens" ai-je le coeur à gauche et mon portefeuille à droite, près de mon bulletin de vote - disons plus à droite qu'à gauche. Presque au centre...
- Ainsi ai-je voté - donc !- pour Mitterrand, puisqu'il promettait de raser gratis, en ayant beaucoup apprécié Giscard, et de Gaulle et sa nièce très grande dame, aussi j'aime bien Jospin et aurait supporté Ségo sans rejeter notre Basque...
- Ainsi suis-je contre le mot "mariage" (je préfère "union" et le PACS me conviendrait définitivement s'il était l'égal A TOUS POINTS DE VUE du mariage des hétéros), concernant les homos, MAIS j'exige la stricte égalité des Droits et Devoirs du couple homo comme hétéro ;
- Ainsi lis-je la Bible et Le Coran, ainsi j'aime SAVOIR et ai-je du mal à comprendre qu'on puisse Croire... Et ainsi j'admire tant ceux qui ont la foi ! (Je voudrais être comme eux !) Et ainsi me dis-je que ceux qui croient ne sont pas tous bêtes ! Loin de là. Donc ? (Comment peut-on rêver résurrection dans les religions monothéistes, quand tout ce sang, ces pleurs et Auschwitz et Sabra et la traite des Noirs et la Sibérie et les enfants malades et, etc.)
**********Voilà donc ce que je vais développer face à ma conscience, et ici au fur et à mesure des idées qui reviendront sur mon clavier - car vous vous doutez bien que ces idées sont idées de toujours. Après réflexions ? Certainement. Et réflexions conscientes et inconscientes.
********** Au sujet d'un certain anniversaire D'habitude, l'accord "votif" (dans ce cas précis) valait le "oui" sonore devant m'sieur le maire, on était mariés. L'homme (l'élu auréolé de ses promesses) et la femme (ici les zeureux "couillons en gérance ?") étaient unis surtout pour un meilleur et éventuellement pour un peu de pire pour une infime minorité. Cette fois-ci force est de constater que sitôt SA première nuit "d'amour" nous étions cocus ! Il ne s'est pas marié avec nous (ses prédécesseurs, leurs femmes, elles faisaient parties d'eux, étaient dans le pack-bulletin de vote !)
On est déçus. Bafoués. Certains regrettent amèrement. D'autres se disent que c'est un feu de paille, qu'il va nous revenir ;
- Que c'est une amourette !
Il devait "marier la France" comme antan Marcel "mariait sa Jeannette". C'est coutume. (...Il semblerait aussi qu'il n'a pas épousé la Fonction; - à qui la faute ? Nous voulions un roi, comme d'hab', et nous avons eu un régent.)
********** L'ironie des "Guignols de l'info" m'indispose. Leur outrance envers notre Président honorablement élu qu'ils le veuillent ou non (ce qui leur semble vraiment indigeste) m'est difficilement supportable. Ils avaient l'égratignement plus élégant du temps de Mitterrand et de Chirac. Moins bête et méchant. Ils ont réussi il y a peu à rendre Ben Laden sympathique, à faire rire du mollah Omar, et selon eux on dirait que notre Président actuel est le pire des liberticides qu'on ait jamais eu !
Je pense qu'ils ont réussi à "casser" notre ministre de la Justice. Une question de mois, car ils ont mis le ver dans le fruit. Sur Hollande, pas mieux, en le faisant passer pour un benêt ! Et ils insistent, les bougres, en omettant qu'en face de leur lucarne on n'a pas nécessairement leur bagage intellectuel. Du discernement. Il m'étonne même -où du moins ne l'ai-je pas entendu - qu'ils n'aient pas encore fait rimer un nom de ministre avec "croix-de-feu", de triste mémoire.
…Evidemment je ris (jaune). Mais moi je sais faire la part des choses quand beaucoup disent, pensent, persiflent, "Il n'y a pas de fumée sans feu !" et ce qui est donc grave, c'est que leurs "bons mots" sont repris par des clairons en principe sérieux, des démagos, ainsi acceptés pour argent comptant par la masse. Le vulgum pécus.
"L'ironie est un développement anormal qui, comme celui des oies de Strasbourg, finit par tuer l'individu. Un sage". ********** Le péché n'existe pas dans la nature
Nulle part il n'est écrit qu'un prêtre doit être hétéro ou homo ou asexué ! Il peut avoir en esprit ce qu'il veut, l'essentiel DEVANT sa conscience étant de se maîtriser... et DE NE PAS PRATIQUER l'amour physique. Il est un homme du jour de sa naissance à sa mort, avec TOUTES les tares de ses semblables. Et quelques qualités : ni plus ni moins que les autres. Comme tous il a son libre arbitre, mais il n'a pas à dire qu'il n'est pas homo, davantage qu'il est hétéro ! (Les mots homosexuel ou hétérosexuel sont-ils écrits dans les livres qui font leurs droits ? Non. Par métaphore, peut-être. Interprétation. INTERPRETATION !)
