Publications : L'ANNONCE, est une histoire d'amitié entre un "homme qui marche" et son alter ego qui ne marche plus. Dans le monde du handicap. Homo discret pour ceux qui savent lire entre les lignes. EDITIONS BALISE. ISBN 9 7829 1411105 3. Dans la sélection des 5 premiers pour le Prix Handi-livres 2009.
LES DEUX G, est un roman on ne peut plus homo-Fleur bleue. Epuisé.
LE PHARE, lui, est un roman gay-osé et même explicite, des lignes pour public averti, avec un bel inspecteur stagiaire craquant pur hétéro (hum ?!) et encore un personnage dans "l'idée" de votre serviteur. La Côte Basque et landaise (du phare de Biarritz aux Casernes de Seignosse.) Ah oui : on est dans le "policier"! ISBN 978 2 35388 005 8. Editions JetLag.
RUE NOTRE-PERE DU SUCE-PENIS. Recueil de Nouvelles érotiques gays gaies. Sera publié mais quand ?
LE MAÇON DU CIM'TIERE Noir de chez noir tendance gay. ici 'L'est sorti fin janvier ; - Alléluia !
D'ANNE QUI PARTOUT JETTE SA NEIGE. Recueil de Nouvelles du Grand Sud-Ouest. (Pas homo !!!) Éditions APARIS Collection Coup de coeur ISBN : 978-2-35335- Plusieurs milliers de "clics" à ici Au Québec
LE FRERE DE L'AUTRE Le quotidien ardu d'un homo de province, paysan de surcroît, pour vivre au grand jour et le plus heureux possible. En librairie (enfin) 18 €.L'Harmattan Collection Ecritures.
et ici Canada : http://www.info-culture.ca En ligne partout sur librairies & éditeurs. En librairie, dont la FNAC, sur commande (2/3 jours) of course, ils sont prix net donc moins chers.
Sur PriceMinister Mes "à vendre" sont neufs, même marqués "comme neuf" : Voir ma boutique

en anglais.

J'écoute : ...Mes souvenirs.
Je regarde : L'amertume de la (ma) vie !
Je lis : Et aime à relire une phrase de temps à autre du "Prophète". Gilbran.
Je joue : ...Trop de ma solitude, je crois.
Je mange : Plutôt mal, ces jours-ci; mais j'améliore mon ordinaire !
Je bois : Encore et encore mon amertume ! Ou alors je la mange ? Donc je m'en nourris !
Je cite : "Les temps anciens", et je pleure...
Je pense : ...Que je réfléchis trop !
Je rêve : Alain, si tu lis ce billet, je voudrais faire le Chemin de St Jacques avec toi, même sans se parler, de la frontière à où tu voudras, jusqu'au bout si tu as le temps. Pourquoi pas ?
(mis à jour dimanche 21 février 2010 à 23:31)

13/04/2009

13/04/09 - 09:09

Pâques. Le mirliton amoureux.

Le mirliton amoureux


Je me croyais impur à ne savoir aimer,
Je me jugeais granit impossible à briser ;
Sur mon cœur aucune âme ne pouvait essaimer
Ni fleur ni vrai amour - Il suffit ! des risées !

Mais, quand les genêts offrent son entrée au printemps
Là où les landes fanées de pâques sont couchées,
Je t'ai vu seul, plaisant… Et déjà je t'attends.
Près de moi un moineau me trisse sa nichée.

- A ma vie permission d'une larme à l'espoir ?
(Mes si proches chagrins seraient donc effacés
Par l'Éros qui tue, sans carquois flèches noires… ?)

...Et donc ainsi je traîne, raison outrepassée ;
- Folie douce folie, garde-moi d'escapade,
Offre-moi du bonheur au moins une, d'arcades...

(Chapelle de L ABENNE-Océan)

commentaires

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Le frère de l'autre L'Harmattan. Collection Ecritures. Vient de sortir à 18 € et n'oubliez pas : aucun frais de port en librairie, de la Fnac à votre libraire du quartier : faites-les travailler.

Mon roman "peu gai-Gay (quoique ?)" pas fleur bleue" pas osé",
aux Editions Balise: L'ANNONCE. ISBN 9782914111053.
Résumé et entame ici :
http://ledoeuffloic.spaces.live.com/blog/cns!1961CE8C5E286C231.