Lisez bien ce que j'écris AVANT de le contester : c'est inattaquable !
**********
Je suis pour la peine de mort par humanité ! Pour que celui qui a perdu quelqu'un directement sous les mains du meurtrier bien défini ne souffre pas d'iniquité, à chaque fois qu'une rémanence lui ramènera l'être cher tué !
Hitler et Hussein ne méritait-il pas la mort ? Et Fourniret ne la mériterait-il pas ? (Crime incontestable/procès sans tâche.)
N'est-il pas paradoxal que de tels monstres soient entretenus par les contribuables/la famille de leurs victimes ? …Et n'est-il pas davantage leur appliquer une torture, à ces criminels, que de les garder en vie à perpétuité ?
…Mais, aussi, en contradiction et je l'admets, il m'habite que "ma" justice arbitraire serait de les tenir en cage éternellement afin qu'ils souffrent autant que leurs victimes !
La, ne serait-ce pure vengeance ? (Pour parfaire mes contradictions intestines : S'il y avait eu un référendum pour ou contre la peine de mort, j'aurais du fond de ma conscience voté POUR l'abolition... En espérant (?) que les autres disent non pour moi. Je suis sincère.)
**********L'Opinion n'éprouve pas d'empathie favorable envers les journalistes parce qu'eux-mêmes ne font pas de distinguo dans leur profession ! Quand on voit des fouille-merde, ceux assujettis aux stars du moment, être appelés journalistes en nous écrasant de la fatuité de leur témoignage sans intérêt, et qu'un reportage ou un journaliste a risqué sa peau afin de nous informer…
- Ça met mal à l'aise, car on ne peut pas s'empêcher de lier ces deux mondes, mentalement, et au détriment de celui qui est un Vrai journaliste quand même quelque part dans nos consciences.
**********Un conte "moral". Article entier/détail/explication
Tout citoyen* de cette merveilleuse monarchie républicaine depuis cinquante ans est assujetti à impôt sur le revenu, "imposition" POSITIVE ou NEGATIVE selon son cas ; nulle prestation* sociale n'alourdit inutilement la gestion de l'Etat où les fonctionnaires remplissent leur fonction sans avantage particulier. Tous ses habitants ont droits et devoirs équivalents car ils possèdent fort, ancrés en eux, le sentiment d'appartenir à une même et seule nation indivisible, donc tout ce qui les lie est empreint d'égalitarisme : - Ainsi leur sécurité sociale est-elle universelle, sans querelles comptables d'économies de bouts de chandelles. Sans discussion, de la naissance à sa mort chacun est soigné pareillement, car dans ce pays hautement humaniste la meilleure santé possible des gens ressort objectif prioritaire, et c'est incontestablement ce qui les unis le plus intimement. Leur ciment fédérateur. Il y fait sacrément bon vivre, chez ces grognons perpétuels ! - L'eau, l'électricité, la téléphonie et les carburants sont au même prix sur tout leur territoire, l'accès à 3 chaînes de télévision sans publicité (1 européenne, 1 nationale et 1 régionale) est assuré sans saugrenue taxe, surtout sur la possession d'un poste. Les routes et ouvrages d'art sont d'usage libre et gratuit. Les musées, leurs monuments et en règles générales tout ce qui a été construit avec le sang et la sueur de leurs ancêtres ne saurait être payant : ces anciens dont ils sont fiers ont déjà réglé la note, en Jacqueries, en révolutions, en guerres…
********** Un conte mondialiste...
Article entier/détail/explication Le cahier des charges de l'entité nommée ONU, dans le monde d'en bas, est aboli. Chaque pays dit riche, dans la gestion individuelle de ses habitants, doit s'occuper en exclusivité d'un autre pays dit pauvre, lui. Mais d'UN SEUL (vu dans une globalité intrinsèque et non de frontières de convenance) ! Ces pays se trouvent quasiment tous en Afrique et en Asie de l'ouest, plus quelques îlots vers les Caraïbes.
- Car il suffit ! de parsemer la Terre de grains qui ne germent que dans la poche d'autoproclamés "guides de la nation" sans conscience et uniquement préoccupés de leurs prébendes. Des personnages uniquement imbus d'eux-mêmes, ce que les "grands dirigeants-commerçants" savent et admettent trop facilement, du reste. ********** Mon conte du lundi 16 juin 2008
…Alors tous les dirigeants de ces pays amalgamés sans profonde conscience collective, mais avec des envies épidermiques de réussites économiques - de bonheur pour leurs peuples ? Beaucoup d'observateurs en doutent, lesquels, faciles critiques, sont TOUJOURS hors des frontières de ceux qu'ils jugent ;
…Alors ceux-là se réunirent, face au NON de gens simples, et décrétèrent : "On remet TOUT à plat et on repart de zéro. Ce qui existe, jusqu'à la date du référendum explicité ci-après, est gelé à son stade actuel. Dans chaque pays, le moindre citoyen en droit de voter est appelé, et obligatoirement, dans un an, et le même jour sur tout le territoire de la C.E. aujourd'hui définie, à dire si oui ou non il accepte ce cahier des charges titré "Constitution de la Communauté Européenne". La nation qui obtiendra une majorité de non sera de facto hors de cette C.E. et sans discussion aucune, y perdant prérogatives, avantages et désavantages : un tel Etat sera de fait à considérer pleinement étranger. Si, passé un laps de temps qui la regarde et elle seule uniquement, pareille nation exprime une envie de retour dans la Communauté, elle votera, à l'exemple de n'importe quelle autre candidate à cette entrée et si le oui l'emporte, elle acceptera l'entièreté de la dite Constitution sans passe-droit : fini les spécificités."