(Higor, le "frère" de Jika, tout mouillé)
Critique du magazine HANDIRECT Juillet/Août 2007:"Un roman coup de poing[...]Une histoire d'amitié sans concession. Des lignes de sang, des lignes d'affection...[...]Un texte qui secoue le lecteur et le laisse pantelant comme au sortir d'un "shaker" agité de main de maître par un géant aux pieds figés. Ps: le géant, c'est pas moi, mais mon jeune héros malgré lui...)

Mon roman "Gay-policier/osé, mais pas vulgaire" selon l'insuccube Loïc,
votre serviteur, LE PHARE, aux Editions JetLag/why Not sorti juin 2007 ISBN 978 2 35388 005 8
Résumé et entame ici :
http://ledoeuffloic.spaces.live.com/
20€ chacun de mes livres, on échange nos coordonnées à "contact".

Recto Verso Les Deux G " Notre avis (c'est celui d'un critique) : Après avoir publié son premier roman, LLD a tout abandonné pour se consacrer à l’écriture et c’est tant mieux. Son style particulier nous plonge au creux des délices des sons et des mots pour montrer qu’écrire c’est aussi chanter. En utilisant la poésie comme une mise en abîme de l’histoire de ses personnages, il louange l’amour et nous donne envie d’aimer à notre tour. Malgré les difficultés, les dangers et surtout les regards intolérants de ceux qui nous entourent!

RUE NOTRE PERE DU SUCE-PENIS
Recueil de Nouvelles érotiques (dit l'Editeur). 20 Nouvelles 3/8 pages et 20 Nouvelles 8/20 lignes. Sortie j'ignore quand. Je placerai une Nouvelle de temps à autre ici. En attendant mes autres bouquins sont (entre autres) sur Ebay, Priceminister et divers site Internet y compris, évidemment, des Editeurs...

LE MAÇON DU CIM'TIERE
Une centaine de page genre roman Gay noir de chez noir.
http://www.edilivre.com/doc/9115

D'ANNE, QUI PARTOUT JETTE SA NEIGE
Recueil de Nouvelles du Grand Sud-Ouest. (Du "pas homo"...) Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de coeur ISBN : 978-2-35335- Fin août 2008.
http://www.editeurindependant.com/doc/8718 (extrait et interview; se vend assez bien) http://www.info-culture.biz/annequipartoutjettesaneige.html
Ci-dessous ils sont neufs, mais je ne parviens pas à modifier l'inscription !



LE BIEN ASSIS
Prologue


Quand par beau matin le Bien assis, dos à peine arrondi de sa soixantaine d'années, toise la mer bleue tout ciel bleu avec cirrus – une Bretagne sans nuage n'existe pas, sauf l'imaginaire –, il lui remonte facilement un souvenir et pas toujours d'enfance ;
…Même si on revient à ce temps en principe béni, chez chacun, dès lors qu'un soupçon de nostalgie œuvre et qu'on veut juger de ses propres "progrès" ! (Les guillemets pincettes s'imposent.)

Pourquoi "le Bien assis" ? Vers ses douze ans, son directeur de la seule école qu'il n'ait jamais fréquentée, un des rares personnages de l'éducation nationale à mériter son respect, l'avait ainsi baptisé parce qu'il le trouvait en permanence assis dans un coin en train de lire, sous le préau ou dans la cour, un des livres de leur bibliothèque scolaire. A la maison c'était Nous deux ou Ouest-France. Et il en avalait, des lignes.
…Du reste, il avait beaucoup aimé lire à voix haute au-dessus des élèves, n'en déplaise à l'instit' qu'il abhorre et pour cause légitime, un demi siècle après ! Un ersatz de pédagogue affidé forcément d'Hitler, dans l'esprit condamnatoire, de l'imitation boche tout craché dont les empreintes perduraient, début années cinquante : la guerre était vieille d'une dizaine d'années et on y survivait (ça s'améliorait vite) dans ses stigmates et dans ses relents disciplinaires.
Parmi ses vantardises d'avant d'être trentenaire, si le Bien assis se complaisait à répéter que, écolier, on le remarquait partout avec un bouquin sur les genoux, c'était quand même exagéré ! Déjà il déchiffrait autrui avec ses yeux inquisiteurs. D'inquisiteur. Et pas seulement pour les comprendre, aussi pour leur joliesse mâle ou femelle.

Durant cette enfance et même après – d'éternité –, pas une fois ni lui ni ses frères, ils n'avaient entendu leur mère dire qu'elle était satisfaite ou même contente d'avoir eu sa ribambelle de garçons. Si encore on y avait compté une fille ! Bernicle ; – bernicle pour elle ! On aurait pu lui appliquer la formule mathématique tant de gosses égal crises de nerf égal le géniteur responsable et unique responsable. – Fautif ! Et la coupe ne sera jamais pleine y compris par-delà son trépas, au pauvre bonhomme.
Pourtant lui si, il était comblé, – et fier de sa nichée de mâles. Indubitable et sans le crier sur les toits : un être trop encore précivilisé pour exprimer quelconque sentiment autrement que par sa tendresse maladroite, puisque c'est ça, les terriens, des ploucs dans leur esprit maître de soi car sachez, mesdames et messieurs les nantis guindés intellectuels, que ces courageux bonhommes-là ont partout conscience de leur petitesse ! Ils s'expriment peu et ne ruent jamais dans les brancards. Seulement les Jacqueries… La révolution et alors les têtes sur leurs piques.
Il n'empêche ! Ses fils les percevaient, ses élans d'amour paternels, les avaient toujours ressentis, y compris des décennies après sa mort ! – Parce qu'ils étaient à son reflet et qu'ils appréhendaient à l'identique ses tourments ? Possible, et probablement était-ce pour cette raison qu'avec leurs questions non posées, chaque réponse étant tapie en eux, ils avaient sans cesse penché de son côté, sur la balance des récriminations que lui faisait leur mère interminablement à l'amoindrir. À le blâmer quoi qu'il fasse ou veuille faire : à priori il avait tort et pas la peine qu'il l'ouvre, il aurait tort il avait tort il a toujours eu tort, tort ne serait-ce que de les avoir conçus ;
– Il devait être seul à la besogne…
Une mauvaiseté exponentielle vis-à-vis lui qui ne l'avait jamais violée, non, – forcée donc limite ? Certes, parfois il fut brutal, ou plutôt rustique dans ses mouvements peu ou prou amoureux, mais bon, dans le temps, on n'intellectualisait pas systématiquement son impulsion : chez lui une fois la semaine le bas ventre réclamait son "repos du guerrier", au moins le samedi soir ; elle, elle n'était pas prête. Ou n'avait pas envie. Ou aurait rêvé de… Qu'on lui fasse la cour ? Ce serait abuser ; cependant la lecture de ses romans à l'eau de rose, les feuilletons des deux titres déjà cités plus Intimité, Confidence, rayon Sagan-Beauvoir-consorts quand même cuisine/couture, d'un côté, buraliste-bistrot en adversaire. Du libéré esprit suffragette ; aussi ses répétitives tâches ménagères et qui aurait accepté un repos de guerrière à elle et à sa façon. En fait le couple de simples fin deuxième millénaire, avec à la louche tout français moyen sachant lire dès l'armistice de Rethondes et qui écouta la TSF dès celle du 22 juin 40, ensuite les débats de sociétés presque sans tabou avec féminisme à la pointe. Cela parallèlement à la création de l'État d'Israël, des munificences de l'URSS jetées en pâture au peuple crédule des usines, à précéder ou simultanément à la télévision dont on commençait à subir le joug. Un joug pour cervelles malléables : quel boni ! Ah ! Le cinéma, pour La jument verte ou larmoyer devant Tino et sa Marinella. Les "Actualités" ? Trop universel. Pas ni pour l'un à destination de son groupe culturel, ethnique au sens premier, ni pour l'autre, afin d'éviter la grogne de tous ces ruraux déstructurés qui s'aggloméraient en banlieues : ON y veillait, de là-haut. Les guerres en escarmouches "nos colonies/l'Empire français" ? À dire vrai, elles intéressaient peu la métropole qu'on maintenait non dans l'ignorance, mais dans une sorte de je m'en fichisme qui arrangeait, quelque part et c'était réciproque. Dien Bien Phu existait. Oui. Ailleurs, dans les têtes, sur la mappemonde. L'Algérie allait suivre le Maroc et pointait ses évènements. On disait "ILS ont arrêté Eichmann" et ça, ça avait marqué, où Nuremberg n'avait été qu'un (gros) pet dans les toilettes du voisin ; – "Ne salissez pas chez moi, c'est propret." En revanche, face au grisâtre de la guerre et à la francisque encore sur les piécettes, les timbres-postes que tout garçonnet collectionnait étaient gaiement colorés, et promettaient Banania et l'Afrique équatoriale et…
– Les rêves. Les fantasmes primaires hors sexe des mioches dont le Bien assis faisait partie avec sa fratrie, et quel lecteur de Pif le chien, de Vaillant ou de l'homologue Cœur Vaillant ne raffolait-il pas de philatélie, alors ? – À celui qui aurait le plus épais album ! Les échanges allaient bon train et un beau timbre pouvait justifier, au troc, l'ajout d'un "Je te donne ça en plus" : une image pas pieuse, un magazine déjà cochon ou sa photo centrale pinacle de garçon en transformation et on interprètera l'évocation.