Ceci est valable pour TOUS les pays de la présente C.E., de la France à l'Irlande, en passant pour Malte ou… **********Oui ! Pourquoi ?!
Pourquoi être jaloux des riches devenus riches honnêtement ? Vous voudriez diviser leurs fortunes entre tous nombrés en millions ? A quoi cela avancerait-il quiconque, sinon à décourager l'ambition à vouloir davantage d'argent, certes, mais ce qui n'est que la fin du processus de l'ambition, ambition de chercher à faire prospérer quelque chose, une bonne idée généralement, qui au final - au final qui importe -, fait vivre quantité de gens lesquels, SANS cette bonne idée et ses fruits végèteraient. Point.
Il faut être sot, pour imaginer une seconde que ce qui compte, de par le monde entier, est résultat d'idées collectives ou de l'initiative d'un Etat. Toujours il y a eu des précurseurs en chair et en os ! Et après, souvent, selon les aléas de l'histoire ou des obligations dont on les a généreusement affublées, on leur a tout piqué. Cependant, toujours, à la base, il y a un bonhomme. L'Etat ne sait rien créer parce que l'Etat n'a pas simplement deux bras et une tête ! (Il n'est qu'un tiroir caisse.) L'Etat est un concept mauvais gérant, en plus ! C'est un garde-fou partout présent et nécessaire quand il est mené par des responsables dignes de leur mission : donc quand il encourage l'entreprise individuelle. En permettant l'enrichissement personnel ? Et alors.
…Pourquoi être jaloux des riches, dès lors qu'ils font vivre autrui qui, justement, élaborent des choses qui ne peuvent s'imaginer que pour les riches ! (Et qui n'existeraient pas autrement : ne vous leurrez pas.) **********
Hep ! Les mecs… Vous voulez toujours qu'on "fasse" ;
Vous êtes souvent des "y a qu'à", "y avait qu'à" et autres "y aura qu'à"…
- Mais quand "il y a", il faut bien défaire, souvent, pour refaire ou mieux faire !
(S'applique aux licenciements, aux usines qu'on ferme et aux usines qu'on crée, aux pôles d'attraction d'ici et aux pôles d'attraction d'ailleurs…)
Pourquoi le mieux serait-il toujours acquis ? Il faut tâter. Essayer. Se lancer. - Et parfois ça rate ! Parce que vous imaginez qu'un créateur, qu'un entrepreneur est fier et content de s'être cassé la gueule ? Et souvent en entraînant autrui et/ou en ayant coûté à la collectivité ?
…Qui ne saurait être satisfait que son affaire marche.
…Qui ne saurait être satisfait que son usine produit des bénéfices, autant pour assurer le quotidien de ses collaborateurs que pour "voir demain", et rétribuer justement l'argent investi par d'autres. De l'argent fréquemment, aussi, épargne de gens simples, même si dans des "Fonds". D'ailleurs, vous autres qui critiquez tant ceux qui délocalisent, d'où vient l'écran que vous regardez, votre voiture, les meubles pas chers de votre appart', etc. N'omettez jamais que y compris les tomates sans goût d'Espagne ou du Maroc, que vous venez d'acheter, auront condamné le paysan du coin, peut-être votre voisin et ami.
Début du billet
Merci.
On me laisse déblatérer et on me lit selon son goût, sans me répondre.
(MAIS on peut se dire sans se gratter le derrière : a-t'il raison ? ...Et on peut rajouter : il peut penser ce qu'il veut, c'est son droit, de même qu'il n'ait pas envie de débattre PARCE QUE ce qu'on lui dirait lui serait improductif. Autrement dit et plus simplement : on parlerait pour ne rien dire.)
05/05/2008Rue Notre père du suce-pénis (recueil de Nouvelles à paraître.) Fanch'Fanch'
Fanch' avait fait l'école maritime de Concarneau parce qu'il fallait bien finaliser son but professionnel. Il aurait préféré embarquer comme mousse, directement à l'instar de son père, mais aujourd'hui il faut connaître un minimum théorique du métier auquel on se destine, chez les pêcheurs comme partout.
Pourtant, l'école, ça n'était vraiment pas son fort.
La classe, bon, ça pouvait aller. C'est la pension, qui l'intéressait moins. A cause de mauvais souvenirs de gamins - mais maintenant, à quinze ans, il saurait se défendre !