Ils avaient quand même souvent entendu leur mère notifier : "Votre père aime ses enfants !" Cette élémentaire phrase lui octroi pardon sur nombre méchancetés qu'elle a pu dire sur lui. Comme elle sortait ces mots déjà durant sa vie, ils font poids de sincérité, ils signifient que tout en lançant son venin, à l'instant, quelque part, la moralité veillait à tempérer sa haine. Sa hargne ;
…Son déplaisir de n'être que ce quelle était, puisque le pauvret en cause était resté pauvret, à son grand dam d'épouse. – Épouse ? Ce mot, elle l'ignorait. Il ne s'appliquait pas à elle. "Mon époux", "son épouse", "mon mari", décidément non ! Pas son langage. Trop policé. Elle était sa femme dans la splendeur (sourire en coin) de la femme assignée à un poste fixe sous connotation le pis avilie. Stricto sensu avec dépréciation autant biblique que de toutes les religiosités monothéistes : femme uniquement femelle pensée esclave au service de "son" homme. Du mâle : c'est-ce qu'elle aimait afficher, même si secrètement elle se savait supérieure parce que ça glorifie, de s'exhausser en se rapetissant, et décryptera qui en aura l'outil mental ! Du ressenti chez beaucoup des françaises d'après guerre, car après deux guerres hommes au front, en vérité, où elles avaient mené le monde dit libre à la baguette de leurs méninges rationnelles, elles entendaient bien continuer,
…On jouerait avec davantage de subtilité : c'est ça, l'Ève, l'Adam ayant un pourcentage plus ou moins important de son intelligence figé dans ses muscles et dans sa culotte. Obligation (sic) du Créateur.

Liés à ses frères comme il aurait pu l'être à de stricts contemporains, le Bien assis figurait fruit de terroirs peu dissemblables, pour finir : – qu'y chevauche sa destinée !
Tachons de rester dans un fil chronologique ; on excusera d'avance les retours impromptus où leurs avancées, icelles expliquant un précédent. Ce sont les ans, qui amènent la compréhension du fait terminé. Pas l'analyse du moment. Les souvenirs de chacun concernant ce qui est l'irrémédiable échu tournent autour de sa jeunesse, d'un travail borné de ses frontières sociales et de sentiments esquissés ou accomplis. Tout est relié. Nulle fraction, nulle portion ne peut avoir équivalence uniforme puisqu'un destin fait fi de logique ; c'est de l'imbriqué ou côte à côte.

AVIS : dans mon texte final des mots sont en italique. Mon doigt, dans ce premier jet, omet de bien CON-JUGER (conjuguer), souvent : on attend avant de crier ! Des redites seront revus, et des mots, évidemment, changés... Précisions pour les MÂLES (?!) embouchés.


Pendant que "Le Bien assis" repose, je reprends l'écriture d'un roman noir de chez noir entamé il y a plus d'une dizaine d'années. Ici vous en avez le début.
L'ALLELUIA DU DIABLE
L'histoire se passe aux alentours de Quimperlé. Je place dans mon blog quelques "bonnes feuilles" au fur et à mesure de mes (pas ultimes) corrections.
Premier épisode
Oh non, à l'évidence Dominique Dé n'aurait pu reconnaître, là, un quelconque Pierre Lejeune ! Dans l'anonymat le plus complet, c'était LE véritable crieur professionnel, qui tenait tréteaux au centre du marché parcouru de long en large.
D'accord, il accusait une dizaine d'années de poids visibles sur ses épaules et surtout dans son dos, qu'il redressait conforme image projetée plein écran, tantôt ;
(À suivre.)
De fait, maintenant, outre des moustaches, il arborait une terne chevelure mi-longue sale, broussailleuse, mais lui, il la comptait chaque matin lisse, brune, brillante quasi laquée nature. Du reste, s'il y avait broussaille, en lui et pour lui c'était façon juvénile.
Un ado attardé ?
Un soixante-huitard à la traîne ? (À la dérive ?)
Méchantes langues/langues de putes !
…Et puis sous ce vent, avec ces giboulées de mars…
– Dominique, murmurèrent ses lèvres sans souffle, sans la force de sourdre de son gosier. De sa poitrine lourde et oppressée.
…De ses entrailles brutalement nouées à faire monter, au lieu du cri d'espérance souhaité, un goût de bile amère ;
Corrosive ?
Pas ici : ces jours avaient passé. LE jour n'était venu.

– Laisse ta voiture dans l'allée ! Avait lancé Dominique Dé de la fenêtre de sa cuisine, une petite heure auparavant.
L'interpellé, son mari Bernard, revenait du bureau avec leurs enfants, Gilles et Sandra. Il les avait repris au passage, comme d'habitude, à la sortie de l'école.
On ira faire un tour à la Foire des Vieilles après goûter, précisa l'attentionnée jeune mère. Ca leur plaira.
Sitôt une allégresse de fuser au milieu des embrassades et du mélange discours-moulin à paroles de l'aîné dans son nième épisode quotidien-scolaire : Jean-m'a-volé-mes billes, etc.
Routine.
Sandra, elle, immuable quant à ses ambitions, rêvait de son bol de chocolat agrémenté de… (Ne s'aviser d'un oubli !)

Égarée ou enfuie, l'égrillarde gouaille prioritaire de Pierre Lejeune. Sourire ? Esquisser un sourire ?
Oui, il se le dessina intérieurement, et en face on considéra un rictus mercantile : l'endroit et la fonction, n'est-ce pas ? De plus, on avait affaire, là, à une cellule soudée papa-gâteau, maman-très maîtresse du budget domestique, bambins-friands de tout…
Un devoir marchand. Le rituel du lieu construit deux classes antinomiques : l'une, cliente, donc d'essence supé-rieure (obligé), l'autre de ses vendeurs, de ses bonimenteurs (n'omettre d'appuyer sur "menteurs" !), de serveur-laquais,
– D'inférieurs !
"Dominique…"
Pas une amabilité de geste ni d'expression, à l'égard de ce forain désormais accaparé par une question, un colifichet brandi à l'autre bout du monde sous la rébarbative question : "Combien ?" suivie du tac au tac de "C'est marqué !"
"Ploucs ! Savent pas lire ?" Un état d'esprit, présentement : aucune envie d'entrer en marchandage !...
"Dominique…" Exit Bernard Dé et sa chère suite. Suite ? Oh que non ! En fait, c'est lui qui fermait la marche menée par la petite Sandra en charge de SES achats… (On connaît !) La coquine.
…Mais Dominique Dé tenait solidement les cordons de la bourse (dans les minuscules cervelles tentées, certes ; aussi derrière, tout derrière, chez quelqu'un de statique, de mélancolique, lequel observait s'échapper un reflet du bonheur, son passé trente secondes entrevu, – ses vingt ans surestimés.)