- Oh non ! on ne lui ferait plus ramasser son savon, selon le leitmotiv de ces grands qui avaient dû voir trop de cinéma noir !
Du cinéma, du cinéma…
Quand ils s'étaient mis à plusieurs pour le maintenir à terre et lui pisser dessus, ils ne tournaient pas un film ! Ni même quand ce pétasson de Rogers avait assis ses grosses fesses sur son visage. Il avait d'ailleurs cru un instant qu'il allait avoir droit aussi à une défécation in situ.
Tout ça parce que la nuit précédente, dérangé dans le dortoir, il s'était rendu au cabinet passé minuit, et que pour ne réveiller personne, éviter de se faire remarquer, il n'avait pas actionné la chasse d'eau !
Faire l'innocent, à la gueulante du pion au petit matin lors de la découverte des odeurs et de ce qui allait avec ? Bien sur, il avait nié, et plus il s'enfonçait dans ses dénégations et plus il était évident qu'il s'avérait être LE coupable.
En sus il eut également sa bite de peinturlurée soigneusement au cirage, - le tableau du jour fut complet. Et cette rémanence durcie dans sa culotte à chaque fois que lui revenait à la cervelle la laborieuse séance de coloriage, avec ce faux camarade qui tirait sur son zob pour mieux l'enduire, et ce dit zob qui grossissait à vue d'œil dans la main étrangère : la honte ! Et les autres aussi, à poil sous la douche, ils riaient jaune ;
Pas pour rien que ce moment de relative torture fut abrégé !
…Et on ne se moqua pas tant.
Deux ans encore, il avait fréquenté le pensionnat ; deux ans d'appréhension. Deux ans de sphincters anaux serrés tous les soirs et pas par crainte qu'un vienne lui enfiler un doigt ou à savoir quoi ! Non non ; deux ans de selles irrégulières, un jour dix fois aux waters et autrement cinq jours sans rien qui veuille s'éjecter : on appelle ça des crises d'entérite.
Le dortoir de l'école de pêche fut sans problème. On avait affaire à de futurs marins. A de virtuels travailleurs : à des hommes. Même si tous n'avaient que seize/dix-huit ans, ils étaient matures. Des ados papa maman, certes, mais déjà de jeunes adultes qui parlaient plus filles, dans leurs moments de détente, que longueurs de triques ou couleur des poils de cul d'untel.
Fanch' avait vite été rasséréné en investissant cet internat… et aussi vite ses crises de diarrhée en alternance avec la constipation cessèrent.
Neuf mois de classe de mer et Fanch' sortait adoubé d'un diplôme. Une sorte de CAP de marin pêcheur. Premier embarquement. Quinze jours avec un équipage. Ils seraient sept dont un cuistot. Son rôle serait de donner la main partout où on le solliciterait. En cuisine, à la plonge, au lavage du pont et aux filets : le boulot ne manquerait pas.
Un blondin d'une trentaine d'années lui lança, par tradition : "Gaffe à ton p'tit derche aussi !" A quoi le pacha répondit du tac au tac : "Ferme ta gueule, Franck, sinon sac à terre, y en a marre de tes conneries." Amen. Une raison à la menace ?
Fanch' ignorait ce genre de passes d'armes entre techniciens, leur langage rituel. - Et qu'imaginer ?
Bien entendu Fanch' était déjà monté sur un bateau, mais bien entendu Fanch' n'était pas exempt de mal de mer : ça humanisait les gens, car peu y échappaient, marins d'un jour ou marins de toujours. On pissait aussi par-dessus bord, et ça, c'était de l'ordinaire, même si Franck s'arborait peu discret : pourquoi virevolter vers leur mousse pour assécher sa queue de congre, aux yeux de ce voyeur malgré lui ?!
De toute façon, pareille saynète fut vite relativisée par le spectacle du vieux matelot qui déféquait par-dessus bord, et la première fois c'est surprenant, une paire de fesses en joues de baudroie avec courte queue de lotte à pendouiller devant. Et n'oublier ses oursins de pics gris. "Du boëtte à maquereaux !" avait notifié l'ancien aux résultats de ses sonorisés efforts.
…Dans la cabine où ils dormaient par roulement, un soir - la deuxième ou troisième nuit -, alors que Fanch' revenait d'avoir porté du café au second, fidèle à son gouvernail, et que des deux autres couchettes retentissaient les ronflements d'usage, Franck héla l'apprenti. Seule une lampe tempête veillait. Le mâle vrai mâle était peu vêtu du haut, plus du tout au milieu et en bas sa couverture donnait ordre de compassion.
Son engin était vraiment énorme. "N'aie pas peur, avait dit le marin. J'suis pas pédé, mais elle est tellement grosse que j'ai du mal à me branler : tu veux bien le faire ?"
Et Fanch' l'avait fait. Appeler qui, à sa rescousse ? Et passer pour un mouchard ? Il avait pris l'obligation comme un bizutage, et ce n'était pas le pire qu'il ait eu à subir.
Après, du reste, Franck cessa d'exhiber ses privautés d'étalon pour se satisfaire au lit ou par-dessus le bastingage. Suite à une mauvaise prestation ? Non. Ses vœux secrets étaient exaucés. La bête était rassasiée et savait que, au cas où, elle aurait à sa discrétion…
- Et puis une vilaine réputation file cent noeuds, sur la mer !
Il n'empêche qu'une sorte de complicité silencieuse s'était installée entre les deux garçons, entre un benjamin et son aîné. Franck respectait presque les corvées du mousse. Ou plutôt, lui, il participa au balai-brosse sur le pont ; lors du rangement des caisses pleines de poiscailles à fond de cale il fut plus responsable. Moins brutal dans ses ordres.
Une nuit, mais cela Fanch' notre héros l'ignorait, alors qu'un inopiné besoin d'uriner l'avait saisi vers minuit, il avait quitté sa couchette, ses deux autres compagnons de cabine semblant dormir. A son âge, une envie de pisser nocturne, c'est la vessie qui pousse à fond du sang dans son bout de bois,
- Et ça pointe ! Une gaule junior…
Et ça pointait tellement, lui qui était le seul à mettre un pyjama pour dormir, que sa mince boutonnière le précédait en échappée d'un double décimètre !
Franck l'avait jugé en silhouette, sa juvénile force. Et à brefs coups de veuve poignet ! Solitairement. En pensant aux chairs fraîches interdites.
…Une autre nuit où ce dernier avait achevé son quart, et qu'il rentrait se reposer à son tour, peu avant l'aube, il observa un bon moment le mousse, dans son sommeil, drap toile de tente tendue sur un joyeux piquet. Une minute. Plusieurs minutes, il le reluqua avec ses yeux de chat. Avec son nez enflé qui s'était rapproché. Avec ses mains tressaillantes d'envie…
Le jour se levait et il ne se passa rien.
Puis une semaine de routine.
Le lendemain leur port d'attache.
A bord il y avait quelques bonnes bouteilles. Enfin… Bonnes, non, mais alcoolisées.
Au cours de la soirée, Franck et Fanch' furent désignés au service de garde. Fanch' était trop jeune pour avoir des responsabilités, toutefois, il fallait bien qu'il apprenne. Alors ce serait près de Franck. En ce temps-là on était moins sévère sur la gestion des ouvriers, en mer ou au cœur des chantiers terrestres. C'est le boulot qui comptait et qu'importait, si le maçon se désaltérait de mauvaise piquette au lieu d'eau claire, en construisant son pignon, et le navigateur de bières fortes, à son poste. Bien sûr, le pacha veillait à la tenue de l'équipage, mais diable !
- Ils rentraient au bercail, la marée était correcte, leurs godailles seraient satisfaisantes et c'était pas si fréquent !
La météo était bonne et la mer calmit ; on avait bloqué le gouvernail. Franck s'étalait heureux et Fanch' pas mécontent : ça y est, non seulement il s'avérait être un homme, mais aussi un pêcheur. Dans l'avenir assuré.
Une gorgée de rhum blanc. La lune les éclairait et demain sac à terre. Ils étaient bien, là, tous les deux. Ils étaient proches. Franck touchait la cuisse de Fanch' à chaque parole joyeuse. Ses doigts firent doux râteau, dans les cheveux du mousse. Le bruit du moteur masquait leurs rires. Ils étaient beaux ils étaient jeunes.
"J'ai chaud", avait dit Franck en ôtant son débardeur.
"C'est vrai qu'y a moins de vent", et Fanch' de l'imiter.
"On s'fout à poil ?" suggéra alors Franck.
"Mais si les autres arrivent…" avait répondu Fanch'.
En s'esclaffant ils se débarrassèrent de leurs trois hardes. Ils ne voguaient plus sur une coquille de noix, mais voulaient s'amuser dans les jeux de l'amour au milieu d'une île du paradis. Et seuls au monde. Et avec des corps réponses répondant…
"Si j't'attrape je t'encule !" avait menacé sans méchanceté Franck, pantalon à la main.
"Tu cours pas assez vite…" Et Fanch' s'enfuyait.
La mer ondulait et eux deux bataillaient.
Les mains au bastingage, les jambes bien écartées, par sa généreuse poupe offerte l'un permettait une langue, et caresses et baisers ; l'autre, proue fend la bise, y osait sa langue, et caresses et baisers. La houle se fit plus grosse et leurs envies si fortes ;
…Une vague fit tanguer le bateau et l'un préféra tenir dans ses griffes sa simple culotte quand l'autre eut la présence d'esprit de préférer la rambarde. On ne retrouva jamais le corps de Fanch', et personne ne s'interrogea sur le cul presque nu qui criait :
"- Un homme à la mer !" une main en porte-voix, les doigts de l'autre rebraguettant ses vêtements attrapés au vol…
(Fanch' a vraiment existé, c'était un ami d'enfance et il a "disparu en mer", comme on dit à la radio. Il avait 15 ans et il n'est pas certain que je romance beaucoup : je connais des marins.../Je connaissais "bien" Fanch'.) 04/04/2008De l'art... 