…Sandra revint cependant bras chargés de cadeaux, du baigneur qui dit pipi et bonjour, du landau adéquat, de…
– Pouvait-on moins ?
Gilles se contenta d'un magazine.
Selon un usage daté de six mois, la cadette était comblée de son moindre vœu, ou peu s'en faut.
De la jalousie chez son devancier ? Non.
Même s'il ignorait la féroce vérité.
Une règle appliquée sans discussion ; – quatre ans de différence d'âge, ça forge un homme ! On l'en avait accrédité une fois et c'était suffisant : à la puînée peluches et autres breloques chatoyantes, au Grand, avec majuscule tonique, un survêtement à son anniversaire et un livre sérieux.
De l'iniquité ? Pas une once ; seulement un drame en filigrane, méconnu de la société et de la plupart de leurs contemporains. Pourquoi en faire de la publicité : guérirait-elle plus vite ? – Car elle guérira !
…Une fillette si pleine d'entrain emportée avant son dixième anniversaire ? – Impossible ; – impensable, Docteur. – Dites ? – N'est-ce pas, Docteur ? "Nous verrons, Madame." Y compris la faculté ne saurait être exempte d'erreurs de diagnostic.

Bernard Dé "semblait décider", au Département prêt du premier établissement bancaire régional. Il y gagnait correctement sa vie : les avantages acquis des temps florissants et intouchables – vous avez dit treize mois de…? Quatorze ? Vous n'y êtes guère ! Et la prime de ?... En compensation.
L'après-midi, leur comptoir, modèle administratif, fermait à seize heure un quart et lui, il s'en éjectait pile quinze minutes après : réglé comme du papier à musique. Aussi pouvait-il récupérer ses héritiers en porcelaine à leur porte respective, divine providence néanmoins mal placée, ici, puisqu'elle aurait pu se faufiler à l'intérieur d'un petit cœur vicié "d'une difformité congénitale due à, etc." Un cheminement sans importance car demeurait un fait : une souffrance bientôt insupportable, donc on devra opérer.
De sa naissance à ses premiers pas on n'avait rien vu venir. Rien observé. Dorénavant ses dix ans seront le moment idéal ;
– Pourquoi attendre ?
– Mais… "Pourra-t-on attendre, madame !" Ni le père ni la mère n'avaient insisté et la polissonne semblait parfai-tement remise d'un "accident de parcours", l'irrationnelle pensée de tout parent borné confronté à la réalité. Qui ne les comprendrait ?
On n'en parlait plus. "Ne tentons pas le Diable !" Alléluia ; UN !

Tôt orphelin, élevé, si on ose le terme, par trente-six foyers d'accueil, cet homme ici père de famille connaissait le prix de l'amour, du sang ou acquis. Dès qu'il rencontra Dominique il fut d'abord prévenant, comme il l'était avec chacun, puis attachant, parce qu'il visait secrètement à une sorte d'équilibre viscéral, puis, assurément, fidèle – il avait tellement pleuré jusqu'à en être dégoûté, jusqu'à songer se sup-primer, qu'il n'aurait risqué perdre ce bonheur conquis de haute lutte afin de satisfaire…
Une couronne de laurier auprès d'un acoquinement de bistrot ou le gain d'une peccadille luxurieuse ?
Certes non ! Merci.
Il faut ne jamais avoir vécu seul, pour fantasmer sur la solitude comme bénédiction exhaustive ! Vivre seul dans son âme, s'entend. Ceux qui ont frères et sœurs, ou papa ou maman à défaut des deux en collégial confort, quand, même, ceux-là habitent LEUR appartement privé en célibataire endurci… Des hypocrites ! Des égoïstes ! Des fourbes, au regard du certifié abandonné.
Bernard Dé POSSÉDAIT une famille et sa famille LE possédait. Il n'aurait su étouffer autrui, il n'empêche qu'elle seule primait et zut !, aux obstacles du destin ! Un à un ils seraient éliminés. Écartés. Abattus ; balayés !
Foi d'Dédé ! (Diminutif offert à l'armée.)
Tuerait-il afin de rendre ou déjà de permettre vie à l'un des siens ? Question superflue. L'issue de leur drame n'était pas là ; il ne pouvait davantage offrir son propre souffle pour remplacer celui de son autre lui-même. Le demandait-on à quelqu'un ? Idée absurde. Une fatalité se combat-elle ? Oui ! Sa conviction profonde et il le prouverait !
À qui ? Il était modeste : à lui.
(Point le sujet de l'heure.)[...]