Les choses sont bonnes quand elles ont le goût de ce qu'elles sont.
(Gurnonsky, LE prince élu des gastronomes)
Maxime qui s'applique à tout ce qui est, au minimum, agréable.
Tout bonheur est un chef-d'oeuvre :
la moindre erreur le fausse,
la moindre hésitation l'altère,
la moindre lourdeur le dépare,
la moindre sottise l'abêtit.
(Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien.)
Ne pas confondre chef-d'oeuvre et oeuvre d'art.
(Chef-d'oeuvre=>chief=>caput=>tête.)
(Oeuvre=>uevre, ovre=>opérari : travailler. Opus : oeuvre, ouvrage.)
(Art=>ars,artis=>moyen, méthode.)
Toute oeuvre d'art doit réjouir au moins un des sens humains :
La vue (le plus facile à appréhender, le plus commun - on aime tout ce qui est beau !),
L'oreille (plaignons les sourds),
le palais,
Le nez.
Aussi le toucher, pour apprécier la beauté de la chose dans son objet, et alors c'est impossible sans l'ajout d'au minimum un des autres sens.
Autrement on peut nommer n'importe quoi "Oeuvre d'art".
On le peut, néanmoins en le soulignant, et ainsi a-t-on affaire à un résultat de paroles, pas de sens. (Donc hors intérêt purement esthétique, sinon marchand.)
En outre l'oeuvre d'art doit être le produit de la main de l'homme,
laquelle n'égalera jamais dame nature.
(Je ne peux comprendre qu'on puisse qualifier
d'oeuvre d'art : - le vide, - un tas d'excréments, - des bruits incohérents ou désorganisés, - des produits posés l'un à-côté de l'autre, dans une assiette, sans le mélange raffiné d'une cuisson ou d'un maniement profond et subtil.)
Une photographie est-elle une oeuvre d'art ?
...Si c'est le sujet qui est oeuvre d'art - quid de sa reproduction ?!
La photographie n'existe pas sans sujet. Une sculpture si. Un tableau si. Un bon plat cuisiné si. Un agréable parfum si. La photographie reproduit un existant, un existant qui peut être le produit d'une imagination. La photographie a toujours et obligatoirement un précédent intrinsèque. Elle n'est qu'un miroir. Un reflet. Elle ne peut ÊTRE, seule...
La photographie est "accidentelle".

24/03/2008"Mes" pâques...Le mirliton amoureux
Je me croyais impur à ne savoir aimer,
Je me jugeais granit impossible à briser ;
Sur mon cœur aucune âme ne pouvait essaimer
Ni fleur ni vrai amour - Il suffit ! des risées !
Mais, quand les genêts offrent son entrée au printemps
Là où les landes fanées de pâques sont couchées,
Je t'ai vu seul, plaisant… Et déjà je t'attends.
Près de moi un moineau me trisse sa nichée.
- A ma vie permission d'une larme à l'espoir ?
(Mes si proches chagrins seraient donc effacés
Par l'Éros qui tue, sans carquois flèches noires… ?)
...Et donc ainsi je traîne, raison outrepassée ;
- Folie douce folie, garde-moi d'escapade,
Offre-moi du bonheur au moins une, d'arcades...
 (Chapelle de LABENNE-Océan) 22/03/2008"Scribouillards" mes frères... TITRE
- un titre ?
Parce qu'en plus il faut un titre !!!
Alors mettons :
QUESTION
Lecture : culture et/ou divertissement et/ou information
(oh ! la délectation des odieux racontars !)
- Question.
Lecture ; interrogation - compétence/capacité ? Hum... oui (petit oui).
Idées ? Bof !... (réflexion :) Oui !!! Deux lignes. Question.
Les deux lignes en question. Rature. Relecture :
- contentement, - ravissement... - Exaltation !?
Méditation (calcul inconscient). Discernement. Question. Les deux lignes... Chiffon ! Panier ! Oubli : deux jours. Deux heures. Deux minutes. Une seconde... Récupération. Idée-histoire ?
Lecture. Question. Pourquoi si pourquoi ça ?
Première version.
Dix lignes : un paragraphe ?! Sourire-plaisir : victoire ! Triomphe des muses, de LA muse visionnaire. Heureux (mon-Dieu-qu'il-est-heureux-l'écrivassier !) Naissance d'un littérateur - d'un HOMME DE LETTRES ! Rêve du plumitif. Glorification. Lauriers.
Spéculation
(agiotages et déjà boursicotage !).
Redescendre sur terre.
Étudier étudier étudier. Fureter. Scruter. Fouiller.
Se documenter. S'enquérir du Monde. Lire-lire-lire.
Comparaison
(et c'est pourtant bête comme chou et on le sait mais...).
Les dix lignes. Lecture. Question. Biffure. Question. Ce mot ? Un autre. (Hum !). Encore ? Synonyme.
Mauvaise idée-mauvaise histoire ! Corbeille … papier. Pas récupération.
Réécriture. Exécrable.
Retour premières lignes : Développer. Parfait. Lecture. Relecture. Grattage (quoi est-ce qu'on gagne au tirage ?). Question.
Premier chapitre. Ouf !
(Hum ?)
Lecture. Correction. Virgule ; point-virgule. Tiret ci-tiret là. Guillemets ? Et ce hum ? Mince : le temps ?! Ah non ! Pas le subjonctif - assez d'complications !
Impersonnel ? Passé ? Présent ?
Zut ! (Propret, mais dit merde ! et encore merde !)
...Tiroir.
Lecture et rature et questions. Virgule. Majuscule. Elle ou èle "Les verbes en ...ELER et ...ETER se conjuguent … l'indicatif présent ...ELE, ...ETE ou ELLE, ...ETTE. En ...èle, ète : ciseler, "déceler, geler, écarteler gnangnangan."
Lire. Chérir et se prosterner devant... Vénérer ! Question.
Rouvrir. Les deux lignes. Les dix lignes. Le paragraphe. Ce premier chapitre.
Écrire-écrire-écrire
- Stop !
Hum ?! Changer hum.
Non ! Revenir premier hum. Lecture. Encore ? Oubli.
Déjà dit donc autrement dire.
Rature et question et lecture et chiffon et récupération et..
Galimatias ? Amphigouri ? "Ça n'a ni queue ni tête ?"
...Du charabia ?
Lecture. Autrui : passion ! Revenir ; revenir sur. Question.
Fin !!!
Expédier.
Attente.
Réponses :
"Les difficultés actuelles de l'édition...
"Sans remettre en cause vos...
"Votre manuscrit n'a malheureusement pas fait l'unanimité dans notre comité de lecture (des jaloux !) et..."
Et cetera, et cetera.
"Vos talents d'écrivains ne sont pas reconnus et...?"
Exactement ! Parole d'évangile ! De saint. De Dieu !!!
Beau paquet-poste.
Magnifique paquet-poste !
Pas relecture : Fi ! Des connaisseurs... (enfin !)
Retour de courrier-brosse à reluire.
Petit lait...
(et buvons et buvons, c'est si bon !)
Euh...
"Pour la modique somme de $$$ nous pouvons assurer votre roman d'une couverture et patati et patata :
- Paye ; gogo !"
Déglutition (gloup !). Effort de modération : frein.
(Conseil ? On a sa fierté !)
Compte en banque/raisonnement-sagesse même combat !
Lecture. Ciseaux ! Question. Relecture. Question. Réécriture.
Mal dit. Mal écrit. Répétition.
Lecture-Question-Écriture-Rature-Question.
VÉRITÉ (???)
Déchirement
(Ô mon génie ignoré...).
QUESTION : se mettre en question ?
(Se RE mettre en question ?)
Combien vont-ils se reconnaître ?16/03/2008...UN lendemain...Bonheur
…Vite - Prendre ! Arracher un peu de ce bonheur !
N'est-ce ma part ? Une poignée ; un morceau ; - Vite !
Avant que le nuage ne me soit trop vapeur.
Oui ! Ma part, seule - Mon droit ! avant qu'il ne s'effrite !
Volupté, volutes nuées, que n'ai-je su
Jamais garder tes euphories passées ! Déçu
Replace-moi, je t'en prie, sur l'adret sublime ;
Ne laisse choir à nouveau mon cœur dans l'abîme.
…Les noirs desseins, lorsque le ciel m'était sombre,
M'envahissaient l'esprit - et me rendaient triste.
(Même qu’y pleurait, privée de soleil, leur ombre…)
Mais aujourd'hui - Est-ce Bacchus et son thyrse ?
Je m'égare et je m'enjôle… Ô Alcool ! Alcool !
Amour défendu, - boire t'ôte tout licol !
13/03/2008Une pensée pour eux...L'INSANE TOMBE
Qui frappe un œil fait couler les larmes,
Qui frappe un cœur fait apparaître le sentiment.
(Sagesse de SIRACH)
Certes, nous nous étions souvent croisés et même bagarrés entre nous, aux bords de la Nive, à Saint-Jean-Pied-de-Port, pour les beaux yeux d’une belle, du temps béni de nos premiers ébats, ou sous les verres d’Irouléguy en trop. Puis d’un simple regard on s’était retrouvés et plus quittés parce qu’on était "pays" et conscrits de la classe…
Frères emplis d’affection qui n’aurait su ni surtout qui ne pouvait se dire, plus proches que les doigts d'une main et là lourds pantins risibles aux ignorants, s’il y en eut, nous avancions engoncés dans nos carcasses lasses de ce conflit absurde, absurde au moindre lucide raisonnement cependant qu'interminable à nombre corps martyrs. Nos crânes vides, vidés de sentiment et de réflexion, résonnaient sans répit du canon partenaire de chaque instant, de leurs gueules brûlantes d'acier qui mâchaient le monde, là-bas, vers un lointain si présent.
Patxis allait devant, éclaireur à dix pas, dos courbé sous le faix obligatoire, - obligatoire pour nous rappeler la civilisation de ses quelques photographies intimes, d'un objet égoïste ; - obligatoire car seule extériorisation de nature à confirmer que nous figurions infailliblement hommes sur les Tables civiles, et aussi bâtés volontaires comme preuve (donc) que l'intelligence nous habitait. Du moins nous fréquentait. (Un sac nécessaire, en notre secret profond, parce qu'unique lien inavouable à cœur ouvert avec le passé et l’avenir, et seul bien encore digne de conférer notre état d'humain destiné à posséder. Plus tard à calculer, avec la permission de Dieu.)
Son fusil se tenait prêt à cracher sa peur défensive et il avait ce regard des bêtes qui craignent le danger mais le bravent, quand même l'heure fatale aurait sonné.
Moi, moi qui relate ce pire souvenir, cette parcelle de flétrissure infâme faite à la vertu universelle, je le suivais aux côtés d’Eneco, chacun attentif et inquiet, soucieux malgré l'harmonie et la puissance des amitiés sans nom. Bande à part, isolée du reste des forces organisées et le compensant d'une union à toute épreuve, notre principale crainte viscérale était que l'autre ne tombe le premier, que deux d'entre nous en laissent le troisième orphelin, solitaire, pour affronter la guerre, la vie ;
Les temps incertains à naître ;
Un retour où d’instinct on se considérerait lâche.
Je me répète : nous étions plus proches que les cinq doigts d’une main et davantage mus d'amour réciproque qu'un ménage de jeunes mariés !
L'appréhension du lendemain assombri déjà par le soir rougeâtre du sang, abondamment reflété dans ces folles journées meurtrières, n'était rien, mise au niveau d'une semblable évidence. Nous savions, sous nos rodomontades de circonstance, la malchance boulimique et le ciel indifférent aux ligatures même serrées des êtres. Que rarement il exauce leur bonheur.
Quelle dérision nous poussait à accomplir un Devoir, puisque personne ne croyait à sa finalité efficace ? Un devoir qui commandait de tuer afin de ne l'être soi-même. Uniquement.
Une stratégie imbécile, ignoble, pourtant un acte d'inhumanité ne souffrant discussion, - hors de doute ! Nous n'aurions dû voir en l'esquisse mirée qu'un malfaisant quand c'était la Façon de Dieu voulue et à prendre selon son usage égalitaire : un enfant ayant crié maman tout comme nous, ou n'importe quel père affolé dans sa recherche du pain quotidien, un mortel aussi palpable que tous, en face, et qui déféquait pareillement d'effroi, de terreur, en pleurant des sanglots de sang sur les inepties ambiantes et sur quiconque, automatiquement considéré supérieur puisque distinct de son propre corps.
Nous progressions ainsi, perdus au sein du sort bestial. Nos yeux, depuis longtemps, n'avaient plus une larme à déverser au-dessus du hachis rencontré au hasard des rondes, dépréciés bouts de carne informes devinés à un casque, à un amas de ferraille autant broyé mais reconnaissable, lui, étant de fer.
Au détour d'un chemin descendu en silence, Patxis, qui nous précédait toujours, avait sursauté avant de s'immobiliser, muscles assignés à notre survie inactifs. Intrigués, Eneco et moi nous avions à la fraction de seconde relevés nos têtes du sol et nous fûmes également surpris des deux soldats occupés à bivouaquer, sereins (en apparence, évidemment : parmi ces jours iconoclastes les corps reposaient leur masse quand l'œil restait d'éclairs et l'ouïe auxiliaire indispensable à l'existence pour peu qu'on y tînt encore.).
Ils étaient du camp adverse et eux autant que nous fatigués d'évoluer au gré d'un destin confus.
Patxis se reprit et fit feu. Plusieurs coups, spontanément et n'importe où. Stupéfaction passée les formes appariées s'étaient redressées ; aucune n'apparaissait atteinte et ce n'était le but. Alors nous ne visions guère beaucoup l'éventuelle cible, - pour quoi faire ? Celui qui tirait d'abord en chassait l'autre. D'habitude cela contentait amplement les antagonismes en jeu. A la majorité des combattants involontaires tel agissement constituait nouvelles lois de guerre. Il ressortait, point de vue non dit, qu'un comparable procédé suffisait pour abréger les escarmouches, - et heureusement, quelque part dans nos subconscients d'où les langues donnaient leurs conciliateurs changes par des unissons de "- Trouillards ! - Pleutres ! - Sales froussards !"
De toute manière, en dépit de nos manigances scandaleuses néanmoins qu'indulgentes, ne nous vantait-on pas d'une propagande cynique que nous reprenions l'offensive et que l'envahisseur se rendait partout où on le trouvait et le débusquait ?
Patxis avait donc tiré. Que vomissait sa pugnacité : qu'il les dominai |
|